L’Île-du-Prince-Édouard partage les craintes de l’opposition au sujet de l’assurance-emploi

Les partis d’opposition, qui rejettent en bloc la réforme de l’assurance-emploi du gouvernement conservateur, ont des inquiétudes valables que partage l’Île-du-Prince-Édouard (Î-P-E).

« Il y a toute cette question de dire “ on va passer le projet de loi et on vous dira les règlements plus tard ”. C’est préoccupant », a déploré le ministre provincial chargé du dossier, Allen Roach. Comme l’opposition et ses homologues provinciaux, M. Roach craint que les changements annoncés nuisent aux industries saisonnières qui dominent l’économie de l’Î-P-E. Qui plus est, si les chômeurs sont désormais obligés d’accepter un poste à une heure de voiture de chez eux pour éviter de perdre leurs prestations, cela pourrait les inciter à quitter des régions isolées de la province où les emplois à l’année sont plus rares. Sans oublier l’impact pour les employeurs qui perdraient alors une main-d’oeuvre qualifiée, a expliqué le ministre au Devoir hier, à quelques heures d’une rencontre avec la ministre fédérale Diane Finley, à qui il se préparait à faire valoir ces préoccupations.


M. Roach n’est pas la seule voix provinciale à s’être élevée contre la réforme annoncée il y a une semaine. Plusieurs anticipent en outre de voir les chômeurs qui perdent leurs prestations se tourner vers l’assistance sociale - payée par les provinces. Trop tôt cependant pour soulever ce litige auprès du fédéral. Les provinces attendent de voir les effets une fois la réforme en vigueur. Le Québec, l’Ontario et l’Î-P-E ont toutefois dit surveiller cet aspect du dossier.

 

L’opposition poursuit ses efforts


Entre-temps, l’opposition poursuit ses efforts pour convaincre le gouvernement de Stephen Harper de reculer. Les néodémocrates ont profité de leur journée d’opposition aux Communes pour réclamer l’abandon de la réforme. « L’assurance-emploi est payée entièrement par les employés et les employeurs […], les Canadiens doivent avoir leur mot à dire », a plaidé la députée Chris Charlton. Majoritaires, les conservateurs prévoient rejeter la motion au moment du vote prévu lundi.

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