F-35 : pas de preuves de mensonges

Les accusations portées aux Communes par Bob Rae voulant que les ministres aient dupé le Parlement quant au coût des F-35 sont « graves », mais il n’y a pas suffisamment de preuves, a tranché le président de la Chambre hier.

À la suite du dépôt du rapport du vérificateur général, le chef libéral par intérim s’était plaint auprès du président Andrew Scheer que des ministres aient donné des informations inexactes aux parlementaires. D’abord, alors que les ministères de la Défense et des Travaux publics ont rejeté les conclusions du vérificateur - selon lesquelles ils n’avaient pas « fait preuve de diligence raisonnable » en préparant le remplacement des CF-18 -, les ministres, eux, ont affirmé aux Communes que le gouvernement acceptait ces conclusions.


M. Rae les accusait donc d’avoir tenté de leurrer les députés. Mais M. Scheer a rappelé que le gouvernement avait aussi précisé que sa position était différente de celle de ses fonctionnaires.

 

Manque de preuves


Quant au deuxième reproche de M. Rae, celui-ci dénonçait le fait que le gouvernement affirme accepter les conclusions du rapport, lesquelles mettaient en doute « l’exhaustivité des renseignements sur les coûts [des F-35] fournis aux parlementaires ». C’était donc dire que les conservateurs savaient qu’ils offraient eux aussi des renseignements inexacts, accusait M. Rae qui dénonçait le fait que cette fausse information porte atteinte à ses privilèges de parlementaire. Mais, là encore, le président a précisé qu’il fallait, pour faire de telles accusations, « avoir clairement démontré que, lorsque le député a fait la déclaration controversée, il savait que celle-ci n’était pas exacte et qu’il avait l’intention d’induire la Chambre en erreur ». À ce sujet, M. Scheer a réitéré ne pas avoir assez de preuves.


Le libéral Marc Garneau s’est dit « très déçu » que le président des Communes se soit « lavé les mains ». « Ça crée un précédent en quelque sorte. À moins de pouvoir prouver très, très clairement qu’un ministre a délibérément menti, on ne peut pas vraiment parler de questions de privilèges quand on reçoit des informations contradictoires. »

1 commentaire
  • Michel Miclot - Inscrit 8 mai 2012 14 h 24

    Bien fait pour les mauvaises langues..

    Si le président de la chambre le dit , c,est que c'est vrai. Et celui qui en doute est un méchant, un séparatiste québécois. Mais au fait , ce président ne serait-il pas un conservateur?