Trabelsi devant la Commission de l'immigration

Le beau-frère milliardaire de l'ex-président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali joue ses dernières cartes pour avoir le droit de rester au Canada, bien qu'il mène sa lutte dans l'ombre.

Belhassen Trabelsi s'est installé au Canada en janvier 2011, après avoir fui la Tunisie au moment où le régime de Ben Ali s'effondrait, mais il s'est fait discret depuis et ne s'est pas présenté à son audience, hier, auprès de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.

L'an dernier, le gouvernement du Canada avait révoqué son statut de résident permanent peu après son arrivée au pays, car il n'en respectait pas les conditions. Les avocats de Belhassen Trabelsi faisaient appel de cette décision, hier, attirant l'attention de la commission sur les preuves faisant état de craintes pour sa sécurité.

La décision de la commission sera rendue à une date indéterminée.

M. Trabelsi a fait savoir hier, par l'intermédiaire de ses avocats, qu'il craignait pour sa sécurité et celle de sa famille. Il a embauché ses propres gardes du corps et a dit craindre d'être suivi par la foule de Tunisiens établis à Montréal qui espéraient le voir en chair et en os à l'audience d'hier. La Cour fédérale a refusé, la semaine dernière, de tenir une audience privée pour traiter son cas. Cette décision explique l'absence du Tunisien hier.

Peu avant la chute du régime de son beau-frère, M. Trabelsi avait fui la Tunisie en compagnie de sa femme et de ses enfants à bord d'un jet privé, tandis que d'autres membres du clan Ben Ali trouvaient refuge en Arabie saoudite.

La famille a été accusée de fonctionner comme un clan mafieux, extorquant de l'argent à des propriétaires de commerces et exigeant une part dans les grandes et petites entreprises, répartissant le butin entre ses membres. Certains médias avaient qualifié M. Trabelsi de chef de clan, qui supervisait les manoeuvres frauduleuses. L'homme contrôlait, ou possédait, un large éventail de propriétés allant des compagnies aériennes aux hôtels en passant par des médias et des banques.