Indépendance du Québec: Saganash remet en question le «50 % +1»

Roméo Saganash doute que la règle du «50 % + 1» soit cohérente avec l’arrêt de la Cour suprême sur la «clarté référendaire» de 1998.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Roméo Saganash doute que la règle du «50 % + 1» soit cohérente avec l’arrêt de la Cour suprême sur la «clarté référendaire» de 1998.

Ottawa — Le candidat à la direction du Nouveau Parti démocratique, Roméo Saganash, remet en question la position de son parti selon laquelle une majorité simple lors d’un référendum serait suffisante pour déclarer la souveraineté du Québec.

Le député cri, qui représente la circonscription fédérale d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, doute que la règle du «50 % + 1» soit cohérente avec l’arrêt de la Cour suprême sur la «clarté référendaire» de 1998.

S’il défend le droit des Québécois à décider de leur avenir, M. Saganash soutient que les communautés autochtones ont elles aussi droit à l’autodétermination.

Il ajoute qu’une contradiction entre ces droits entraînerait une négociation complexe et difficile sur la sécession, et que l’indépendance du Québec ne se ferait peut-être pas en respectant ses frontières actuelles.

Les deux-tiers du nord du Québec sont occupés majoritairement par les communautés cries et inuites, qui pourraient décider de demeurer au sein du Canada.

L’opinion de M. Saganash sur cette question contredit la «déclaration de Sherbrooke», un document plutôt sympathique à la cause souverainiste du Québec, adopté par le NPD en 2006.

Ce document expliquerait en partie la performance surprise des néodémocrates dans la province aux dernières élections fédérales, alors que le NPD a remporté la victoire dans 59 des 75 circonscriptions du Québec.
12 commentaires
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 3 novembre 2011 19 h 36

    Bon rappel

    Un bon rappel à la réalité pour ces québécois qui ne pensent que dans les termes d'un seul peuple historique suivant sa trajectoire, en faisant fi des autres. L'histoire est plus complexe, la réalité politique aussi.

  • peterm2652 - Inscrit 3 novembre 2011 20 h 15

    hahaha

    Pour le 50% 1 il a probablement raison car c'est vrai que ça fait un peu court comme majorité et que ce n'est pas très démonstratif du désir d'indépendance de la population. On ne peut pas bâtir un pays si la moitié de la population ne veut rien savoir!

    Mais les épouvantails de partition du territoire ça ne fait pas sérieux. Les fédés aiment bien ressortir ça car c'est la version moderne du coup de la Brink's! Quel avantage les autochtones auraient-ils de rester dans le Canada de toutes façons? C'est pas comme si leur situation était idyllique non plus! Des ententes de type Paix des Braves peuvent très bien être conclues pour satisfaire les différentes communautés et un meilleur partage des pouvoirs pourrait également être envisagé. Le Québec a plusieurs cartes dans son jeu pour éviter la partition.

  • Nasboum - Abonné 3 novembre 2011 20 h 37

    déclaration de Sherbrooke

    Vous croyez sérieusement que l'électeur québécois moyen à pris connaissance (même en partie) de la déclaration de Sherbrooke en envoyant un député du NPD à Ottawa? Sagannash ne fait que répéter ce qu'il a déjà dit, il y a plusieurs années de cela.

  • Yves Claudé - Inscrit 3 novembre 2011 21 h 46

    Déclaration de Roméo Saganash : maladresse … ou franchise … ?

    La prise de position publique de M. Saganash sur la question nationale du Québec, a de quoi mettre le NPD dans un sérieux embarras, car elle introduit un débalancement significatif dans le périlleux jeu d’équilibre auquel cette formation politique s’est livrée lors de la dernière campagne électorale fédérale. En effet, ce parti a tenté, avec la fameuse «déclaration de Sherbrooke» et son exploitation politique ad nauseam, de défendre à la fois une position fédéraliste tout autant qu’une ouverture très ambigüe en ce qui concerne la souveraineté du Québec.

    Il n’est pas certain que la cause des communautés autochtones soit bien servie par cette apparente alliance de M. Saganash avec la fraction "orangiste" dominante du NPD ! Cependant, en tant que représentant politique du NPD et candidat à la direction de ce parti, M. Saganash fait quand même preuve d’une certaine franchise qui aidera finalement les Québécois à comprendre que malgré la séduction opérée par M. Layton, le NPD est un parti fédéraliste comme un autre !

    Voilà donc un fait, parmi d’autres récents et significatifs, révélant la réalité du NPD (complicité du NPD dans le recul de la présence du français dans les institutions fédérales, dans l’inéquité de politiques fédérales affectant les emplois au Québec, etc.), qui témoigne du reflux progressif et inéluctable de la « vague orange » au Québec.

    La déclaration de M. Saganash a aussi le mérite de rappeler aux différentes communautés autochtones que l’alliance avec la nation conquérante et dominante néobritannique a des avantages … mais peut-être aussi l’inconvénient de saper la légitimité de leurs propres revendications historiques.

    Yves Claudé

  • Geoffroi - Inscrit 3 novembre 2011 22 h 56

    Roméo va trop vite

    «Allons sagement et doucement : trébuche qui court vite.»

    William Shakespeare
    Extrait de Roméo et Juliette

    Est-ce un clone de Stéphane Dion?