John Baird et Diane Finley sont accusés de favoritisme

John Baird a demandé que soit approuvée une subvention de 1 million de dollars, destinée à un ami, qui avait été rejetée par les fonctionnaires.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie John Baird a demandé que soit approuvée une subvention de 1 million de dollars, destinée à un ami, qui avait été rejetée par les fonctionnaires.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, estime n’avoir fait que son travail de bon député en demandant que soit approuvée une subvention de 1 million de dollars, destinée à un ami, qui avait été rejetée par les fonctionnaires. Selon lui, c’est pour ça que les ministres existent.

Le Globe and Mail a révélé hier que M. Baird a intercédé directement auprès de sa collègue et ministre Diane Finley pour que soit accordée une subvention à la Canadian Federation of Chabad Lubavitch. Ce centre communautaire juif est présidé par le rabbin Chaim Mendelsohn, un proche de M. Baird. La subvention provient du « Fonds pour l’accessibilité », qui finance des projets communautaires facilitant la vie aux personnes à mobilité réduite.


Les fonctionnaires fédéraux avaient rejeté le projet. Des 135 projets retenus après un premier tri, celui du rabbin Mendelsohn était arrivé en queue de peloton avec une note de 53, la plus basse accordée. À la demande du ministre Baird, ce projet a quand même été retenu avec les 25 meilleurs du lot pour une analyse extérieure subséquente. Encore là, les évaluateurs ont trouvé des problèmes dans la soumission et lui ont attribué une note de 51 sur 80. « Les évaluateurs externes estiment qu’il pourrait être financé avec réserve, à savoir que tous les faits en appui à la demande n’ont pas été fournis à leur satisfaction. » Mme Finley a malgré tout approuvé la subvention.


Les ministres décident


« En bout de piste, ce sont les ministres, pas les fonctionnaires, qui prennent les décisions de financement », a expliqué John Baird hier, soulignant que les fonctionnaires ne faisaient que des « recommandations ». Pourquoi alors avoir des fonctionnaires, lui ont demandé les journalistes ? « Eh bien, pourquoi avoir des ministres ? » a-t-il rétorqué.


M. Baird invoque aussi son rôle de député. « Une de mes responsabilités, comme tous les députés en ont la responsabilité, est de représenter [ma] circonscription. Un individu est venu me voir. Nous avons seulement dit à Diane Finley et son bureau que cette organisation était digne d’intérêt. Rien de plus. » M. Baird représente une circonscription de l’est d’Ottawa et non de Toronto. Le rabbin Mendelsohn a accompagné M. Baird lors d’un voyage en Israël en janvier.


Au bureau de la ministre Finley, on a justifié l’approbation du projet par le fait que les évaluateurs externes avaient jugé que le projet « nous en donnait pour notre argent ».


Les partis d’opposition ont été prompts à condamner John Baird. « On n’a pas à faire de favoritisme, d’ingérence comme ça. Si le programme a des critères à respecter, il faut naturellement les respecter », a soutenu la députée néodémocrate Manon Perreault.


Le NPD avait déjà calculé que jusqu’à présent, le programme Fonds pour l’accessibilité avait versé 85 % des 67,4 millions de dollars en subventions à des groupes situés dans des circonscriptions conservatrices. Incidemment, à peine 3 % des sommes avaient abouti au Québec.

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