Des bureaucrates voyagent à grands frais - Des hauts fonctionnaires de Stephen Harper ont coûté cher aux contribuables

Ottawa — Les voyages par avion des hauts fonctionnaires du Conseil privé ont coûté cher aux contribuables canadiens, l'an dernier, alors que le gouvernement Harper tente de réduire ses dépenses.

Les rapports des frais de voyage indique, par exemple, que le vol d'une secrétaire-adjointe, Rennie Marcoux, pour assister pendant une semaine à une conférence a coûté la bagatelle de 6855 $. Autre exemple, il a fallu dépenser 6625 $ pour payer le vol du greffier du Conseil privé, Wayne Wouters, afin qu'il assistait à une conférence sur la fonction publique à Londres.

Autre cas: William Pentney, sous-secrétaire du Cabinet, a payé 3566 $ pour se rendre à un sommet international, à Londres, en juin 2011.

Les hauts fonctionnaires sont également prêts à débourser des sommes importantes pour se rendre à Paris, autre destination populaire où la concurrence entre compagnies aériennes est pourtant grande.

Yvan Roy, un conseiller juridique de M. Wouters, s'est rendu dans la capitale française en octobre 2011. Coût du transport aérien: 4607 $. Le rapport des dépenses n'offre aucune explication pour ce voyage, mais un porte-parole a assuré qu'il s'agissait d'une conférence parrainée par le gouvernement français.

Un autre secrétaire-adjoint du Cabinet, Joseph Wild, a assisté à une conférence de l'OCDE à Paris pour la somme de 4367 $.

Il est difficile de comparer les coûts, puisque certains vols de hauts fonctionnaires se font en plusieurs étapes. Ainsi de Ward Elcock, un conseiller du premier ministre Stephen Harper, dont le voyage comprenant quatre escales en Australie, a coûté en billets d'avion 15 278 $. Ainsi du conseiller en sécurité nationale, Steve Rigby, dont les visites à Singapour, à Munich et à Londres ont respectivement coûté 10 719 et 6733 $ en billets d'avion au Trésor public.

Limiter les dépenses

Selon un mémo du gouvernement publié en septembre, et qui, ironiquement, porte la signature de M. Wouters, on s'attend «des organisations [gouvernementales] qu'elles limitent les dépenses dans ces secteurs, en uniformité avec les mesures budgétaires de 2010 et de 2011».

On pouvait également lire dans ce mémo que le gouvernement avait pris des mesures pour réduire les dépenses associés aux voyages et en avait donné la responsabilité aux sous-ministres.

Selon un porte-parole du Conseil privé, Raymond Rivet, les vols ont été réservés en respectant les règles gouvernementales en vigueur et en achetant des billets auprès de compagnies aériennes approuvées. Il a ajouté que, pour certains vols effectués au Canada, les fonctionnaires utilisent la classe économique.

Les rapports de dépenses n'indiquent pas les catégories de vol. Un vol en classe économique entre Ottawa et Londres, réservé à trois mois d'avance, coûte environ 1200 $, celui en classe affaires est environ quatre fois supérieur.

Les coûts totaux, comprenant les vols, les repas et le logement, des voyages de membres du Conseil privé se sont élevés à 2,6 millions $ en 2010-2011, une réduction de 600 000 $ par rapport à l'exercice financier précédent. Au cours des 10 premiers mois du présent exercice, ces coûts n'ont pas dépassé 1,7 million $, a ajouté M. Rivet.
10 commentaires
  • François Gagnon - Inscrit 13 février 2012 06 h 25

    Comment font-ils - Un des trucs:

    Il est de culture générale au fédéral pour les fonctionnaires (et ce du plus petit au plus important) d'intentionnellement planifier des parcours via de longue escale du genre Toronto pour faire en sorte que le temps total du voyage dépasse huit heures, je crois. Par exemple, bien qu'Air Canada fasse Ottawa - Londres en direct en moins de 8 heures, ils prennent l'itinéraire Ottawa - Toronto - Londres qui est de plus de huit heures, et hop le grand luxe à nous aux frais du contribuable.

    Eh oui, dans ce cas ils ont droit aux classes affaires ou première qui naturellement commande des prix de billets plutôt onéreux qu'un entrepreneur responsable ne se permettrait pas et ce même sur des destinations de plus de huit heures.

  • glanglais - Inscrit 13 février 2012 07 h 13

    Que voulez-vous!

    Bonjour,

    Dans un pays aussi riche que le Canada, on a besoin de gros cerveaux et il faut les protéger et rendre leur confort au maximum. Que voulez-vous, ils n'existent pas pare que l'on est là. Ce sont eux qui nous permettent d'exister, ça se paye.

    Gaston Langlais - Gaspé.

  • Jean-Claude Archetto - Inscrit 13 février 2012 08 h 09

    @glanglais

    Dans un pays aussi riche que le Canada, on a besoin de gros cerveaux
    *******
    C'est vrai d'autant plus qu'avec l'actualité des dernières semaines, force est de constater que le gouvernement Harper est en pénurie. C'est donc normal qu'il se rabatte sur les "bolles" de la fonction publique!

    De toute façon tout le monde sait bien que les coupures gouvernementales et les mesures d'austérité , ça s'adresse à la plèbe, pas aux potiches lieutenants gouverneurs , ni aux sénateurs, ministres et députés , non plus aux grands mandarins de l'état , bande de communissses!

  • Maxdevoir - Inscrit 13 février 2012 09 h 23

    Harperisme

    Mais oui, bien sûr que ça NOUS coûte cher " Le Facteur Armageddon" !

    Donc, pour aller au-delà de ce qu'on entend et de ce qu'on voit des péripéties bureaucratiques et politiques "harperienne", comprendre ce qui se passe sur le vaste mouvement de sophistication de la prédation et de la mise en esclavage globalisée et alambiquée des États et des peuples...

    - "Le facteur Armageddon"
    http://kiosquemedias.wordpress.com/2011/10/10/le-f

    - Dictionnaire critique de la globalisation
    http://www.ecosociete.org/t115.php

  • Maxdevoir - Inscrit 13 février 2012 10 h 40

    Bureaucratie

    Et c'est sans compter d'autres extras - des "génies-conseils"- dont Harper sait s'entourer et qui ne semblent pas être des employés rémunérés à salaire, mais bien des consultants externes qui voyagent à nos frais et dont les tarifs "horaires" de consultant nous coûtent assurément la peau des fesses...

    En voici un exemple. En matière de "génie-conseil", le conseiller principal en politique au Ministère des affaires extérieures et Commerce international Canada est Monsieur Yves Gagnon, ex ambassadeur du Canada (de 1995 à 2007) au Vénézuela