Étude de l'IRIS - Le Canada, pays friand des dépenses militaires

Des quatre pays du G8 qui ne siègent pas au Conseil de sécurité de l'ONU (Canada, Allemagne, Italie et Japon), le Canada est ainsi celui dont les dépenses militaires représentent le plus fort pourcentage du PIB (1,6 %, contre 1,3 % pour les trois autres), note l'IRIS dans une étude dévoilée hier. La moyenne des pays de l'OCDE est établie à 1,3 %.

Après avoir atteint un plancher en 1998 (9,4 milliards, dans un contexte postguerre froide et de lutte contre le déficit), les dépenses militaires du Canada ont depuis repris de l'ampleur (environ 22 milliards en 2010-2011). L'arrivée en poste des conservateurs en 2006 — au moment où la mission militaire en Afghanistan entrait dans une phase de combat — a accentué et accéléré la progression. En six ans, les dépenses militaires ont ainsi augmenté de 54 %. Et si le gouvernement a annoncé dans le budget 2010 une «réduction de la hausse du budget» de la Défense (1 milliard par année à compter de 2013-2014), ce fut le seul ministère à éviter un gel budgétaire.

Le «niveau actuel des dépenses militaires est plus élevé qu'à n'importe quel moment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale», note le chercheur Philippe Hurteau. En 2000, le gouvernement consacrait 6 % de son budget au financement de la Défense: cette proportion atteint maintenant 8 %, et des dizaines de milliards seront investis dans les prochaines années pour l'achat d'équipement, notamment des avions F-35.

L'IRIS critique le choix du gouvernement en soutenant que «ces dépenses ne produisent pas nécessairement des retombées avantageuses pour la collectivité». «En période de lutte contre le déficit, il y a des dépenses sociales à protéger, dit M. Hurteau. L'obstination du gouvernement à financer le militaire au détriment, par exemple, des transferts en santé ou du programme de Sécurité de la vieillesse, ne nous semble pas adéquate.»

L'institut soutient que «ramener la proportion actuelle des dépenses militaires (7,9 %) à celle qui prévalait en 2005 (6,4 %) équivaudrait à effectuer dès maintenant des économies de l'ordre de 4,7 milliards» par année. Les conclusions de l'IRIS rejoignent en grande partie celles publiées il y a un an par le Centre canadien de politiques alternatives.

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