La charte de Trudeau a renforcé la loi 101, affirme Dion

Député fédéral de la circonscription de Saint-Laurent, Stéphane Dion a succédé à Paul Martin à titre de chef du Parti libéral du Canada de décembre 2006 à décembre 2008.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Député fédéral de la circonscription de Saint-Laurent, Stéphane Dion a succédé à Paul Martin à titre de chef du Parti libéral du Canada de décembre 2006 à décembre 2008.

Québec — La loi 101 n'a pas souffert de l'insertion dans la Constitution canadienne d'une charte des droits il y a 30 ans, croit Stéphane Dion. Bien au contraire, «ça l'a renforcée», a déclaré le député fédéral de Saint-Laurent et ancien chef du PLC lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir, hier.

À ses yeux, la loi 101, adoptée par le gouvernement Lévesque en 1977, «s'évertuait à poursuivre des politiques non réalistes et qui nous valaient une très mauvaise presse à l'étranger. Le signal était: "chez nous, on bannit toutes les langues qui ne sont pas le français".» Tous les recours juridiques basés sur la Charte dès après sa promulgation «ont rendu un grand service à tout le monde», estime l'ancien professeur de science politique spécialisé en politiques linguistiques. En vigueur pendant une décennie, l'unilinguisme français était «difficile d'application» et «sur ce plan, la loi 101 paraissait exagérée». Quant au français aujourd'hui à Montréal, il se porte malgré tout «relativement bien», a-t-il soutenu.

Dans le communiqué du colloque «30 ans après le rapatriement, l'état des lieux. Quel bilan? Quelles perspectives?», qui s'est ouvert hier soir à l'UQAM, l'organisateur et ancien ministre du PLQ Benoît Pelletier «constate un affaiblissement de la spécificité québécoise depuis l'enchâssement de la Charte». «Je ne sais pas de quoi il veut parler», a rétorqué M. Dion. Selon lui, la Charte a plutôt suscité une jurisprudence qui «reconnaît dans une fédération qu'il peut y avoir différentes façons d'établir les droits».

Depuis 1982, le Parti libéral du Canada a connu moult insuccès au Québec. Sa réforme est pourtant appuyée par les Québécois «dans son contenu», fait-il valoir: la Charte est populaire, le «multiculturalisme aussi», la politique de péréquation fut renforcée et le statut du français a été amélioré: «Je ne vois rien là qui cause un problème par rapport à la population Québécoise.»

Quant à la manière dont le rapatriement s'est fait, en isolant le Québec, il faudrait que les Québécois en reviennent: «Après plusieurs décennies, il faut juger ce type de virage important à l'aune des résultats.» Sans compter que le Canada n'est pas la seule fédération à avoir un ou des États fédérés qui refusent d'accepter la Constitution. En Allemagne, c'est le cas de la Bavière. Et en Suisse lors d'un référendum sur la Constitution de 1999, «huit cantons et quatre demi-cantons ont voté contre».
13 commentaires
  • parade21 - Abonné 13 avril 2012 07 h 12

    Qu'est-ce que le monde va penser de nous?

    M. Dion est un homme courageux. Un petit souffle de mécontentement venu de contrées lointaines… ou proche, et vite, allons nous cacher dans les abris. Et puis après tout, le français se porte relativement bien à Montréal. Il faudrait qu’il nous explique avec plus de détails, ce relativement. Myope comme une taupe? Peut-être.

    Le multiculturalisme est un échec en Angleterre. Mais ici, il est populaire. Visiblement, M. Dion n’a pas vu que les projets de lois 16 et 94 du gouvernement Charest à ce sujet ne font pas consensus. Ceux-ci traînent encore dans les tiroirs et seront remisés bientôt sur une tablette et peut-être même rangés dans une oubliette.

  • François Dugal - Inscrit 13 avril 2012 07 h 55

    Proverbe bilingue

    A lie is a sin/Un mensonge est un péché

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 13 avril 2012 07 h 59

    Quel ramassis de faussetés

    M Dion m'apparaît de plus en plus déconnecté de la réalité; ses sophismes à la Trudeau ne convaincront personne.

  • Jean Lapointe - Abonné 13 avril 2012 09 h 04

    Il n'en a que pour les étrangers.


    Ce n'est pas la première fois qu'il l'exprime.

    Stéphane Dion se soucie beacoup plus de ce que les autres peuvent penser de nous que de chercher et appliquer des mesures susceptibles de pouvoir améliorer notre sort.

    N'est-ce pas là le propre de quelqu'un qui est «colonisé» sans le savoir, de quelqu'un qui a honte de ce qu'il est mais qui refuse de le reconnaître? D'où son souci constant de ce que les étrangers peuvent penser .

    Il préfère nier une certaine réalité plutôt que de travailler à la changer.

    Heureusement que nous sommes de plus en plus nombreux au Québec à travailler à nous «décoloniser».

    Des gens «poignés» comme Stéphane Dion , je pense qu'il n'y en a plus beaucoup heureusement.

    Dire qu'il est colonisé ce n'est pas l'insulter c'est constater un état de fait.

    Pour pouvoir en sortir il faut d'abord le reconnaître et l'assumer plutôt que de se résigner à ce que certains considèrent comme une fatalité à laquelle on ne pourrait pas échapper.

  • Jude-Jean - Abonné 13 avril 2012 11 h 03

    N'importe quoi !

    Cet homme a souvent dit n'importe quoi au cours de sa carrière politique, mais celle-là, c'est vraiment la meilleure !