11 novembre - Les Canadiens se souviennent

À Montréal, une cérémonie en l’honneur des anciens combattants a eu lieu au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À Montréal, une cérémonie en l’honneur des anciens combattants a eu lieu au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Ottawa — Lors de dizaines de cérémonies partout au pays, du Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa aux cénotaphes municipaux, en passant par les salles de la Légion dans de petits villages, les Canadiens ont rendu hommage aux 114 000 militaires qui ont donné leur vie sur un champ de bataille depuis la naissance du pays.

À la commémoration nationale d'Ottawa, des milliers de personnes se souvenaient silencieusement de leurs morts alors que la cloche de la tour de la Paix faisait résonner 11 coups.

La minute de silence s'est entamée et s'est terminée par un coup d'artillerie donné sur la colline du Parlement.

Le gouverneur général David Johnston, le premier ministre Stephen Harper et d'autres dignitaires étaient réunis au monument à la mémoire des anciens combattants pour participer aux cérémonies.

Deux chasseurs CF-18 vrombissaient dans le ciel, suivis par sept hélicoptères Griffin manoeuvrant au-dessus de la foule. L'un d'eux sortait et rentrait dans la formation, effectuant ce qui est connu sous le vocable de «manoeuvre du disparu».

MM. Johnston et Harper ont placé des couronnes au pied du monument à la mémoire des soldats qui ont donné leur vie.

Patricia Braun, de Raymore, en Saskatchewan, tenait le rôle de la Mère de la Croix d'argent, la personne chargée de représenter tous les parents endeuillés par la perte d'un proche sur un champ de bataille. Son fils, le caporal David Braun, a été tué lors d'un attentat-suicide en Afghanistan en 2006.

Les couronnes se sont accumulées autour du monument de granite alors que des artilleurs ont tiré une salve d'honneur de 21 coups.

Des milliers de personnes s'étaient massées sur les trottoirs autour du cénotaphe pour voir la cérémonie. Lorsque les anciens combattants ont marché au son de la musique militaire, la foule les a chaleureusement applaudis.

De nombreux membres des Forces armées canadiennes étaient présents et arboraient leurs médailles de l'Afghanistan sur leurs habits militaires. D'autres plus âgés portaient celles de guerres terminées depuis fort longtemps.

Dans son discours, le premier ministre Stephen Harper a loué l'esprit courageux et la dévotion des militaires. «Il n'y a pas de mots pour exprimer notre profonde gratitude à nos soldats et soldates qui — avec leurs familles et amis — placent les intérêts et la sécurité de notre pays bien avant les leurs», a-t-il déclaré.
16 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 12 novembre 2011 05 h 32

    Coquelicot à Elisabeth...

    Avec les vôtres, nous nous sommes couchés bien des fois dans les coquelicots, après en avoir cueillis.
    Je me souviens.
    Nous nous y sommes couchés côtes à côtes, bien plus d'une fois et avec d'autres frères de partout. Tous ensemble, comme un seul homme, comme une seule âme, sous un tissus de la couleur sang d'Homme, sous des damiers sacrés de pierres blanches.
    Nous l'avons fait bien malgré nous, c'est entendu. Nous aurions tous mieux aimé resté debout, marchant vers demain avec les copains d'une misère passagère. Mais dans une verdure submergée de rouge, nous nous sommes allongés par le juste devoir de gagner une liberté pourtant fuyante. Et la couleur des pétales en est aujourd'hui définitivement dissipée.
    Surtout qu'il n'y avait pas que nous deux pour partager la souffrance du peintre fou qui tachait le vert d'écarlate. D'autres, partis d'ici ou venus d'ailleurs, participaient à son tableau déchiré; égaux à égaux, nous nous sommes soudés alors dans la valeur éternelle de sa vie partagée.
    Mais le vent a soufflé si fort sur le vert, qu'un rouge définitivement fatal s'en est échappé,étalé, dispersé.
    Nous deux, ainsi c'était nous l'avait-on dit, ainsi nous l'avait-on juré trémolos dans la voix, nous deux se serait signé pour toujours d'un sang mêlé et d'un sommeil commun.
    Egaux à égaux.
    Oui, je me souviens bien.
    Mais aujourd'hui, au milieu de vous, je suis seul, avec un coquelicot de plastique épinglé sur ma veste.
    Je vois bien le vôtre, je ne suis quand même pas aveugle. Mais dans votre fierté, il n'y a de sentiment d'égalité à mon endroit que dans l'imitation de vous.
    Avez-vous déjà oublié qu'on ne peut jamais avoir raison tout seul ?
    Non, ma langue, mon histoire, mon existence ne sont pas mineures !
    Mais votre douleur submerge votre capacité à me voir votre égal et aujourd'hui, tel que je suis, j'ai été souverainement seul avec mon coquelicot.
    Puisque de cette différence que vous voulez enfin tuer, nous

  • michel lebel - Inscrit 12 novembre 2011 09 h 25

    De la hauteur?

    Lors de pareille cérémonie, rares sont les politiciens qui livrent des discours de qualité. Si je me fie à l'extrait ici cité du discours de Stepen Harper, la hauteur n'y était pas. Mais les lieux communs patriotards y étaient! J'aurais préféré le silence parlant.

  • André Michaud - Inscrit 12 novembre 2011 10 h 01

    Bravo ONF

    J,ai visionné hier le film de l'ONF sur nos gars du 22iè en Afghanistan. Voila un excellent travail qui fait comprendre la complexité extrême de leur travail ainsi que leur courage. On est loin des clichés pro ou anti militaire. Un film à voir absolument.

  • Bernard Dupuis - Abonné 12 novembre 2011 10 h 19

    Les morts de l'autre pays

    Lors de ce genre de cérémonies. nous évoquons le souvenir de nos morts. En Afghanistan, nous avons perdu près de 153 soldats. Toutefois, il est frappant de constater que les morts du pays contre lequel nous sommes en guerre sont complètement passés sous silence. Certains analystes parlent de trente à cinquante mille morts Afghans. Il y a là une omission assez importante.

    S'il n'y a aucune préoccupation pour la mort des «autres», est-ce parce que nous croyons que ces «autres» n'ont aucune valeur? Pensons-nous que seuls nos morts possèdent de la dignité?

    Relativement à l'Afghanistan, cette cérémonie du souvenir laisse un profond malaise. Cette guerre est-elle si nécessaire? Fallait-il qu'elle fasse absolument autant de morts? Pourquoi restons-nous complètement indifférents devant la mort des «autres»? Que faisions-nous exactement en Afghanistan? Si nous y faisions tant de bien que cela, pourquoi oublier les cinquante mille morts Afghans?

    Si en tant que Canadiens nous sommes convaincus que cette guerre fut absolument nécessaire, il est tout de même étonnant que nous restions indifférents relativement aux «autres» morts qui sont pourtant légions.

    Bernard Dupuis, Berthierville.

  • Claude Jean - Inscrit 12 novembre 2011 10 h 54

    Ne pas oublier

    L'Armistice de la Première Guerre mondiale a été signé le 11 novembre 1918. D'ailleurs, depuis, le onzième jour du onzième mois à onze heures, on tient dans plusieurs pays des cérémonies officielles ayant souvent lieu là où se trouve le monument aux morts. Bilan de cette guerre : plus de neuf millions de morts et huit millions d'invalides. Notre Royal 22e Régiment a participé à ce conflit; certains de ses soldats sont rappelés dans notre toponymie.

    Un phénomène nouveau est apparu lors de la Première Guerre, que l'on a appelé gueules cassées. C'est là le nom que l'on a attribué aux mutilés qui, grâce aux progrès de la médecine, ont survécu, mais avec des séquelles graves, notamment au visage. En Angleterre, des sculpteurs fabriquaient des masques pour donner un aspect humain aux blessés dont le visage était défait.

    Au Québec, en 1931, il y a donc 80 ans, on a voulu rendre hommage au Royal 22e Régiment en attribuant à des lacs de la réserve faunique des Laurentides les noms d'une quarantaine de ses soldats morts durant cette grande guerre qualifiée d'oubliée. Voici les noms des soldats et ceux des lacs qui rappellent leur souvenir :

    Pour plus de détails consulter le lien suivant:

    http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/chroniques-topo

    Je me souviens!