Les conservateurs sonnent le glas de la cenne noire

«C'est une monnaie sans valeur. Une nuisance pour les commerçants», a dit hier le ministre des Finances, Jim Flaherty, de la pauvre «cenne noire».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «C'est une monnaie sans valeur. Une nuisance pour les commerçants», a dit hier le ministre des Finances, Jim Flaherty, de la pauvre «cenne noire».

Trésors secrets des divans et ennemis jurés des fonds de poche, les pièces d'un cent seront abandonnées par le Canada.

«C'est une monnaie sans valeur. Une nuisance pour les commerçants», a dit hier le ministre des Finances, Jim Flaherty, de la pauvre «cenne noire». Le comité du Sénat qui se penchait sur son cas l'an dernier n'a pas réussi à trouver un seul témoin prêt à prendre sa défense.

Les pièces d'un cent n'en coûtent pas moins cher: soit 1,6 ¢ par pièce à produire pour des coûts de mise en circulation totaux de 11 millions de dollars par année. Aussi, la Monnaie royale canadienne cessera de les distribuer à compter de cet automne.

Elles conserveront malgré tout leur valeur durant une période illimitée et pourront être extirpées des tirelires à tout moment pour effectuer n'importe quel paiement. Au fur et à mesure qu'elles seront retirées de la circulation, les prix devront toutefois être arrondis au multiple de cinq cents le plus près pour les transactions en espèces.

Un café de 1,80 $ auquel s'appliquerait une taxe à la consommation de 5 % (0,09 $), pour un prix total de 1,89 $, coûterait ainsi 1,90 $ au consommateur payant comptant, mais resterait à 1,89 $ pour celui utilisant un chèque, une carte de crédit ou toute autre forme de paiement informatique. Un prix de 1,87 $ serait arrondi à 1,85 $, selon cette même logique.

Le gouvernement dit s'attendre à ce que les entreprises arrondissent les prix de manière «équitable, uniforme et transparente». Il cite comme exemples les nombreux autres pays qui ont déjà procédé au même type d'opération, comme l'Australie, la Norvège et le Royaume-Uni, où l'exercice n'a pas poussé les prix à la hausse.

Les entreprises, quant à elles, n'auront pas à mettre à jour leurs caisses enregistreuses en raison de l'arrondissement des montants puisque les prix et le paiement total continueront d'être établis au cent près.

Le ministre Flaherty a encouragé les Canadiens à profiter de l'occasion pour rouler une dernière fois leurs pièces d'un cent et en faire don à l'organisme de bienfaisance de leur choix.