L'UPA estime que le modèle agricole est menacé

L'Union des producteurs agricoles déplore les compressions majeures imposées par le gouvernement Harper en agriculture et en agroalimentaire. Dans son budget, Ottawa a en effet décidé de sabrer 10 % du montant alloué à ce secteur important de l'économie canadienne, ce qui se traduira par des compressions de plus de 300 millions de dollars.

Officiellement, les conservateurs ont fait savoir jeudi qu'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) subira un recul de 250 millions de son enveloppe, alors que l'Agence canadienne d'inspection des aliments devra encaisser un recul de 56 millions. Les deux organismes fusionneront par exemple leurs services de soutien et «intégreront» leur expertise en matière de recherche.

Une situation qui inquiète l'Union des producteurs agricoles. «C'est très inquiétant pour l'avenir de notre modèle agricole, basé sur des PME et des entreprises familiales, a souligné Charles-Félix Ross, économiste en chef du syndicat agricole. On sait que si on coupe 10 % du budget dans le secteur de l'agroalimentaire, c'est clair que ça va se traduire par une baisse des services, mais aussi de la qualité des programmes offerts aux agriculteurs et à l'industrie en général.»

La recherche en agriculture


Il s'est dit préoccupé pour l'avenir de la recherche en agriculture. Au Québec, AAC compte plus de 600 employés, dont environ 75 % travaillent dans des centres de recherche. Or, les réductions annoncées laissent selon lui présager qu'Ottawa réduira la recherche publique.

Une décision qui serait une grave erreur. «Le chercheur qui travaille dans un centre de recherche d'Agriculture Canada contribue à l'avancement de la science et le résultat de son travail de recherche est diffusé à tous. Si on dit qu'on met moins d'argent dans les centres de recherche pour transférer des fonds dans des subventions pour l'"innovation", on peut se demander quelles entreprises vont y avoir accès.» Au Québec, le secteur agricole et celui de la transformation génèrent plus de 170 000 emplois.