Discours à l'ONU: Baird a biffé les passages pro-Palestine

Le mois dernier, John Baird (à gauche sur la photo) s'était rendu dans l'État hébreu en compagnie d'un rabbin orthodoxe de sa circonscription d'Ottawa et avait répété à plusieurs reprises à ses hôtes que le Canada était le meilleur ami d'Israël.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le mois dernier, John Baird (à gauche sur la photo) s'était rendu dans l'État hébreu en compagnie d'un rabbin orthodoxe de sa circonscription d'Ottawa et avait répété à plusieurs reprises à ses hôtes que le Canada était le meilleur ami d'Israël.

Ottawa — Une remarque pro-palestinienne a été retirée d'un discours prononcé par le ministre des Affaires étrangères John Baird devant l'Assemblée générale des Nations unies, à l'automne dernier.

Des documents obtenus par La Presse canadienne révèlent que M. Baird a rejeté les premiers brouillons produits par le ministère en vue de son allocution à l'ONU, brouillons qui soutiennent que le Canada est «l'un des principaux appuis» du peuple palestinien et qui énumèrent les subventions canadiennes versées à la Palestine à l'appui de cette affirmation.

M. Baird a finalement prononcé un discours beaucoup plus dur que prévu par ses rédacteurs, qui vient souligner sans équivoque le soutien canadien à Israël, une prise de position pour laquelle le ministre ne s'est jamais excusé et qui a suscité beaucoup de critiques envers les conservateurs de Stephen Harper.

Des copies des ébauches de l'allocution, obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, montrent que le chef de la diplomatie canadienne a utilisé une version profondément remaniée du texte pour son premier passage à l'ONU en tant que représentant du Canada lors de l'Assemblée générale du 26 septembre 2011.

Dans son discours, John Baird faisait un parallèle avec les partisans de la politique d'apaisement vis-à-vis de l'Allemagne nazie avant l'éclatement du deuxième conflit mondial. «Le Canada ne tolérera pas que l'État hébreu soit attaqué pour avoir défendu son territoire et ses citoyens. La Seconde Guerre mondiale nous a enseigné ce qu'il en coûtait de faire des concessions juste pour éviter l'affrontement.»

La seule référence directe au peuple palestinien dans l'allocution du ministre servait à mettre l'accent sur l'opposition du Canada au projet de l'Autorité palestinienne de profiter de l'Assemblée générale pour se faire reconnaître comme État par l'ONU.

Cette question a dominé la séance de l'assemblée de l'automne dernier et le désaccord canadien par rapport au plan palestinien, sentiment partagé par beaucoup de pays, dont les États-Unis, était bien connu à l'époque.

Le premier brouillon du discours de M. Baird disait même que «le Canada a clairement fait savoir qu'il ne soutenait pas la reconnaissance de l'État palestinien». Il encourageait aussi la Palestine à retourner s'asseoir à la table des négociations avec Israël.

Mais un long paragraphe qui exprimait des sentiments plus positifs au sujet des Palestiniens a éventuellement été raccourci au cours d'une série de révisions pour finir par être complètement supprimé.

Il mentionnait notamment que le Canada s'était engagé à donner 300 millions de dollars sur cinq ans à l'Autorité palestinienne afin de l'appuyer dans le domaine de la justice, de la sécurité et du développement économique durable, en plus de fournir de l'aide humanitaire aux Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

«Notre appui à la Cisjordanie et à la bande de Gaza démontre notre volonté d'assister les Palestiniens dans la création d'un État palestinien indépendant, démocratique et pacifique cohabitant dans la paix et la sécurité avec Israël», concluait le paragraphe retiré de l'allocution.

Le mois dernier, John Baird s'était rendu dans l'État hébreu en compagnie d'un rabbin orthodoxe de sa circonscription d'Ottawa et avait répété à plusieurs reprises à ses hôtes que le Canada était le meilleur ami d'Israël.

En visite dans la bande de Gaza, M. Baird avait conseillé au président palestinien Mahmoud Abbas, lors d'une rencontre privée, de recommencer à négocier avec les Israéliens sans exiger de conditions préalables afin de trouver une solution pacifique au conflit.

Le bureau du ministre a refusé de commenter le processus de rédaction du discours de l'ONU. «L'allocution qu'il a prononcée était conforme à la politique étrangère du Canada», s'est contenté de déclarer le porte-parole Joseph Lavoie.
48 commentaires
  • Pierre Sabourin - Inscrit 20 février 2012 01 h 03

    Logique par dessus dieux, parce que dans l'hypothèse de celui si, il serait soumis aux loi de la grammaire.

    Quand ils ce chicanais pour des questions religieuses, je disais: pourquoi est-ce que vous essayez de détruire quelque choses que vous voulez protéger. En autre mot, l'étique propre a vos religions devrais vous rendre sage et de vous battre comme des enfants détruit justement la fierté que l'on retrouve dans les morales de vos religions.

    Maintenant que c'est rendu une chicanes sur le pétrole, l'argument reste le même. Si vous vous chicané pour le pétrole pour faire de l'argent, pourquoi est-ce vous essayez de détruire quelque chose que vous voulez protéger, en autre mot, si vous tombez en chicannes perpetuelles, a qui estce que vous allez vendre votre petrole si vous tombez en guerre? L'Iran devrais calmer sont jeux si elle veut continuer a faire de l'argent. Israel devrais aussi calmer sont jeux et mettre de l'eau dans son vin diplomatique.

    Ce n'est pas parceque ca fait des générations que le conflt perdure qu'il ne peut être arrêter. Il est temps que notre générations en finnisse avec les vielles chicanes qui nont plus leurs place en 2012 et qu'on apprennent a grandire ensemble et a s'entraider.

  • arabe - Inscrit 20 février 2012 01 h 21

    De l'acharnement journalistique.

    Le propre est différent du brouillon et le journaliste prend cela pour une révélation. Pourquoi? Mais voyons: parce que le propre ne penchait pas du "bon"bord tel que défini par les activistes médiatiques.

  • arabe - Inscrit 20 février 2012 01 h 28

    Trois fois "état hébreu" dans l'article. Mais 0 fois "état juif"

    Pourtant Israel est avant tout un état juif: c'est d'aileurs son essence. Cela en dit déjà pas mal long sur la partisanerie du journaliste qui a écrit cet article.

    D'ailleurs, le passage retiré contenait le mot "Cisjordanie" (nom de la région pendant 19 ans seulement) plutôt que "Judée-Samarie", qui est le nom de cette région depuis 2 500 ans. Baird a bien fait de retirer ce passage tendancieux.

  • papa - Inscrit 20 février 2012 04 h 53

    ECOEURANT

    Etroitesse d'esprit et malhonneteté caractérisées. en plus, par la photo des deux bonzes ministeriels.

    Signé Emmanuel

  • Shungu Tundanonga - Inscrit 20 février 2012 05 h 57

    Comme si le Canada était un Etat souverain!?

    Les Canadiens et le Canada sont vraiment bizarres. Elisabeth II est le Chef de l'Etat et les canadiens sont de sujets de la courronne britannique: pourquoi ne pas supprimer le ministère des affaires étrangères: Washington et Londres le feraient, le font mieux. Hillary Clinton peut parler pour le gouvernement caadien, que le monde ne le remarquerait pas, alors...! Un ministère regalien, qui manque de "nègres" pour rediger de discours de son patron! Pourquoi demander de prouesses intellectuelles à Baird, alors que le Canada n'a pas de politique étrangère n'étant pas un Etat souverain, Londres et Washington la faisant pour le Canada?