Le v.g. devant le comité sur les F-35

Ottawa — Les conservateurs ont tenté de résister, mais le vérificateur général viendra bel et bien discuter de son accablant rapport sur l'achat des F-35 en comité parlementaire cette semaine. Il aura fallu deux heures de disputes, et que le président du comité menace de démissionner pour que les conservateurs reculent et acceptent de convoquer d'abord et avant tout Michael Ferguson.

« Parce que ce rapport, c'est la base de tout. Et de ne pas avoir l'auteur du rapport, honnêtement, ça n'a pas de sens, et c'est politiquement dangereux », a dénoncé le néodémocrate David Christopherson, dans une rare sortie pour un président de comité. « Ceci ne se poursuivra pas sous ma présidence », a-t-il prévenu, accusant à demi-mot les conservateurs d'empêcher délibérément le comité de commencer ses audiences en accueillant le vérificateur général — tel que le veut la tradition du comité chargé de surveiller les dépenses du gouvernement.

Ce à quoi les membres conservateurs ont finalement obtempéré. « Nous sommes déterminés en tant que gouvernement à avoir une étude complète et approfondie du rapport du vérificateur général, et c'est ce que nous faisons », a plaidé le conservateur Andrew Saxton, qui a nié avoir cédé à la menace de M. Christopherson.

M. Ferguson sera donc convoqué demain, suivi de sous-ministres et fonctionnaires de la Défense, des Travaux publics, d'Industrie Canada et du Conseil du Trésor. Néodémocrates et libéraux souhaitaient aussi la venue de hauts fonctionnaires de ces ministères, qui ont participé à la signature de l'entente de principe puis d'acquisition ; les troupes du gouvernement ont toutefois bloqué leurs efforts, munis de leur majorité. Les conservateurs ont en outre refusé de faire la liste des témoins qu'ils souhaitaient inviter, et de préciser si les rencontres à venir seraient menées à huis clos ou non.

Or, c'est déjà un mauvais début, car les premiers invités sont si nombreux à défiler au cours d'une seule réunion de deux heures que les députés n'auront pas le temps de poser des questions de fond, s'est inquiétée l'opposition.

Le verdict viendra donc dans quelques jours, alors que l'étude se poursuivra sur le rapport du vérificateur qui a conclu que la Défense nationale a sous-estimé les coûts des F-35, le vrai prix dépassant de 10 milliards celui présenté publiquement par le gouvernement.

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