Brian Topp poursuit ses attaques contre Thomas Mulcair

Brian Topp s’en prend à nouveau à son principal adversaire pour la direction du NPD.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Brian Topp s’en prend à nouveau à son principal adversaire pour la direction du NPD.

Ottawa — C'est faire erreur que de croire que le NPD doit se recentrer sur l'échiquier politique pour consolider ses gains des dernières élections et en faire de nouveaux, croit le candidat à la chefferie Brian Topp. S'en prenant à l'un de ses principaux rivaux dans la course, l'ex-stratège néodémocrate rejette la position jugée centralisatrice de Thomas Mulcair, plaidant que ce n'est «pas la formule pour gagner».

«Il y a déjà un Parti libéral», a souligné M. Topp en entrevue avec Le Devoir hier. Et selon lui, à en juger les résultats des dernières élections, ni les Québécois ni les Canadiens du reste du pays ne veulent d'un gouvernement libéral fédéral.

Qui plus est, les néodémocrates ont décroché le pouvoir dans quelques provinces au fil de l'histoire, et ce, en restant fidèles aux valeurs du parti, a argué ce candidat de tête de course. «Nous n'avons pas besoin de devenir des libéraux. Il faut — et nous pouvons — gagner un mandat en restant le NPD, en restant des sociaux-démocrates.»

Brian Topp a ainsi renchéri ses propos tenus en entrevue avec le Globe and Mail à la veille du Jour de l'an. Il y avait décoché une flèche à l'endroit de Thomas Mulcair, en déplorant que le chef adjoint du parti et député d'Outremont fasse fausse route en voulant «déplacer le parti vers le centre, ce qui est tout à fait cohérent avec son passé et son expérience».

En tant qu'ex-libéral au provincial, M. Mulcair «propose une approche à notre parti qui est cohérente avec ses propres racines», a relancé Brian Topp hier, en entrevue téléphonique depuis Montréal. «Pour moi, il s'agit d'offrir une alternative qui est vraiment sociale-démocrate, et non pas une alternative qui laisser aller ces valeurs et ces principes et qui adopte ceux d'autres partis», a-t-il avancé.

La campagne monotone, voguant dans la parfaite harmonie quant aux idées proposées, que menaient jusqu'ici les huit candidats semble donc changer de ton, avec ces sorties récentes de l'ancien bras droit de Jack Layton et de l'ex-premier ministre saskatchewanais Roy Romanow. Et à entendre le candidat à la succession de M. Layton, il ne s'adoucira pas.

«On ne peut pas avoir une course au leadership qui est plate. Si on veut une course au leadership intéressante, on a besoin d'avoir des débats entre les candidats», a-t-il insisté. S'il avait fait sourciller lors du premier débat en décembre, lorsqu'il a demandé à l'Ottavien Paul Dewar de chiffrer ses promesses, M. Topp n'a pas pour autant l'intention de reculer. À l'occasion de la prochaine joute oratoire, à Québec à la mi-février, il risque fort de maintenir la pression contre ses adversaires. «Il y a de vraies questions qui sont devant nous et dont nous devrions discuter», prévient-il.

M. Topp terminait une tournée à Montréal hier, après y avoir passé la fin de la période des Fêtes. Ce natif de Longueuil insiste sur le fait que le Québec est au coeur de l'avenir de son parti, qui compte désormais les deux tiers de ses députés dans la province.

Même si la popularité du NPD accuse une baisse dans les sondages depuis quelque temps, M. Topp ne perd pas espoir, car selon lui, il faut «absolument obtenir notre gain au Québec, autrement [le NPD] a peu de chances d'obtenir un mandat gouvernemental».

Les néodémocrates se choisiront un nouveau chef le 24 mars, à Toronto, parmi les candidats Brian Topp, Thomas Mulcair, Romeo Saganash, Peggy Nash, Paul Dewar, Niki Ashton, Nathan Cullen et Martin Singh.
8 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 5 janvier 2012 05 h 43

    Parlant de ce que veut l'électorat canadien

    Thomas Mulcair pourrait répliquer à Bran Topp que pour parler et pour bien analyser le sentiment et les attentes des électeurs canadiens, il n'y a rien comme un individu qui a fait campagne à quelques reprises, qui connaît de l'intérieur la joute électorale et surtout qui a été choisi par une majorité d'élcteurs pour les représenter à la Chambre des communes.

  • Catherine Paquet - Abonnée 5 janvier 2012 05 h 53

    Pour faire réfléchir Brian Topp

    On devrait lui rappelr qui si le NPD a réussi, au Québec, avec des candidats comme Mulcair et Saganash, à convaincre une majorité de Québécois à voter pour eux, alors que le NPD n'avait jamais été très populaire au Québec, un Chef comme Mulcair pourrait tout aussi bien convaincre les autres Canadiens, et surtout les Ontariens qui ont déjà élu un gouvernement NPD, de mettre le NPD au pouvoir à Ottawa.

  • Denis-Émile Giasson - Abonné 5 janvier 2012 09 h 20

    Topp et l'histoire politique du Québec.

    Qui est ce québécois de souche qui ignore l'histoire politique du Québec?

    Le PLQ n'a pas toujours été le parti «conservateur» rouge qu'il est devenu depuis son envahissement par les conservateurs de Brian en quête d'un lieu où exercer le pouvoir après leur déchéance à Ottawa. Il fut le parti du vote des femmes, de la création d'Hydro Québec, de la lutte contre la corruption bleue, de la révolution tranquille.

    Le départ de René Lévesque vers la création du PQ a vu la frange social-démocrate changer de camp puis quitter le PQ vers Québec solidaire lors de la prise du pouvoir au PQ par une autre frange des conservateurs.

    Mulcair est-il plus l'héritier des socio-démocrates rouges que des conservateurs plus progressistes, poser la question s'impose et la réponse passe par un bilan de son action ministérielle.

    Le criage de noms et les procès d'intentionsont-elles leur place dans un lutte sérieuse à la chefferie NPD qui se targue de faire la politique de façon différente?. Brian Topp fait fausse route en empruntant cette voie.

  • jobine - Inscrite 5 janvier 2012 09 h 36

    Brian Topp poursuit ces attaques contre Thomas Mulcair

    Non je ne veut plus du partis libéral ils sont rop Mesquins et Hyppocrites

  • - Inscrit 5 janvier 2012 10 h 53

    Pour réfléchir tout court...

    Je doute fort que ce soit Mulcair qui ait convaincu les Québécois de voter pour le NPD aux dernières élections fédérales mais je pense que c'est plutôt le style du chef, feu M. Layton. Or M. Mulcair a un style très différent de celui de son ancien chef, beaucoup plus « traditionnel » et très proche du style des libéraux et des conservateurs. Si le NPD veut continuer dans la lignée Layton, Mulcair n'est pas l'homme de la situation. Il est par contre très à l'aise avec le style agressif des conservateurs, étant lui-même très agressif et il parle souvent avant de penser, faisant des déclarations démagogiques, que son ancien chef devait par la suite mitiger.

    Donc, il me semble que si les membres du NPD veulent un chef dans le style « Layton », Mulcair n'est pas l'homme de la situation mais, d'autre part, s'ils veulent un chef dont la qualité principale est de faire face à l'arrogance des conservateurs, alors Mulcair fera l'affaire. Les électeurs jugeront de leur choix aux prochaines élections...