Colloque Après le rapatriement: l'état des lieux - Benoît Pelletier appelle à briser le tabou du dossier constitutionnel

L’ancien ministre québécois des affaires intergouvernementales Benoît Pelletier a appelé à «réhabiliter» le débat sur le dossier constitutionnel, 30 ans après le rapatriement de la Constitution du Canada sans l’accord du Québec.

«Une société qui est saine est une société qui parle aussi du dossier constitutionnel comme elle parle d’économie, comme elle parle de santé, comme elle parle de programmes sociaux», a-t-il déclaré à l’occasion du colloque 30 ans après le rapatriement, l’état des lieux – Quel bilan? Quelles perspectives?

M. Pelletier, qui était le porte-parole du comité organisateur, a ainsi déploré l’interdit implicite des acteurs d’engager tout débat relatif à la Constitution. «Il m’est arrivé souvent alors que j’étais en politique de me faire dire que je devais cesser de parler, pas seulement du dossier constitutionnel, [mais] des relations intergouvernementales comme si c’était ringard, comme si une société pouvait se permettre de ne plus réfléchir sur son avenir politique et constitutionnelle», a fait remarquer l’ancien député de Chapleau. «[C’est] un sujet qui est dans le fond devenu tabou.»

«Si nous en parlions plus de ce dossier constitutionnel, peut-être que nous éviterions justement que ça tourne toujours à la crise nationale», a-t-il ajouté devant un parterre de 200 personnes qui ont échangé pendant 48 heures leur point de vue sur le rapatriement du 17 avril 1982 et les négociations qui l’ont précédé.

D’autre part, le rapatriement constitue une «œuvre inachevée» à ses yeux puisque la loi fondamentale du Canada, en plus d’avoir été rejetée par le Québec, ne peut aujourd’hui prétendre unir tous les Canadiens.

D’ailleurs, si la question de la non-adhésion du Québec a été abordée frontalement par les panélistes — des chercheurs pour la plupart, mais également des acteurs des négociations constitutionnelles —, les conséquences du rapatriement sur les femmes, les autochtones et les minorités francophones hors Québec ont aussi fait l’objet de discussions.

«S’il est vrai, comme le disait M. Trudeau, que sa Constitution est bonne pour 1000 ans, eh bien dites-vous qu’il en reste 970», a lancé l’ex-ministre Benoît Pelletier lors du discours de clôture du colloque mis sur pied par l’Association internationale des études québécoises.

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