Des milliers de fonctionnaires fédéraux reçoivent un avis mentionnant que leur emploi est menacé

En effet, 6300 emplois ciblés par la révision stratégique de 2007 à 2010 restent encore à être coupés, en plus de ceux annoncés jeudi dernier par le ministre des Finances, Jim Flaherty.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir En effet, 6300 emplois ciblés par la révision stratégique de 2007 à 2010 restent encore à être coupés, en plus de ceux annoncés jeudi dernier par le ministre des Finances, Jim Flaherty.

Ottawa - La fonction publique fédérale a déjà vu des coupes importantes être assénées à son effectif par le passé. Jamais, cependant, les choses se sont faites avec tant d'opacité, déplorent les syndicats.

Aujourd'hui, des centaines de fonctionnaires devaient recevoir une lettre les avisant que leur emploi était menacé.

Dans son budget déposé la semaine dernière, le gouvernement conservateur a annoncé l'abolition de 19 200 postes au cours des trois prochaines années.

Or les syndicats affirment que les compressions seront dans les faits bien plus sévères. En effet, 6300 emplois ciblés par la révision stratégique de 2007 à 2010 restent encore à être coupés, en plus de ceux annoncés jeudi dernier par le ministre des Finances, Jim Flaherty.

Il faut ajouter à cela l'abolition de 9700 postes en lien avec les récents gels d'embauche.

Enfin, des milliers d'employés temporaires ne verront tout simplement pas leur contrat être renouvelé.

Le chiffre du ministre ne comprend pas non plus les coupes d'agences qui reçoivent leur financement du fédéral, comme la Société Radio-Canada, où 650 postes seront supprimés.

«Je peux vous dire que je n'ai jamais vu les niveaux de stress parmi nos employés aussi élevés. C'est à cause de l'incertitude, c'est à cause du fait que nous n'avons pas l'information, on ne sait pas où est-ce qu'on s'en va et qui sera touché», a confié Larry Rousseau de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

Impossible de procéder à une telle saignée sans affecter les services aux citoyens, croit sa collègue Patty Ducharme.

«On demande au gouvernement de donner aux Canadiens les chiffres clairs sur exactement quels services seront coupés. Où? Quand? Et comment?», a-t-elle demandé. Sans cette information, ce n'est qu'au moment où le service sera supprimé que les citoyens se rendront compte de ce qu'ils perdront, a-t-elle avancé.

Coupes déjà annoncées

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada a pour sa part annoncé mercredi que 400 membres avaient déjà reçu une lettre les avisant qu'ils pourraient perdre leur emploi.

De ce chiffre, il faut compter environ 70 agents de commerce de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Le ministère de la Défense nationale figure aussi parmi les premiers à avoir reçu de mauvaises nouvelles. L'Union des employés de la Défense nationale a affirmé mercredi qu'environ 1100 postes civils seront éliminés à la grandeur du Canada, notamment sur des bases militaires et des sites destinés aux réservistes.

Son président, John MacLennan, affirme qu'il y aura des coupures dans tous les domaines, des services d'alimentation jusqu'au secteur de la recherche et développement.

Le ministère de la Défense nationale a encaissé un dur coup la semaine dernière à la suite du dépôt du budget de M. Flaherty. Il devra réduire ses dépenses de 1,1 milliard $ au cours des trois prochaines années.

Malgré tout, le gouvernement fédéral s'est engagé à ne pas réduire le nombre de militaires et de réservistes.

M. MacLennan a indiqué que cette décision des conservateurs soulève plusieurs questions au sein des travailleurs de l'Union, qui effectuent tout le travail afin d'appuyer les militaires.

«Si le gouvernement ne coupe pas la taille de l'armée et ne ferme aucune base, qui va faire tout le travail?», s'est-il demandé.

Par Fannie Olivier, La Presse canadienne
2 commentaires
  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere - Inscrit 4 avril 2012 17 h 01

    Coupes dans la Fonction publique?

    Un Livre Blanc sur la refondation de la fonction publique a été remis au gouvernement en avril 2008 par le conseillère fédérale Yvette Aloïsi L’objectif était de lancer un vaste chantier de décloisonnement et de modernisation de la fonction publique. Ce rapport proposait notamment la mise en place d’une fonction publique de métiers, articulée autour d’une refonte radicale du statut des fonctionnaires.

    Face aux résistances des employeurs et syndicats, ainsi que le coût et la complexité technique des mesures, les éléments les plus novateurs de ce programme n’ont jamais été mis en œuvre. Le gouvernement a engagé une démarche plus pragmatique de réduction du nombre de corps au sein de la fonction publique d’Etat. Il n’a dès lors plus été question de rénovation de la fonction publique mais de progrès sectoriels.

    Loin du grand chambardement promis en 2007, ce sont des mesures techniques et discrètes qui ont eu l’effet le plus tangible sur les carrières et les conditions d’emploi des fonctionnaires : rééchelonnement des grilles des catégories A et B, renforcement de l’évaluation agents publics ou encore généralisation de la prime de fonction et de résultat.
    N'oublions pas non plus que le problème de l’emploi contractuel dans la fonction publique n’a pas été réglé. La fonction publique compte environ 850.000 contractuels (16 % des effectifs) qui occupent les emplois les plus précaires et relèvent d’un droit moins protecteur que le statut mais également que le droit du travail.

    L’évolution de ces effectifs n’a jamais pu être maîtrisée, malgré les propositions du Livre Blanc pour améliorer leurs conditions d’emploi. Le gouvernement a privilégié un nouveau plan de titularisation actuellement en préparation. Si ce plan réglera des situations individuelles difficiles, il n’interdira pas la reconstitution d’un volant d’emplois précaires dans la fonction publique

  • Photodan - Abonné 4 avril 2012 21 h 58

    De l'argent de plus pour les amis conservateurs

    Ces coupures de service et d'emplois des canadiens servent à financer des baisses d'impôt our des corporations qui n'en ont nullement besoin. C'est honteux!