La santé mentale d'abord

Québec doit investir en santé mentale s'il est sincère dans sa volonté de désengorger les prisons et de miser sur la réhabilitation. Le président de la Fraternité des policiers de Québec, Bernard Leary, a vivement réagi hier aux déclarations faites par le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, dans le cadre de l'étude du projet de loi C-10, à Ottawa. «Il faut soigner les gens. Le manque de ressources se traduit de façon inutile par une criminalisation des personnes qui ont besoin d'aide», a commenté M. Leary.

Selon le plus récent rapport de la protectrice du citoyen, plus de 60 % des détenus incarcérés au Québec souffrent de problèmes de santé mentale. Le système carcéral affiche des «lacunes majeures» dans leur prise en charge et ils sont souvent laissés à eux-mêmes une fois remis en liberté.

La situation est aussi préoccupante dans les pénitenciers fédéraux, où l'enquêteur correctionnel Howard Sappers a relevé des faiblesses dans le financement et la planification des programmes d'aide. Les policiers sont régulièrement appelés à intervenir auprès de ces personnes vulnérables lorsque la santé publique n'arrive pas à les prendre en charge. «On dénonce ce problème depuis des années. Le ministre de la Santé pourrait s'en occuper un peu plus», estime Bernard Leary.

À son avis, le décès de Mario Hamel et de Patrick Limoges, en juin dernier à Montréal, aurait pu être évité si Québec avait bonifié l'offre de services en santé mentale.

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