La pièce de un cent ne sera plus frappée au Canada

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

L’humble «sou noir» est en voie de disparaître des poches des Canadiens, victime de l’inflation.

Le budget fédéral déposé cet après-midi indique que la Monnaie royale canadienne cessera de frapper la pièce d’un cent à partir de l’automne prochain.

Le budget soutient que les coûts de frappe du sou noir ont crû à 1,6 cent, ou 11 millions par année. Son pouvoir d’achat a chuté à un vingtième de sa valeur originale.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a fait valoir que la pièce d’un cent ne représentait plus qu’une «nuisance» pour les entreprises.

Les documents déposés à Ottawa affirment que certains Canadiens considèrent aussi que la pièce d’un cent est davantage une nuisance qu’une pièce utile au commerce.

Ainsi, le sou noir ira rejoindre le billet papier de 1$ ou de 2$.

Cours légal

Les sous noirs continueront d’avoir cours légal, mais à mesure qu’ils disparaîtront de la circulation, les prix devront être arrondis à la hausse ou à la baisse.

Si les consommateurs ont des sous noirs, ils pourront les utiliser. Les paiements avec cartes de débit ou crédit ou par chèques pourront aussi se détailler au sou près. Mais si le consommateur paie comptant et n’a pas en mains les pièces d’un cent, le total sera arrondi à la hausse ou à la baisse. Par exemple, un prix de 1,02 $ serait changé pour 1 $, alors qu’un montant de 1,03 $ serait arrondi à 1,05 $.

En ce qui a trait aux contenants, boîtes et sacs de sous noirs attendant dans de multiples tiroirs à travers le pays, le gouvernement suggère aux gens d’en faire don à des organisations de bienfaisance.

Le budget fédéral soutient que les expériences dans d’autres pays qui ont laissé tomber les pièces de peu de valeur laissent croire que l’arrondissement des prix sera équitable et sans impact sur l’inflation.

La pièce d’un cent reçoit des tirs nourris depuis des années. Le député néodémocrate Pat Martin avait notamment déposé des projets de loi d’initiative parlementaire pour la retirer de la circulation.

Des ajustements... linguistiques

La disparition du sou noir devrait avoir peu d’impact sur l’économie, mais nécessiter certains ajustements dans les habitudes des gens.

Les friandises à un sou? Un vestige du passé. Les jeux d’arcades aux sous noirs? Déjà évaporés.

Et certains dictons disparaîtront sans doute aussi. Plus personne ne sera sans le sou, ou prêt de ses sous. Et qui pourra encore se targuer de ne pas être compliqué pour un sou.
1 commentaire
  • Jeannot Vachon - Inscrit 31 mars 2012 11 h 00

    Enfin l’élimination du sou noir

    Le sou noir, quel ridicule encombrement! Quelle perte de temps et d’énergie! Enfin le gouvernement réalise que fabriquer une pièce à 160% de sa valeur n’est pas intelligent alors qu’une grosse partie de la population les retire de la circulation aussi vite qu’elles y apparaissent.

    Mais le ministre Flaherty est timide. Il accepte que les pièces existantes continuent de circuler. Retirons-les et fondons-les pour récupérer le cuivre et libérons les commerçants de cette calamité une fois pour toutes.

    Et à quoi ça rime de donner ça aux organismes de bienfaisance? Pour qu’ils les remettent en circulation et étirent la transition indéfiniment? On a vu avec le système métrique à quoi sert de ménager les gens qui ont peur des changements brusques. Après des décennies, on magasine toujours en livres mais on paie en kilos.

    Je devrai continuer à les retirer moi-même de la circulation en refusant toujours d’en rendre aux commerçants quitte à en garder une montagne pour encaisser dans mes vieux jours. 20.02$ ? Je leur présente 40$. Les plus intelligents ont commencé à arrondir et le feront de plus en plus maintenant. Mais combien de temps avant que ce soit généralisé? 10 ans? Au moins on est sur la bonne voie.