Assurance-emploi : les travailleurs et les employeurs saisonniers seront perdants, prévient l’opposition

Les députés de l’opposition qui représentent des régions du Québec s’inquiètent de voir la réforme de l’assurance-emploi nuire à l’économie saisonnière qui y prévaut. Car si les chômeurs sont forcés d’accepter divers emplois pendant la saison morte, ils risquent de ne pas reprendre leur poste précaire le moment venu.

De retour de leurs circonscriptions, après une semaine de relâche parlementaire, néodémocrates et bloquistes ont rapporté que leurs électeurs étaient préoccupés par les changements annoncés par le fédéral la semaine dernière. Ottawa prévoit forcer les chômeurs à accepter des postes moins payants - des diminutions de salaire allant jusqu’à 30 % dans le cas de ceux qui ont fait appel plus souvent à l’assurance-emploi dans le passé.


Une mesure qui touchera principalement les travailleurs saisonniers, a rétorqué l’opposition. Mais aussi leurs employeurs, qui les verront partir vers un emploi qu’ils sont contraints d’occuper en attendant la reprise du travail saisonnier, soutiennent-ils désormais.


« Plutôt que de vivre dans l’incertitude, à savoir si les prestations vont être accordées ou non, ça va être une redirection dans un autre domaine dans la région ou probablement essayer de trouver un emploi plus permanent dans une autre région. Donc on va assister à une perte de la main-d’oeuvre qualifiée qui a été formée », a dénoncé le néodémocrate Guy Caron, député de Rimouski.


Son voisin, le bloquiste Jean-François Fortin, abonde dans le même sens. Lui aussi a entendu ces craintes de la part d’employeurs de sa circonscription de Haute-Gaspésie. « C’est une attaque directe contre les pêches, le tourisme, l’agriculture et la forêt, qui font vivre les régions du Québec. C’est à croire que les conservateurs ont oublié que l’hiver revient chaque année, au Québec ! », a-t-il lancé à la ministre des Ressources humaines.


Interrogée à quinze reprises sur le sujet, la ministre des Ressources humaines a livré le même message chaque fois : le gouvernement veut jumeler chômeurs et employeurs à la recherche de main-d’oeuvre, pour stimuler l’économie. « En fait, nous aidons ceux qui ont des emplois saisonniers à travailler plus longtemps et travailler davantage pour leurs familles […] Nous allons les aider à trouver de l’emploi, parfois des emplois rares dans leur région, dans leurs champs de compétences, et nous allons les aider à dénicher ces emplois », a fait valoir Diane Finley.