Retour de Khadr: Ottawa est dans l'embarras

Ottawa — La position du bureau du ministre de la Sécurité publique quant au retour possible d'Omar Khadr au pays a mis le gouvernement fédéral dans l'embarras hier, alors que le ministre lui-même et ses collègues ont été forcés d'esquiver les journalistes et leurs questions sur le sujet. Si l'employé du ministre Vic Toews niait qu'Ottawa se doive de respecter l'entente entre le détenu canadien et le gouvernement américain, en vertu de laquelle il pouvait presque assurément revenir au pays purger la fin de sa sentence, aucun ministre conservateur n'a voulu répéter cette interprétation.

Le directeur des communications du ministre Toews a affirmé au Devoir lundi qu'Ottawa n'avait rien signé en ce qui a trait au rapatriement de M. Khadr et que le gouvernement de Stephen Harper n'était pas obligé de respecter l'accord conclu il y a un an. Michael Patton, du bureau du ministre de la Sécurité publique, était catégorique: Omar Khadr pourrait très bien se voir refuser un retour au Canada pour purger la fin de sa sentence, comme indiqué dans une note diplomatique signée par l'ambassadeur du Canada à Washington.

Invité à commenter cette sortie, hier, le ministre Toews s'est contenté de répéter en Chambre que cette décision, qui lui revient en tant que ministre de la Sécurité publique, serait prise en vertu de la Loi sur le transfèrement international des délinquants. «En tout temps je me soucie d'abord de la sécurité des Canadiens», a-t-il plaidé, en notant que M. Khadr avait plaidé coupable à des accusations de crimes graves, dont celle du meurtre d'un soldat-médecin américain.

Mais en point de presse à sa sortie des Communes pour parler d'un autre sujet, le ministre a catégoriquement refusé d'expliquer les commentaires de son employé. M. Toews a même avoué éluder délibérément les questions sur le sujet, en se sauvant à toute vitesse des journalistes qui le pourchassaient.

Idem pour son collègue des Affaires étrangères, John Baird, et le bureau du premier ministre, qui ont tous deux affirmé par la voix de porte-parole appuyer le ministre Toews. Pas un mot cependant quant à la position de son directeur des communications, dont tout le monde a choisi d'écarter les propos, pris d'un malaise palpable.

L'autorité des ambassadeurs

Car le directeur des communications de Vic Toews a également soutenu que la note diplomatique, qui indiquait que le gouvernement canadien était «enclin à considérer favorablement» une demande de transfert de la part d'Omar Khadr, n'avait été signée que par un ambassadeur, lequel n'a «aucune autorité en la matière».

À ce sujet, le secrétaire parlementaire et lui-même ex-ambassadeur du Canada en Afghanistan, Chris Alexander (qui accompagnait M. Toews pour son annonce après la période de questions), a choisi de demeurer muet, tout comme ses collègues, démontrant encore plus d'embarras quant à cette sortie d'un représentant de son propre gouvernement.

Autre ex-diplomate, la néodémocrate Hélène Laverdière dénonçait vivement cette déclaration lundi, arguant que «quand un ambassadeur parle à travers une note diplomatique, il parle au nom du gouvernement du Canada».

Par ailleurs, l'ambassade américaine à Ottawa n'a pas non plus souhaité commenter les déclarations du bureau du ministre de la Sécurité publique. Les États-Unis tentent depuis longtemps de se débarrasser de ce dernier ressortissant occidental à leur base militaire de Guantánamo.

Selon le ministère de la Sécurité publique, le Canada n'a jamais accueilli au pays de délinquant reconnu coupable d'une infraction de terrorisme à l'extérieur du Canada sous la Loi sur le transfèrement international des délinquants.

Entre 1998-1999 et 2004-2005 — sous des gouvernements libéraux —, le ministre en poste a accepté 100 % des demandes faites. Mais depuis l'arrivée en poste des conservateurs en 2006, les taux d'acceptation ont varié entre 98 % et 70 %.
1 commentaire
  • irishspring - Inscrit 2 novembre 2011 12 h 24

    Lester B. Pearson prix nobel de la Paix doit se revirer dans sa tombe!

    Lorsque le conflit Afghan a débuté et que les soldats américain ont envahis ce pays, les maîtres de cette opération affreuse, Georges W.Bush et Donald Rumfeld se sont empressé par un décret de dire que les opposants aux soldats amricains dans leurs pays seraient qualifiés de terroristes, non pas de soldats Afghan qui combattent leur droit à l'existance mais de vulgaires terroristes. Omar et son père sont allés pretés main forte à leurs ancêtres et à leur patrimoine familliale, le jeune Omar n'a que 15 ans.L'attaque des envahisseurs a fait beaucoup de morts innocents, dans la riposte qui à tué le soldat américain, certains disent que ça serait un autre soldat des USA qui a fait une erreur,
    Si Omar avait été reconnu comme enfant soldat, il aurait eu droit à un tribunal de justice à Geneve, mais vu qu'il est considéré comme terroriste dans le pays de ses ancêtres, sa cause a trainée en longueur
    nous avons tous vu sur internet de Youtube, la torture psychologique des dirigeants américains pour lui faire cracher le morceaux, après 8 ans il a accepté de dire oui oui c'est moi qui a tirer et qu'on en finisse.
    Notre gouvernement accepte d'accueillir de ex-bourreaux, des dictateurs qui ont des économie volés à leur peuple mais refuse d'accorder l'entrée à ce Canadien qui a été entrainné par son père à aller défendre ses ancêtres qui étaient envahis par des étrangers.
    J'ai honte de ce gouvernement, j'ai honte des conservateurs, j'ai honte d'être même appellé CANADIAN.
    Nos défenseurs des droits et des libertés sont morts, changez les strophes de l'hymne O Canada, terre des verreux et des hypocrites!