Harper promet une «représentation proportionnelle» au Québec

Stephen Harper, qu’on voit ici s’essayer à la fabrication de hublot en compagnie du premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, était de passage hier à Peterborough. Il s’y est engagé à maintenir «la représentation proportionnelle» du Québec aux Communes.
Photo: Agence Reuters Fred Thornhill Stephen Harper, qu’on voit ici s’essayer à la fabrication de hublot en compagnie du premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, était de passage hier à Peterborough. Il s’y est engagé à maintenir «la représentation proportionnelle» du Québec aux Communes.

Ottawa — Craignant les foudres de Québec, alors qu'il vient tout juste de se réconcilier avec la province sur quelques enjeux, Stephen Harper a tenté de rassurer les Québécois hier quant à leur poids politique aux Communes. Le premier ministre a laissé entendre qu'il pourrait bonifier le nombre de sièges du Québec lorsqu'il augmentera ceux d'autres provinces.

Commentant la volonté de son gouvernement de déposer un projet de loi pour augmenter le nombre de députés fédéraux aux Communes, M. Harper a souligné qu'il respectera ses engagements électoraux. Les conservateurs ajouteront donc comme promis des sièges aux provinces sous-représentées — l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta — pour tenir compte de la hausse de leur population, et ils s'assureront de «protéger le nombre de sièges des plus petites provinces».

Quant au Québec? M. Harper a affirmé, de passage à Peterborough en Ontario, que sa proposition législative maintiendrait «la représentation proportionnelle» de la province.

Jusqu'à présent, le premier ministre s'était contenté de parler d'une représentation «juste», tel qu'écrit dans sa plateforme électorale du printemps dernier, où il promettait en outre de ne pas légiférer en deçà des 75 sièges que compte actuellement la province parmi les 308 des Communes.

Mais voilà qu'il semble désormais confirmer une rumeur qui circulait depuis quelques mois, soit qu'en ajoutant une trentaine de sièges à la Chambre basse, le gouvernement en accordera aussi au Québec, qui craint de voir son poids politique diminué depuis que les conservateurs planchent sur leur refonte des Communes.

Avant Noël

À la reprise des travaux parlementaires, mi-septembre, le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan, avait promis d'aller de l'avant une nouvelle fois avec cette promesse de longue date des conservateurs, et ce, avant Noël. Un échéancier que maintient son bureau, affirmant que le gouvernement souhaite son adoption avant les Fêtes, soit d'ici neuf semaines puisque les travaux parlementaires doivent se terminer le 16 décembre.

Du côté du ministre de la Réforme démocratique, Tim Uppal, on a confirmé que la proposition législative sera déposée «sous peu». Mais on a refusé de faire des conjectures quant au contenu du futur projet de loi.

La dernière mouture de la proposition conservatrice prévoyait l'ajout de 30 sièges à la Chambre, soit 18 en Ontario, 7 en Colombie-Britannique et 5 en Alberta. Mais aucun au Québec, ce qui avait suscité l'ire de la province et du Bloc québécois à Ottawa.

Car le Québec détient à l'heure actuelle 24,4 % des sièges, pour une population représentant 23 % du total canadien. En vertu de la dernière proposition des conservateurs, le poids relatif des députés québécois serait passé à 22,2 %. Or, Québec exige que son poids politique demeure le même, pour témoigner du statut de société distincte qui lui a été reconnu par le Parlement.

Un article du Globe and Mail rapportait hier que le gouvernement, inquiet de la réaction de la province quant au retour de son initiative, songeait désormais à retarder le dépôt de son projet de loi. Mais aux bureaux de M. Van Loan et de M. Uppal, on a soutenu que le plan de match n'avait pas changé.

Au lendemain d'une suite d'ententes entre Ottawa et Québec — sur une compensation pour l'harmonisation de leurs taxes et un financement pour reconstruire le pont Champlain —, l'idée d'un possible nouveau contentieux avec la province semble avoir encouragé le fédéral à mettre de l'eau dans son vin en matière de représentation politique.

Si le projet de loi était adopté avant la fin de l'année, la réforme du nombre de sièges aux Communes s'adapterait aux résultats du dernier recensement et s'appliquerait à la suite des prochaines élections, qui devraient se tenir en 2015.

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