Santé - Agent orange: Ottawa fustigé par l'ombudsman des anciens combattants

Ottawa — L'ombudsman des anciens combattants s'est porté à la défense, hier, des familles d'anciens soldats qui avaient été affectés par l'épandage d'agent orange et de celles privées d'un montant forfaitaire de 250 000 $ en cas de décès.

Guy Parent a qualifié de «scandaleux» le traitement des personnes admissibles à des paiements en vertu du programme fédéral, qui vise à dédommager les soldats exposés au défoliant au cours des années 1960.

S'exprimant par voie de communiqué, M. Parent stipule qu'Anciens Combattants Canada refuse des demandes de dispensateurs de soins en raison d'une interprétation très étroite du décret relativement à la définition de divers termes en lien avec les soins offerts à domicile aux vétérans.

Depuis le début du mois dernier, le bureau de l'ombudsman a été inondé de plaintes, notamment en provenance de veuves et de veufs dont les versements posthumes ont tout simplement cessé, et ce, même s'ils ont passé leur vie à prendre soin de l'être aimé.

Dans un cas, une veuve a perdu ses prestations parce que son mari était mort dans un centre de soins de longue durée et que le couple marié depuis 50 ans ne vivait pas techniquement ensemble.

Selon M. Parent, «les définitions utilisées par le ministère ne résisteraient pas à un examen minutieux du public ou du milieu judiciaire».

«C'est tout à fait scandaleux!», s'est-il exclamé.

Le ministère a refusé un certain nombre de demandes en arguant qu'elles avaient été reçues trop tardivement, une situation que M. Parent estime injuste. Il demande d'ailleurs aux responsables de relâcher quelque peu les normes pour les familles.

Le gouvernement fédéral avait originalement mis 96 millions de côté pour dédommager les victimes du programme d'épandage, qui a lieu dans une base militaire du Nouveau-Brunswick en 1966 et 1967.

Les remontrances ont surpris le ministère. Une porte-parole du ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, a souligné qu'Ottawa avait repoussé la date limite pour le diagnostic médical et avait relâché les critères d'admission afin d'améliorer l'accessibilité au programme.

«Nous avons été au-delà de notre promesse initiale en allouant des fonds supplémentaires pour le programme, afin de nous assurer que les personnes admissibles à des paiements puissent en recevoir», a expliqué Codi Taylor par courriel.

Le programme fédéral va prendre fin le 31 décembre et Mme Taylor précise que le ministre examinera les dossiers pour s'assurer que des décisions justes et équilibrées soient prises.

M. Parent a également dénoncé, lors d'une entrevue de fin d'année avec La Presse canadienne, la restriction gouvernementale qui restreint l'octroi d'un paiement de 250 000 $ en cas de décès aux seules familles de soldats mariés.

Les familles d'une poignée de soldats célibataires ont déposé des plaintes contre la politique sur le plan des droits de la personne.

M. Parent n'a pas expliqué qu'il s'agissait d'une pratique discriminatoire, mais a suggéré que les familles pourraient intenter un recours collectif afin d'obtenir satisfaction.

Le ministère a toujours argué que ce nouveau paiement était destiné aux veufs et veuves d'un soldat marié pour se réhabituer à la vie civile. Des responsables ont déclaré que les soldats célibataires voulant laisser un montant à leurs héritiers pouvaient toujours acheter de l'assurance vie supplémentaire.