«Kyoto appartient au passé», dit Peter Kent

Ottawa — Si le ministre de l’Environnement Peter Kent refuse de confirmer que son gouvernement enterre bel et bien le protocole de Kyoto, il a néanmoins envoyé de nombreux signaux allant dans ce sens.

Ottawa — Le ministre de l’Environnement Peter Kent refuse de confirmer que son gouvernement enterrera bel et bien officiellement le Protocole de Kyoto avant les Fêtes, mais il envoie néanmoins de nombreux signaux allant dans ce sens.

Alors qu’il s’apprête à s’envoler pour l’Afrique du Sud où se tiennent les négociations sur les changements climatiques, M. Kent a insisté sur le fait qu’il souhaitait un nouvel accord «post-Kyoto», incluant tous les émetteurs de gaz à effets de serre (GES), y compris les pays en développement.

Il a refusé de confirmer si le gouvernement Harper allait se retirer de Kyoto, mais il a soutenu que «Kyoto appartient au passé», alors que les accords plus récents conclus à Copenhague et à Cancun représentent l’avenir, à son avis.

Selon la chaîne de télévision CTV, le gouvernement conservateur entend annoncer, à seulement quelques jours de Noël, que le Canada se retirera officiellement de Kyoto.

«Je ne le confirme pas, je ne le nie pas», a-t-il lancé lors d’une conférence de presse lundi visant à annoncer un investissement de 600 millions en cinq ans dans un programme pour améliorer la qualité de l’air.

Le ministre Kent a cependant soutenu qu’Ottawa n’allait pas prendre un «second engagement envers Kyoto» et a insisté sur la nécessité de passer à autre chose.

«Notre gouvernement croit que la décision de l’ancien gouvernement libéral de signer le Protocole de Kyoto a été l’une des plus grandes bourdes qu’il a commises, compte tenu qu’il n’avait aucune intention de respecter cette entente», a-t-il lancé.

Le Protocole de Kyoto vient à échéance en 2012 et il est à toutes fins pratiques impossible que le Canada atteigne les cibles de réduction de GES qu’il s’était fixées en vertu de cet accord, soit une diminution des GES de six pour cent par rapport aux niveaux de 1990.

Miner les négociations

Selon Keith Stewart, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada, les conservateurs pourraient songer à se retirer de Kyoto pour éviter les conséquences prévues dans l’accord pour les pays qui ne seraient pas parvenus à atteindre leur cible.

«Ils pourraient essayer d’éviter cela, même si ce n’est pas clair comment quelqu’un pourrait imposer ces conséquences, puisque le traité est largement basé sur l’hypothèse que les pays respecteront leur parole», a souligné M. Stewart en entrevue.

«Une autre chose à laquelle je pense, c’est que si le Canada se retire de Kyoto, cela va tellement contrarier les pays en développement que ce serait une façon pour eux de miner l’ensemble des négociations», a par ailleurs supposé M. Stewart.

Selon lui, les pays en développement tiennent à ce que les pays industrialisés respectent leurs engagements antérieurs avant de s’engager à leur tour.

Graham Saul, du Réseau action climat Canada abonde dans le même sens. Il a rappelé que si le Canada choisit, «le 23 décembre, alors que les gens sont concentrés sur les Fêtes», de se retirer officiellement de Kyoto, il sera le tout premier pays à le faire après l’avoir dûment signé et ratifié.

«Ils sont en train de saboter les négociations en se retirant officiellement juste au moment où les pays s’unissent afin de tenter de conclure un nouvel accord», s’est-il désolé.

La cible privilégiée par Ottawa, plus modestes que celles de Kyoto, est une réduction de 17 % des émissions de GES d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005.
14 commentaires
  • Patrik Gaudet - Inscrit 28 novembre 2011 12 h 31

    PC

    Et le PC au Néoprotérozoïque...

  • Ben Gagnon - Inscrit 28 novembre 2011 13 h 25

    Effectivement

    Kyoto appartient au passé. Il faut maintenant passer à autres choses; il faut faire beaucoup, beaucoup plus que ce que le Protocole de Kyoto proposait. Le seule problème, c'est qu'il ne se passe rien au Canada. Et il ne se passera jamais rien sous le gouvernement de His Royal Majesty Harper. Ils ne croient même pas aux changements climatiques, ni à quelque changement que ce soit d'ailleurs...

    C'est ce qui arrive, quand on est un gouvernement rétrogradiste. On recule, on recule, et on recule.

  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 28 novembre 2011 13 h 43

    Et puis?

    Le gouvernement Harper aussi appartient au passé, ce qui ne l'empêche pas de saccager notre avenir.

  • Paul Lalande - Inscrit 28 novembre 2011 13 h 51

    Clean Air for Canadians, yes sir !

    La photo fait ressortir l'imposture des politiciens fédéraux au pouvoir.

    Kyoto aux poubelles, sables bitumineux, armement, royauté, soutien aux pays riches, unilinguisme, prisons, dépenses partisanes...

    Clean up your act Canada...

  • Mathieu Bouchard - Inscrit 28 novembre 2011 13 h 54

    titre alternatif :

    « Peter Kent appartient au passé », dit Kyoto.