Charité bien ordonnée...

Le budget 2012-2013 fait une large place aux compressions, mais il prévoit un léger réinvestissement de 5 millions de dollars pour avoir les organismes de bienfaisance à l'œil. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, dote l'Agence du revenu du Canada de cette nouvelle enveloppe pour s'assurer que les organismes de bienfaisance n'utilisent pas leur argent pour participer aux débats politiques.

«Nous n'apportons aucun changement pour les organismes de bienfaisance, a assuré M. Flaherty. Nous fournissons plutôt des ressources supplémentaires pour faire respecter les règles. Franchement, nous avons entendu beaucoup de plaintes et d'inquiétudes exprimées par les Canadiens. Lorsqu'ils donnent de l'argent à un organisme de bienfaisance, ils veulent que l'argent serve à cette cause, pas à faire de la politique ou d'autres choses. Ce n'est pas noir et blanc. L'Agence du revenu du Canada permet qu'une petite portion [des dons serve à] la militance, mais il y a un besoin de plus de vigilance pour que les organismes respectent les règles.» Pour les années subséquentes, le budget sera de 3 millions.

Le budget indique que les organismes de bienfaisance devront fournir davantage de renseignements sur leurs activités politiques, «y compris sur la mesure dans laquelle leur financement provient de sources étrangères». Les conservateurs sont partis en guerre récemment contre tous les groupes environnementaux qui militent contre les divers projets d'oléoducs canadiens et qui reçoivent du financement d'entités situées aux États-Unis ou ailleurs.

Les organismes de bienfaisance (groupe environnemental, syndicat, ordre professionnel ou chambre de commerce) ne payent pas d'impôt et peuvent délivrer des reçus officiels pour les dons qu'ils reçoivent. Ottawa calcule que cette «aide» représente une perte de revenus fiscaux de 2,9 milliards par année. Un député conservateur d'arrière-ban est déjà parti en guerre à ce titre contre les syndicats.