Un conservateur à la tête du CA de Radio-Canada

La Société Radio-Canada a été touchée par d’importantes compressions lors du budget fédéral présenté en mars par le ministre Jim Flaherty.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La Société Radio-Canada a été touchée par d’importantes compressions lors du budget fédéral présenté en mars par le ministre Jim Flaherty.

Rémi Racine, un conservateur qui revendique des liens d’amitié avec le ministre John Baird, a été nommé hier président du conseil d’administration de la Société Radio-Canada/CBC.

La nomination de M. Racine a été rendue publique par le ministre du Patrimoine canadien, James Moore. Il remplacera Timothy W. Casgrain et son mandat durera cinq ans. M. Racine n’est pas étranger au CA de Radio-Canada, puisqu’il y siège à titre de membre depuis octobre 2007. Son mandat avait été reconduit pour quatre ans en décembre dernier.


« Sa participation au Conseil durant les dernières années, combinée à sa vaste expérience en affaires et en administration, profitera grandement à CBC/Radio-Canada », a indiqué M. Moore dans un communiqué autrement succinct.


Président de la firme de jeux vidéo Behaviour Interactive (anciennement A2M), Rémi Racine a été secrétaire national du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney entre 1989 et 1991. Mais plus récemment, il soulignait à La Presse en 2008 avoir participé à quatre campagnes électorales et être proche du ministre John Baird, très influent au sein du Conseil des ministres, de même que de l’ex-ministre de l’Environnement Jim Prentice.


M. Racine indiquait dans cette entrevue être toujours membre du Parti conservateur. « Pour moi, la politique, ça me divertit. C’est le fun, c’est du social. C’est comme jouer au golf. » Il soutenait que « quand tu t’impliques dans un parti politique, c’est parce que tu as à coeur les problèmes de la société. Après, c’est naturel de se retrouver dans des associations d’entreprises, dans toutes sortes de choses ». Outre Radio-Canada, M. Racine a notamment été président du CA de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (2008-2009) et d’Alliance NumeriQC, le réseau d’affaires du multimédia québécois.


Dans une série de textes mis en ligne cet hiver (après son renvoi d’un panel politique de Radio-Canada), le blogueur Jean-François Lisée soutenait que Rémi Racine en menait large au sein du conseil d’administration de la société d’État et qu’il exerçait une forte influence auprès du président de Radio-Canada/CBC, Hubert Lacroix.


M. Racine se décrivait dans ces blogues comme un « amateur qui dit ce qu’il pense [au conseil], un peu comme quelqu’un dans la rue ». Il affirmait aussi que l’information à Radio-Canada se devait de « refléter l’opinion de tous les Canadiens ». M. Racine ne pouvait accorder d’entrevue hier, mais il le fera aujourd’hui.


« Être ami du ministre a certainement aidé » M. Racine à obtenir sa promotion, a pour sa part commenté hier Pierre Nantel, critique du Nouveau Parti démocratique pour le patrimoine. « C’est clair qu’il connaît le domaine, mais c’est clair aussi que c’est un ami du pouvoir », a-t-il dit.

7 commentaires
  • Michel Benoit - Inscrit 27 juin 2012 09 h 56

    et ses liens avec le dossier Bixi....

    Depuis 2007, Rémi Racine siège au Conseil d'administration de la Société Radio-Canada.

    Radio-Canada n'a pas payé ses taxes foncières depuis 2004
    ( dette de plus de 34 millions avec les intérêts ).

    M. Racine est un administrateur de la Fondation du maire.

    Depuis le 30 avril 2010, M. Racine préside le Conseil d'administration de Stationnement Montréal. En juin 2011, M. Racine confirmait que Stationnement Montréal avait comptabilisé une perte de 2,5 millions relativement aux bornes bimodales achetées pour les vélos Bixi.

    Dans son rapport annuel ( mai 2011 ), le Vérificateur Général de la Ville de Montréal a dénoncé le traitement comptable de l'acquisition de bornes bimodales ( valeur de 6,6 millions ). Une correction de
    6,6 millions ( 25 % des actifs ) devrait être faite dans le rapport financier (31-12-11) de la Société de vélo en libre-service. On a tenté de sous-évaluer les pertes et les actifs reliés à Bixi.

    Le raport financier de la Société de vélo en libre-service se fait attendre depuis 2 mois....

    Michel Benoit mbenoit56@hotmail.com

  • Stéphane Laporte - Abonné 27 juin 2012 11 h 23

    Vraiment?

    « Pour moi, la politique, ça me divertit. C’est le fun, c’est du social. C’est comme jouer au golf. »

    « amateur qui dit ce qu’il pense [au conseil], un peu comme quelqu’un dans la rue »

    On est vraiment mal parti avec ce monsieur.

  • France Marcotte - Inscrite 27 juin 2012 11 h 44

    Et cette nomination implique quoi pour l'auditoire?

    La programmation en sera-t-elle affectée, la liberté d'expression encore plus entravée?

    De toute façon, comme moi comme pour plusieurs, Radio-Canada est mort, on ne peut plus s'y fier, c'est une auberge espagnole où on danse en se pilant sur les pieds.
    Il y a un ver dans la pomme, on n'a plus tellement envie de mordre dedans.

    Quand vous serez plus libres, faites signe, on verra toujours.

    • Maryse Veilleux - Abonnée 27 juin 2012 13 h 32

      ... ça va devenir un organe de propagande... comme on le voit dans certains pays...

  • Pierre Bellefeuille - Inscrit 27 juin 2012 12 h 12

    Le scalpe d’une radio publique!

    Je serai très bref! Cette nomination est extrêmement décevante!

  • Jacques Moreau - Inscrit 27 juin 2012 12 h 45

    Un ennemie comme subalterne ?

    Qu'un politicien choisisse un de ses partisans pour occuper un poste pour lequel il a le mandat de nomination, rien de plus naturel, à mon avis. Le président du CA de Radio-Canada a beau être influent, il ne contrôle pas tout, et doit lui-aussi avoir le support de ses subalternes (les autre membres du CA) pour l'execution de ses idées. Dans le temps des libéraux, je crois qu'on choisissait une personne qui plaisait au gens qui avaient le mandat de nommer le président cu CA de R-C. Depuis la St-Jean Baptiste de 1968 (P.E.T. dans l'estrade des diginitaires) je n'ai jamais détecté un manque de respect aux "Souverainistes", et on ne ménage pas les critiques envers les fédéraux.