Un manque de respect envers Élections Canada

Ottawa — L'opposition s'en est prise à la crédibilité du Parti conservateur en matière de respect des lois électorales hier. Elle considère la condamnation des conservateurs dans l'affaire du «in and out», vendredi, comme une preuve que la formation de Stephen Harper n'a pas respecté Élections Canada et ne la respectera pas davantage dans le dossier des appels frauduleux.

Vendredi dernier, le Parti conservateur a discrètement jeté l'éponge dans sa cause l'opposant à Élections Canada et accepté de rembourser à l'agence 230 198 $ qu'il avait touchés illégalement à la suite de l'élection de 2006. Cette somme s'ajoute aux 52 000 $ d'amende que le parti a dû payer en novembre relativement à cette même affaire. Le Parti conservateur a donc perdu sa cause sur toute la ligne, mais persiste à dire qu'il n'a rien fait de mal. Cette décision ayant été révélée tard mardi soir, l'opposition s'est fait un devoir de questionner le gouvernement à ce sujet hier.

«Les conservateurs doivent payer 230 000 $ parce qu'ils sont coupables d'avoir enfreint la Loi électorale et d'avoir présenté de faux rapports pour soutirer de l'argent aux contribuables canadiens, a lancé le néodémocrate Alexandre Boulerice à la Chambre des communes. Bizarrement, le système de "in and out" de cette élection de l'époque ressemble à ce qu'on a vu au Québec au printemps dernier avec une autre pratique de "in and out".» M. Boulerice fait référence aux récentes révélations du Devoir selon lesquelles des candidats conservateurs au Québec ont, en 2011, payé une somme de 15 000,01 $ à la firme RMG, imposée par le Parti conservateur, sans savoir quel travail a été effectué. Le «in and out» consiste à imputer à des candidats locaux des dépenses nationales afin de contourner le plafond de dépenses imposé par la Loi électorale. Le gouvernement s'en est tenu à sa réponse habituelle, soit que l'affaire de 2006 constituait «un différend administratif».

Une motion néodémocrate

Selon le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, cela n'augure rien de bon pour l'actuelle controverse faisant rage, celle portant sur les appels frauduleux envoyant les électeurs à des bureaux de scrutin inexistants en mai dernier. «Ça leur a pris cinq ans pour accepter leur responsabilité avec le gâchis du "in and out", a-t-il rappelé. Cette affaire n'est pas un sprint. C'est un marathon. [...] Ils vont continuer à nier, nier, nier, nier et soudainement, bingo! ils se feront prendre. C'est ce qui est arrivé la dernière fois.»

L'opposition soupçonne le Parti conservateur d'être derrière les appels frauduleux et lui demande d'envoyer ses documents à Élections Canada. Le NPD fera débattre aujourd'hui une motion accordant plus de pouvoirs d'enquête à Élections Canada. Le NPD voudrait que le Directeur général des élections puisse réclamer des partis leurs factures de campagne pour vérifier leur conformité à la loi. Le gouvernement a indiqué qu'il voterait pour cette motion.

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17 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 8 mars 2012 07 h 03

    Qui ne soupçonne opas les conservateurs?

    Une personne qui n'écoute ou ne lit aucun médias. Faut être vraiment ignare pour les croire innocent.

  • NiDieuNiMaitre - Inscrit 8 mars 2012 07 h 37

    Du respect?

    Pauvre Élections Canada!
    Ils viennent de se joindre à l'environnement, la démocratie, la science, les ainés, les enfants soldats, les victimes de torture, les jeunes contrevenants, les gais, les femmes, les réfugiés, les francophones et les Québécois en particulier, les autochtones, les internautes , les athées, le progrès, l'intelligence et l'honnêteté intellectuelle pour ne nommer que ceux-là.

  • Sanzalure - Inscrit 8 mars 2012 07 h 41

    L'Histoire nous donnera raison

    Les gens qui continuent de soutenir le gouvernement Harper sont responsables de la pagaille qui s'en vient. Ils auraient pu comprendre quand on leur a dit et on aurait évité le pire, mais ils se sont entêtés malgré tous les avertissements.

    J'ai de très mauvais pressentiments...

    Serge Grenier

  • oracle - Inscrit 8 mars 2012 07 h 45

    Comparons !

    Si j'interprète convenablement les propos de Mr Bob Rae, Élections Canada aurait besoin de cinq longues années pour convaincre un délinquant électoral de reconnaître ses torts et acquitter une amende de 52,000 $, l'équivalent de moins du quart du détournement de 230,000. Ce délai d'immunité a sans doute encouragé un parti politique que nous n'avons sûrement pas besoin de nommer à franchir quelques pas supplémentaires dans la commission de délits caractérisés de lèse-démocratie en usurpant les pouvoirs mêmes de l'institution électorale pour saboter le droit de vote de milliers d'électeurs. A-t-on besoin de démonstration complémentaire pour conclure que en matière d'enquêtes et de sanctions la Loi Électorale canadienne est tout bêtement laxiste?
    Maintenant comparons. Un individu qui embarque dans le métro de Montréal en omettant pour quelque raison que ce soit d'acquitter les 3$ exigés pour le passage se voit signifier sur procédure sommaire une amende minimale de 150$, soit 50 fois la somme dont il est supposé avoir spolié la STM. La morale de l'histoire : les peines "dissuasives" resteront toujours proportionnelles à votre statut de puissant ou de misérable sous le règne du 1/99.

    Pierre-Michel Sajous

  • celljack - Inscrit 8 mars 2012 08 h 05

    Les failles actuelles

    "Le NPD voudrait que le Directeur général des élections puisse réclamer des partis leurs factures de campagne pour vérifier leur conformité à la loi."

    Hein? le DG des élections ne peut pas actuellement réclamer les factures de campagne?!?!?!??!?!?!?

    Bah y sert à quoi le DG des élections?

    Et en plus, qui surveille le DG des élections? Qu'est-ce qui nous prouve qu'il n'est pas corrompu dans sa vérification?