Le PLC ouvre ses portes un an après la déconfiture électorale

Le Parti libéral du Canada soulignera à sa manière aujourd’hui le premier anniversaire de l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire. Il ouvrira toutes grandes ses portes aux « partisans », des gens qui n’auront pas à payer une carte de membre pour se prononcer sur le leadership du parti.

« Cela fait trois élections que le Parti libéral du Canada doit changer fondamentalement. Il était devenu trop insulaire, on parle trop entre nous », a expliqué hier au Devoir et à certains journalistes anglophones le président du parti, Mike Crawley.


À compter d’aujourd’hui, une personne n’aura qu’à visiter le site Internet du PLC et à fournir un nom et une adresse courriel pour devenir « partisan » libéral. Cette personne aura le choix d’indiquer quels enjeux l’interpellent. Le PLC pourra ensuite communiquer avec cette personne lorsqu’il agit dans ces domaines et, réciproquement, solliciter ses idées. Contrairement à un membre en règle du parti, le partisan n’aura pas à payer de cotisation. Il n’aura pas à signer de papiers non plus. Tout au plus devra-t-il s’engager à ne pas être membre d’un autre parti politique fédéral. Le PLC est la première formation fédérale à ouvrir ainsi ses portes.


Il s’agit d’une façon de monter une vaste base de données sur les sympathisants libéraux de manière à mieux cerner leurs intérêts. Le Parti conservateur a déjà une telle base de données ultra-sophistiquée lui permettant de dresser un profil très précis, non seulement de ses sympathisants, mais aussi de ceux peu susceptibles de voter pour lui.

 

Prendre des risques


Plusieurs observateurs se demandent si cette ouverture ne se retournera pas contre le PLC. Des partisans d’un autre parti pourraient-ils s’amuser à s’inscrire dans le but de faire élire le pire candidat à la chefferie, par exemple ? M. Crawley croit que le PLC n’a pas les moyens d’avoir peur. « Le Parti libéral est en troisième place et il devrait se comporter comme un parti qui est en troisième place, c’est-à-dire devenir moins bureaucratique, plus entrepreneurial, prendre plus de risques. C’est ainsi qu’on doit agir plutôt que de se demander ce qui arrivera si cela ne fonctionne pas. »


Quand même : pour s’assurer que les Infoman de ce monde ne s’amusent pas à inscrire leur chien comme « partisan », les identités seront vérifiées avant le vote à la chefferie, notamment en consultant la liste électorale permanente d’Élections Canada.


Début juin, le parti décidera des règles pour la prochaine course au leadership. Le PLC songe à limiter la dette qu’un candidat pourra accumuler, par exemple en exigeant qu’il ne dépense que ce qu’il a déjà en banque. On veut éviter le scénario de 2006 : certains candidats de l’époque n’ont toujours pas tout remboursé, détournant vers leurs coffres six ans plus tard du financement qui devrait revenir au PLC.