Congrès bisannuel du Parti libéral du Canada - Bob Rae appelle à l'unité des troupes

«Une organisation ne peut pas survivre aux guerres intestines», a lancé Bob Rae hier.<br />
Photo: Agence Reuters Patrick Doyle «Une organisation ne peut pas survivre aux guerres intestines», a lancé Bob Rae hier.

Ottawa — Le chef libéral par intérim, Bob Rae, a donné le ton du congrès bisannuel du PLC qui s'ouvre aujourd'hui à Ottawa en appelant les troupes à cesser de voir leur formation comme un «club privé». Il a appelé les organisateurs à mettre un terme aux «vendettas personnelles» et à travailler ensemble pour gagner l'élection de 2015.

«Il n'y a pas de place pour les conflits de personnalités dans ce parti. Une organisation ne peut pas survivre aux guerres intestines», a-t-il lancé sur le ton de la remontrance aux présidents d'associations de circonscription libérales réunis hier.

M. Rae a raconté que des gens l'approchaient pour lui demander qui était le candidat de l'establishment dans la course à la présidence du PLC, course à laquelle se présente l'ex-ministre Sheila Copps et quatre autres personnes. «Il n'y en a pas. C'est une course qui est ouverte, répond-il. Je fais tout pour implanter cette culture où ce n'est pas important de savoir qui vous avez appuyé en 2004, 2006, ou de quel côté vous étiez lors du congrès de 1948, 1957 ou 1968. Ce qui est important, c'est notre capacité à travailler ensemble et de se respecter.»

Il s'agit certes d'une allusion aux luttes ayant opposé les clans de Jean Chrétien et de Paul Martin, mais celles-ci ont contaminé les dynamiques locales, a déploré Bob Rae.

«Des gens viennent me dire qu'ils tentent d'obtenir une carte de membre, mais que l'association de circonscription ne le leur permet pas. Voulez-vous bien me dire à quoi ça rime? D'autres me disent qu'ils se sont offerts pour être bénévoles et qu'on leur a répondu que leurs services n'étaient pas requis. C'est une blague ou quoi? On doit changer ces habitudes qui sont les nôtres», s'est enflammé Bob Rae.

«On ne peut pas avoir de petits fiefs. [...] Une association de circonscription n'est pas un club privé. Le Parti libéral n'est pas un club privé. Ce n'est même pas une famille: vous savez comment il peut parfois être difficile d'intégrer une famille. C'est un mouvement.»

En point de presse, M. Rae a dit que ce changement de culture s'était amorcé dès 2006 parce que les candidats principaux à la chefferie, Michael Ignatieff, Stéphane Dion et lui-même, sont restés en bons termes.

Le terrain

À peine une centaine de personnes se trouvaient dans la salle lors de l'allocution de M. Rae, alors qu'il existe 308 circonscriptions au pays et autant de présidents en théorie. Cinq associations libérales ont été dissoutes récemment par Élections Canada parce qu'il n'y avait plus d'organisation pour soumettre les rapports requis. M. Rae a noté qu'à peine 127 circonscriptions peuvent se vanter de compter 100 membres libéraux ou plus. «Le travail sur le terrain est également important et je dois dire que ça reste un point faible du parti à ce moment.»

Le congrès bisannuel du PLC se terminera dimanche. Les militants devront approuver des changements à la constitution du parti, se choisir un président et voter des politiques. Ils débattront notamment de l'abandon de la monarchie et de l'introduction du vote préférentiel aux élections fédérales.
8 commentaires
  • Gamil Sadek - Inscrit 13 janvier 2012 05 h 56

    Utilitaire

    Il serait peut-être utile de repenser l'attitude générale vis à vis les Libéraux. Nous vivons actuelllement ll'alternative, et ce n'est pas beau. Le Canada perd son âme.

  • François Dugal - Inscrit 13 janvier 2012 08 h 38

    L'âme?

    «Le Canada perd son âme» dit monsieur Gamil Sadek? L'Alberta fait partie du Canada: bienvenue au Harperland. Permettez-moi de vous rappeler que le gouvernement Harper a été démocratiquement élu.

  • Gabriel RACLE - Inscrit 13 janvier 2012 08 h 46

    L’union fait la force

    À lui tout seul, le parti libéral du Canada ne peut défaire le parti de Harper aux prochaines élections. Il est beaucoup trop affaibli. À lui tout seul, le NPD ne pourra mettre à terre le parti conservateur lors des prochaines élections.
    Étant donné le mode de scrutin actuel, l’opposition doit former une coalition à la manière de celle qui gouverne le Royaume-Uni ou l’Allemagne en ce moment.
    Si ces deux partis veulent jouer seuls, et si la fusion souhaitable entre ces deux partis pour former un PLD, un Parti libéral démocratique ou un PDL, parti démocratique libéral est impossible pour des questions de susceptibilité mal placées, d’ego proéminant, en oubliant qu’ils n’ont qu’un adversaire commun, une coalition est la seule façon de se débarrasser du PCC.

  • Gamil Sadek - Inscrit 13 janvier 2012 09 h 32

    Démocratiquement élu?

    Vous plaisantez M. Dugal ou quoi? Référez-vous au vote populaire, c'est lui qui représente la voix réelle du peuple.

  • Gamil Sadek - Inscrit 13 janvier 2012 09 h 33

    Libéral NPD ?

    Tout à fait d'accord. Mais quee fera M. Mulcair?