Assermentation de deux députés fédéraux - Jobin et Barrette ont hâte que Martin arrive

Ottawa — Les deux nouveaux députés libéraux fédéraux du Québec ont beau se dire «fidèles» au premier ministre Jean Chrétien, ils ne cachent pas avoir hâte que son successeur le plus probable, Paul Martin, prenne sa place.

Christian Jobin (Lévis-Chutes-de-la-Chaudière) et Gilbert Barrette (Témiscamingue) ont été élus lors d'élections partielles en juin. Ils remplacent Antoine Dubé et Pierre Brien, deux anciens députés bloquistes qui ont tenté leur chance à l'élection québécoise d'avril dernier, mais qui ont perdu leurs paris.

Les deux nouveaux élus, qui ont été assermentés hier à Ottawa en présence du ministre de la Justice, Martin Cauchon, n'ont pas tardé à placer leurs pions sur l'échiquier fédéral. Interrogés sur la drôle de situation qui découlera du congrès au leadership de novembre, au cours duquel M. Martin sera vraisemblablement choisi chef du Parti libéral du Canada sans devenir immédiatement premier ministre, MM. Jobin et Barrette n'ont pas pu s'empêcher de mettre de la pression sur M. Chrétien. «Idéalement, oui, [M. Chrétien devrait quitter le pouvoir rapidement après le congrès], mais c'est à lui de décider», a commenté Christian Jobin, en rappelant que le premier ministre était traditionnellement le chef du parti qui est majoritaire aux Communes.

«Il doit certainement commencer à y réfléchir, a ajouté le député. [...] Mais il a tellement travaillé pour le Canada qu'il faut lui laisser le temps de décider.»

Gilbert Barrette a quant à lui reconnu que la coexistence d'un premier ministre et d'un chef du PLC allait «être un défi supplémentaire pour M. Chrétien».

«Mais je fais confiance aux gens en place», a-t-il précisé sur un ton prudent. Il y a un an, Jean Chrétien annonçait qu'il allait quitter son poste en février 2004 — une date qui n'a toujours pas changé officiellement même si les rumeurs d'un départ plus hâtif vont bon train.

Les deux nouveaux députés s'entendent pour dire que leur élection au sein du parti au pouvoir aidera à faire avancer les dossiers de leurs comtés. Des députés bloquistes représentaient les deux circonscriptions depuis 1993.

«Quand on est du bon bord, les chances que nos projets se réalisent sont plus grandes, ou à tout le moins on a plus de chances d'être entendus», a souligné Gilbert Barrette. MM. Jobin et Barrette souhaiteraient par ailleurs que le Québec signe un jour la Constitution canadienne de 1982, mais à l'instar de leurs électeurs, disent-ils, ils n'en font pas une priorité. Les Québécois ne souffrent pas de «conséquences concrètes» de cette situation, a estimé M. Jobin.

Les libéraux détiennent désormais 37 des 75 sièges aux Communes, contre 34 pour le Bloc québécois et un pour les conservateurs. Deux anciens bloquistes et un ex-libéral siègent comme indépendants.