Primes d'assurance-emploi - Les conservateurs font fausse route, affirme le chef libéral Bob Rae

Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae, a dressé hier le bilan annuel de son parti.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae, a dressé hier le bilan annuel de son parti.

Le gouvernement conservateur fait erreur en haussant les primes d'assurance-emploi en 2012, juge le chef intérimaire du Parti libéral du Canada Bob Rae.

À partir du 1er janvier, les primes d'assurance-emploi de tous les travailleurs canadiens augmenteront de cinq cents par tranche de 100 $ de revenu imposable, pour atteindre 1,83 $. Il s'agit de la même hausse qu'en 2011, alors qu'en 2009 et 2010, un gel avait été imposé par Ottawa.

C'est un bien mauvais moment pour augmenter le taux de cotisation à l'assurance-emploi, croit Bob Rae, alors que l'économie et l'emploi sont fragiles. «Ce n'est pas le temps de hausser les primes d'assurances-emploi, parce que c'est exactement ce qui va stopper les employeurs de créer des emplois et ça va prendre l'argent dans les poches de ceux qui ont les plus faibles revenus», a dit hier M. Rae, en conférence de presse à Toronto pour dresser son bilan de l'année.

Selon lui, il aurait plutôt fallu une taxe progressive pour renflouer les coffres.

M. Rae est aussi revenu sur la question des baisses d'impôt aux grandes entreprises. «Le déficit est en croissance d'abord parce que [les conservateurs] dépensent de l'argent là il ne devraient pas et deuxièmement parce qu'ils baissent les impôts aux entreprises quand ce n'est absolument pas nécessaire pour maintenir une économie compétitive», a déclaré le chef libéral.

Le gouvernement fédéral a abaissé le taux d'imposition aux entreprises de 1,5 % en 2011 et une autre tranche de 1,5 % sera retranchée en 2012 pour atteindre un taux de 15 %.

Cette semaine, le porte-parole du ministre des Finances Jim Flaherty a souligné que le fardeau fiscal des contribuables est actuellement à son plus bas niveau depuis 50 ans. Il a aussi rappelé que la hausse devait au départ être de dix cents par tranche de 100 $, mais que le gouvernement a choisi de la réduire de moitié pour cette année afin de «protéger l'économie et les emplois». Elle sera toutefois de dix cents en 2013.

La Fédération canadienne des contribuables dénonçait tout de même la hausse de cinq cents cette semaine.

Le chef libéral estime que le parti remonte la pente, après des élections l'ayant relégué au titre de deuxième opposition. «Il y a déjà des signes qu'on reprend notre élan [...] et les résultats aux sondages sont plus positifs qu'ils ne l'ont été depuis un moment.»

Si des analystes prévoient que Bob Rae sera de la course à la chefferie en 2013, il ne s'est pas aventuré sur ce terrain. «Je continuerai d'être le chef du parti jusqu'à ce qu'un nouveau chef soit choisi», a-t-il simplement affirmé.

Pour que M. Rae puisse participer à la course, le comité exécutif libéral devrait changer les règles concernant l'intérim.
8 commentaires
  • Sator - Inscrit 31 décembre 2011 08 h 47

    y peut ben crier

    c est son parti qui a pige des milliards dans l assurance emploie et qui a instituer le nouveau regime qui coute plus cher et qui en donne moins
    alors les libéraux peuvent aller se rhabiller surtout bob

  • Roland Berger - Inscrit 31 décembre 2011 09 h 49

    De Paul Martin à Jim Flaherty

    Sous la gouverne du libéral Jean Chrétien, Paul Martin, alors ministre des finances, a éliminé la dette du Canada en pigeant dans la caisse de l'assurance-emploi, ce qui lui a valu la sympathie de la haute finance. Sous la gouverne de Stephen Harper, Jim Flaherty lutte contre le déficit en augmentant la contribution des travailleurs à la caisse de l'assurance-emploi. Imitera-t-il Paul Martin une fois la caisse regarnie ? Poser la question, c'est y répondre.
    Roland Berger

  • Jeannot Vachon - Inscrit 31 décembre 2011 10 h 11

    Hausse des primes d'assurance-emploi : quel scandale?


    Bob Rae, chef du parti Libéral, devrait ménager ses chemises plutôt que de les déchirer pour des niaiseries. La hausse des primes d'assurance-emploi de 5 cents du 100$, en ignorant l’inflation, sera de 22$ brut pour celui qui gagne 45,000$. Pas de quoi étouffer l’économie. À titre de comparaison, la hausse de la TVQ aura un impact 20 fois plus élevé sur une dépense taxable de 100$.

    C’est plutôt sur la conception de ce régime que M. Rae pourrait plancher. Un régime faussement appelé assurance qui sert principalement à subventionner les emplois saisonniers. Pourquoi ce sont les travailleurs à temps plein qui paient pour la moitié du revenu des travailleurs saisonniers? À qui ça profite que les pêcheurs ne fassent rien l’hiver pour rester disponibles pour cette industrie l’été? De même pour le milieu du tourisme?

    Et au 1ier janvier, l’impôt sur le profit des entreprises est coupé de 1.5% ce qui représente plusieurs milliards. Si le Parti Libéral veut revenir dans la faveur des électeurs, il devra démontrer plus que le petit jeu de critiquer la moindre peccadille pour capitaliser sur leurs frustrations.

  • Denis Poitras - Inscrit 31 décembre 2011 11 h 03

    primes d'assurance-emploi

    Je veux bien que les libéraux fassent la morale, mais s'ils n'avaient pas vidé la caisse au pouvoir, peut-être les conservateurs ne devraient-ils pas augmenter. Ils ont vidé la caisse et pelleté les problèmes aux provinces qui les ont pelleté à leur tour aux municipalités, etc. C'est ce que les conservateurs semblent s'apprêter à faire à leur tour.

    Je vois que je ne pas seul à dire Je me souviens.

  • Marc Hébert - Inscrit 31 décembre 2011 13 h 05

    Mémoire courte!!!

    Les partis Libéraux et Conservateurs manquent tous deux de crédibilité dans leurs rôles de défenseurs des travailleurs, ayant tour à tour saborder le régime d'Assurance Emploi pour en faire la blague qu'il est devenu aujourd'hui.Les libéraux ont illégalement détournés les cotisations des travailleurs pour enrayer la dette du canada et les conservateurs ont éliminés la cotisation de l'État au régime.Pas surprenant qu'aujourd'hui la caisse manque d'argent.