Les conservateurs critiquent Daniel Paillé après l'avoir encensé

Daniel Paillé avait été défait dans la circonscription de Hochelaga aux élections du 2 mai dernier.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Daniel Paillé avait été défait dans la circonscription de Hochelaga aux élections du 2 mai dernier.

Ottawa — Les conservateurs n'ont pas perdu de temps pour s'en prendre au nouveau chef bloquiste, Daniel Paillé. Or ils avaient ardemment défendu ce nouvel ennemi politique à l'époque où il était leur allié, il y a quatre ans.

Le Bloc québécois venait à peine d'élire son nouveau chef, dimanche, qu'à peine 24 heures plus tard les conservateurs le critiquaient déjà, aux Communes. Le député Jacques Gourde a aussitôt déploré lundi les propos tenus par Daniel Paillé au moment d'accepter la direction du Bloc. Le nouveau chef avait dénoncé l'abolition du registre des armes d'épaule, affirmant qu'il serait désormais aussi facile de se procurer une arme que d'ouvrir un compte Facebook.

«Ce n'est plus une nouvelle fraîche: le Bloc québécois est dépassé et les Québécois se sont rendu compte de son inutilité à Ottawa. La preuve: la première déclaration publique de Daniel Paillé est mensongère», a dit le conservateur.

Pourtant, en 2007, ses collègues du Sénat avaient sans relâche défendu ce même Daniel Paillé après qu'il eut décroché un contrat pour le gouvernement de Stephen Harper. En avril, le ministre des Travaux publics et sénateur Michael Fortier lui avait confié le mandat d'étudier l'attribution de contrats de sondage entre 1990 et 2003 (soit surtout sous les gouvernements libéraux, espérant ainsi mettre dans l'embarras leurs rivaux).

Allégeance patriotique

Les libéraux avaient vivement dénoncé cette nomination, remettant en question que le gouvernement permette à un souverainiste de consulter des documents du fédéral. La sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette avait quant à elle mis en doute l'objectivité de M. Paillé en tant qu'indépendantiste. «Les gens ont évolué.

M. Paillé est venu ici, au Parlement du Canada, faire une annonce avec moi alors qu'il y avait des drapeaux du Canada derrière moi», avait répliqué Michael Fortier en insinuant que l'allégeance patriotique de l'ex-ministre péquiste était réglée.

Au moment d'annoncer la nomination, M. Fortier, tout comme la leader du gouvernement au Sénat, Marjory LeBreton, avait plutôt vanté son expérience professionnelle. «Ce qui m'importait, c'est qu'on trouve quelqu'un qui avait un profil professionnel adapté à la situation. On a quelqu'un ici qui est un académique, qui enseigne l'éthique à HEC, qui a été dans le domaine des affaires, qui a été dans un gouvernement et donc qui comprend la question des sondages», avait affirmé le ministre.

Si les conservateurs applaudissaient à ses compétences en 2007, M. Paillé a noté qu'il les affichait toujours à son curriculum vitae. «Ils avaient à cette époque-là reconnu ma compétence. Et je suis toujours aussi compétent aujourd'hui que je l'étais il y a quatre ans», a-t-il dit hier, sourire en coin.
2 commentaires
  • Mimi37 - Inscrit 14 décembre 2011 06 h 53

    Pourquoi pas ?

    Pourquoi le gouvernement ne pourrait pas 'critiquer' Paillé ? Il est tout de même Dieu incarné !

    Si LUI peut critiquer n'importe quoi pour n'importe quelle raison, pourquoi il pourrait pas être critiqué lui-même ?

    Selon Le Devoir, monsieur Paillé est-il SIIIIIIIIIIIII parfait que personne ne devrait dire quoique ce soit sur ce monsieur si ce n'est qu'il est "beau, intelligent et absolument parfais dans tout" ...

    Aaaaaaaaaah! Maudite partisannerie quand tu nous tiens!

    Ce serait tellement bon d'avoir enfin des médais dont les journalistes seraient OBJECTIFS plutôt que de toujours tomber dans le populisme.

  • Michele Sheaff - Inscrit 14 décembre 2011 10 h 05

    C'est le volte-face, le problème

    Les conservateurs peuvent critiquer Paillé tant qu'ils veulent; là n'est pas la question. Le problème, c'est qu'ils font volte-face. La presse a raison de le noter, c'est tout à fait objectif de citer un fait, et les gens ont le droit de le savoir. Les conservateurs ont toujours été machiavelique au lieu d'éthique. Ils vont nominer un souverainiste pour donner du trouble aux libéraux un jour, et attaquer le même souverainiste le lendemain.