Appels frauduleux: Élections Canada a reçu quelque 31 000 plaintes

Les conservateurs seraient mêlés à une affaire d'appels frauduleux, placés lors de la dernière campagne électorale.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Les conservateurs seraient mêlés à une affaire d'appels frauduleux, placés lors de la dernière campagne électorale.

Ottawa — Élections Canada a reçu quelque 31 000 plaintes au sujet des appels frauduleux qui ont été logés au cours de la dernière campagne électorale. En révélant ce nombre, le bureau du Commissaire aux élections fédérales a confirmé aujourd'hui qu’il a ouvert une enquête.

La semaine dernière, des médias ont révélé que l’organisme enquêtait sur au moins une affaire d’appels trompeurs, à Guelph, en Ontario.

Des électeurs de ce comté se sont plaints d’avoir été appelés par des personnes se présentant, faussement, comme des employés d’Élections Canada, les dirigeant vers une mauvaise adresse le jour du vote. Empêcher un citoyen de voter est un acte illégal.

Depuis que l’existence de l’enquête sur Guelph est connue, les partis d’opposition encouragent les électeurs qui auraient été victimes du même stratagème dans d’autres comtés à porter plainte. Ils semblent avoir été entendus.

La sortie publique d’Élections Canada, événement rare, a bien sûr alimenté les attaques de l’opposition à la période des questions matinale d'aujourd'hui.

«Toute la semaine, les conservateurs ont nié leur implication dans les appels frauduleux. [...] On veut la vérité. Quand aura-t-on la vérité?», a réclamé le néodémocrate Joe Comartin.

Les conservateurs se défendent

Les conservateurs ont répété encore qu’ils n’ont rien à se reprocher. «Nous avons dirigé une campagne de façon éthique et honnête. Et nous sommes tout à fait prêts à coopérer avec Élections Canada», s’est contenté de répéter à plusieurs reprises le député Pierre Poilièvre, chargé de défendre, en français, son parti. Pour sa part, son collègue Dean Del Mastro qui intercepte les attaques en anglais, a repris son mantra d’il y a deux jours: «C’est de la diffamation, sans fondements.»

«Quoi que les conservateurs disent [...], quelque chose s’est passé aux dernières élections», a maintenu le chef libéral par intérim Bob Rae. «Trente et un mille plaintes, c’est extraordinaire!», s’est-il exclamé en point de presse, à l’extérieur des Communes.
Sa collègue néodémocrate, Nycole Turmel, elle, a menacé de réclamer une enquête publique, un pas déjà franchi par les libéraux et par le Parti vert.

«Si le premier ministre [...] continue de se moquer des allégations dont son parti fait l’objet, s’il continue de refuser d’enquêter sur son parti et de remettre tous les documents pertinents, nous n’aurons plus le choix de demander une enquête publique», a déclaré Mme Turmel dans un communiqué.

Le député néodémocrate Pat Martin, lui, craint que le mal ne soit déjà fait. «Nous avons un taux de participation de seulement 60 % aux élections. Cette affaire alimente le cynisme d’un électorat déjà blasé. C’est ça le vrai dommage. Ce n’est même pas à propos de l’avantage qu’un parti politique aurait pu en tirer. Ils ont peut-être endommagé de façon permanente l’intégrité de nos institutions électorales. Et c’est ça qui est impardonnable», a-t-il dit en sortant de la période des questions des Communes, au bout d’une semaine particulièrement houleuse.

Capacité d'enquêter


Pour ce qui est de la capacité d’enquêter d’Élections Canada, l’organisme tente de rassurer ceux qui croient qu’il n’a pas les ressources nécessaires pour faire face à des dizaines de milliers de plaintes. À l’élection de 2008, il y avait eu enquête sur près de 1400 plaintes, un record, les élections précédentes n’ayant rapporté qu’entre 300 et 400 plaintes. Mais maintenant, l’organisme se penche sur au moins 31 000 cas.

«Le Commissaire aux élections fédérales a l’autorité, durant des périodes de haut achalandage, de contracter des ressources additionnelles ou de demander l’aide et l’expertise d’autres agences, comme la GRC», peut-on lire dans son communiqué de presse.

Élections Canada déposera un rapport au Parlement une fois que l’investigation sera bouclée.
7 commentaires
  • jyb - Abonné 2 mars 2012 13 h 32

    appels conservateurs

    M. Rae "Trente et un mille plaintes, c'est extraordinaires".
    Le nombres est effectivement extraordinaire, mais le sujet est plus qu'ordinaire.

  • Jocelyn Darou - Inscrit 2 mars 2012 14 h 16

    Annulons les dernières élections

    Je viens d'envoyer ça au député fédéral de ma circonscription. Je vous encourage à faire de même.
    "Bonjour M. Jacob,

    Je viens de lire cet article : http://www.ledevoir.com/politique/canada/344160/ap

    C'est la cerise sur le sundae pour moi. Il est maintenant apparent que le gouvernement conservateur n'a aucune légitimité d'être au pouvoir. Même avant ce scandale, nous savions qu'ils ont obtenu moins de 50% des voix (d'où le besoin d'une réforme du mode de scrutin), mais là, c'est "le boute du boute". Il semble bien que la tricherie simple et claire ait été utilisée de manière massive par les conservateurs pour accéder au pouvoir.
    Combien de temps allons-nous laisser ce gouvernement enfoncer le Canada de plus en plus dans une direction qui nous mène droit au totalitarisme, à l'oppression généralisée et à la destruction systématique des écosystèmes?

    Je vous implore de faire tout en votre possible pour déloger ce gouvernement illégitime et, on dirait bien, illégal.

    Solidairement,
    Jocelyn Darou
    Frelighsburg, QC"

  • Françoise Breault - Abonnée 2 mars 2012 14 h 47

    Pourquoi ne pas avoir sonné la cloche avant?

    Ces plaintes est-il écrit ont été reçues "au cours de la dernière campagne électorale".... Je ne comprends pas qu'Élection Canada n'a pas sonné la cloche plus tôt.....

  • Sylvain Auclair - Abonné 2 mars 2012 15 h 51

    Erreur, madame Breault

    Il est écrit que les appels ont été faits «au cours de la dernière campagne électorale». Les plaintes ont été reçues en grande partie «au cours des derniers jours».
    De plus, je ne crois pas qu'Élections Canada ait l'habitude de rendre publiques l'ouverture des enquêtes.

  • Jocelyn Boily - Inscrit 2 mars 2012 16 h 51

    Un monde fou fou fou

    Québec, le 3 mars 2012

    Un monde fou fou fou

    Les députés de la chambre des communes à Ottawa perdent temps et argent à jouer au robot électronique, Stephen Harper renforcit la monarchie en y dépensant des centaines de millions de dollars et l’opposition officielle du Nouveau Parti Démocratique balbutie, et agonise. Pendant ce temps, les pétrolières en profitent et jouent au yoyo avec le prix du litre d’essence à la pompe pour essayer de le monter à $1.50 le litre à l’été.

    Le premier ministre du Québec Jean Charest s’obstine avec des jeunes étudiants contestant la hausse des frais de scolarité pendant qu’il annonce des dépenses de 160 millions de dollars en formation de la main-d’œuvre, en lien avec son Plan Nord improvisé. Ce même gouvernement fournira de la nourriture spécialisée pour les détenus en prison pendant que les repas servi aux ainés dans les CHLSD soulèvent l’indignation.

    Le maire de Québec Régis Labeaume, presqu’invisible depuis qu’il a passé le flambeau de la construction du nouvel amphithéâtre à Claude Rousseau, veut fêter le 100ième anniversaire de la conquête de la coupe Stanley à Québec par les bulldogs de Québec et veut, du même coup, installer une statue de Joe Malone (joueur du CH) près d’un futur nouvel amphithéâtre.