Élections fédérales - Le premier ministre nie tout stratagème «in and out»

Le premier ministre Stephen Harper a nié hier qu’un autre stratagème de «in and out» ait pu avoir lieu au Québec lors de la dernière campagne électorale comme l’a soutenu le candidat conservateur de Rimouski-Neigette–Témiscouata-Les Basques, Bertin Denis.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le premier ministre Stephen Harper a nié hier qu’un autre stratagème de «in and out» ait pu avoir lieu au Québec lors de la dernière campagne électorale comme l’a soutenu le candidat conservateur de Rimouski-Neigette–Témiscouata-Les Basques, Bertin Denis.

Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper a nié catégoriquement hier qu'un autre stratagème de «in and out» ait pu avoir lieu au Québec lors de la dernière campagne électorale. Même que le candidat conservateur défait qui avait révélé l'affaire au Devoir, et confirmé sa version des faits à deux autres médias, s'est rétracté plus tard en journée.

«Après avoir plaidé coupables pour avoir fait du "in and out", les conservateurs frappent de nouveau. Pourquoi le premier ministre a-t-il laissé tomber tous les principes d'éthique durant sa dernière campagne électorale?» a demandé la chef par intérim du NPD, Nycole Turmel lors de la période de questions. «Cette histoire est tout à fait fausse», a répondu le premier ministre.

Mme Turmel faisait référence à l'article publié la veille par Le Devoir dans lequel on apprenait qu'au moins deux candidats conservateurs québécois ont versé 15 000,01 $ à une firme d'appels sans savoir à quoi l'argent a servi. C'est le bureau national du Parti conservateur qui avait fortement suggéré aux candidats de faire affaire avec cette compagnie, Responsive Marketing Group (RMG).

Le candidat Bertin Denis, de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, avait expliqué qu'il n'a jamais vu les résultats des sondages ou du pointage de RMG. Il a répété cette version des faits en matinée hier à Paul Arcand et à Radio-Canada Rimouski. «Je n'ai eu aucun rapport. Le seul rapport que j'ai eu, c'est le soir de l'élection», a dit M. Denis à M. Arcand. Vous n'avez pas eu de rapport, a insisté l'animateur? «Non, non, pas du tout.» Même propos à Radio-Canada. «Non, non, non, le seul contact, le seul résultat qu'on a eu a été le résultat de l'élection.»

Tordage de bras

Puis, en après-midi, Bertin Denis a publié une déclaration officielle, immédiatement citée par Stephen Harper aux communes. «La facture de 15 000 $ de RMG était une dépense locale de campagne. Le contrat a été signé par mon agent officiel et RMG. Notre campagne a reçu le service tel que promis. RMG a fait de l'identification des électeurs dans ma circonscription.» M. Denis ne nous a pas rappelés hier.

Selon le député néodémocrate Alexandre Boulerice, il est clair que le candidat conservateur s'est fait tordre le bras. «Quand un témoignage d'un ancien candidat met le parti dans l'eau chaude et qu'en 24 heures, il change sa version des faits, ça ressemble en mosus à ça.»

Personne n'allègue que RMG n'a pas fait de travail. La question est plutôt de savoir si le travail a vraiment été fait dans la circonscription en vue de l'élection de M. Denis. La Loi électorale interdit aux partis politiques de transférer à des campagnes locales leurs dépenses nationales, car cela leur permettrait de contourner le plafond de dépenses auquel ils sont soumis.

Le Parti conservateur a plaidé coupable en novembre dernier à de telles accusations parce qu'il avait ainsi transféré des dépenses électorales nationales à ses campagnes locales en 2005-2006, lui permettant de dépenser plus que ses adversaires.
3 commentaires
  • Gamil Sadek - Inscrit 2 mars 2012 05 h 05

    Mais bien sûr!

    Voyons donc!

  • Daniel Hémond - Inscrit 2 mars 2012 08 h 30

    Mentez!

    Mentez...Mentez...Mentez! Il en restera toujours quelque chose. C'est quand même révoltant, même si à la longue on s'habitue aux politiciens fraudeurs, il nous reste, en plus d'un cynisme dégoûté, un écoeurement profond des agissements de tous ces tricheurs qui appellent leurs us et coutumes de la politique. Tout ça sur le dos des citoyens démunis devant cette main basse sur notre démocratie. Est-ce qu'il faut se consoler en regardant ailleurs où c'est sans contredit bien pire qu'ici? Est-ce qu'il faut se résigner, ou combattre ce fléau avec des actions citoyennes? Quand un parti politique rétrograde s'empare du pouvoir avec seulement 39% d'appui chez les citoyens, il y a matière à se demander si nous ne devrions pas changer ce mode de scrutin qui donne carte blanche à tous cers abuseurs.

  • Roland Berger - Inscrit 2 mars 2012 16 h 46

    La force de son dieu

    Harper serait condamné et emprisonné qu'il continuerait de nier, main dans la main avec son dieu.
    Roland Berger