Thomas Mulcair confirme sa candidature à la direction du NPD

Thomas Mulcair, chef adjoint du NPD et député d’Outremont, se lance tardivement dans la course, après avoir longuement soupesé ses appuis
Photo: Jacques Nadeau – Le Devoir Thomas Mulcair, chef adjoint du NPD et député d’Outremont, se lance tardivement dans la course, après avoir longuement soupesé ses appuis

Après avoir longuement attendu, Thomas Mulcair s’est finalement lancé dans la course à la direction du Nouveau Parti démocratique, aujourd'hui, devenant le sixième candidat en lice.

Thomas Mulcair suit ainsi l’ancien président du parti, Brian Topp, les députés Roméo Saganash, Paul Dewar et Nathan Cullen, ainsi qu’un homme d’affaires de Nouvelle-Écosse, Martin Singh.

«On va avoir plus de fun que les autres», s’est-il exclamé, dans la bonne humeur, entouré d’une trentaine de députés néodémocrates,  dans un centre communautaire du quartier multiethnique de Côte-des-Neiges, à Montréal.

«Je ne vise pas à remplacer Jack Layton; je veux lui succéder», a lancé M. Mulcair. S’il se lance finalement dans la course, c’est «pour continuer à suivre le chemin tracé par Jack» Layton, le chef défunt du NPD, qui a mené son parti au statut d’opposition officielle à la Chambre des communes.

Visant celui qui est considéré comme son principal adversaire, Brian Topp, M. Mulcair a lui-même souligné sa vaste expérience politique — il s’est fait élire plus d’une fois, tant au provincial qu’au fédéral — et son expérience en administration publique — il a dirigé l’Office des professions, entre autres.

Des appuis


Trente députés qui appuyaient M. Mulcair l’entouraient sur la tribune, en plus de trois autres qui étaient absents, mais ont fait connaître publiquement leur appui. Plusieurs provenaient des autres provinces.

«L’importance dans cette course à la chefferie n’est pas la provenance démographique du prochain chef, comme certains le laissent entendre, mais plutôt de se poser la seule question suivante: qui est le mieux placé pour conduire le NPD vers le prochain niveau, c’est-à-dire de permettre au NPD de former le prochain gouvernement?» a lancé M. Mulcair.

À ses côtés, on retrouvait aussi l’ancien vieux routier néodémocrate Lorne Nystrom, une figure de proue du NPD qui fut député pendant plusieurs décennies, leader adjoint en Chambre et whip adjoint. L’avocat québécois militant des droits de la personne, Julius Grey, est également venu le présenter et lui offrir publiquement son appui. Le chef du NPD au Nouveau-Brunswick, Dominique Cardy, était également parmi ses partisans.

M. Nystrom a soutenu que M. Topp était plutôt entouré de l’establishment à Toronto, alors que M. Mulcair recrutait dans toutes les sphères du parti. M. Topp «est un homme intelligent; je le connais depuis des années», a commenté M. Nystrom, avant de le qualifier d’un des meilleurs stratèges du NPD.

Mais «Tom [Mulcair] est un combattant. Il peut entrer dans le ring avec Stephen Harper ou Jim Flaherty n’importe quand. Les gens aiment ça; ils aiment quelqu’un qui est capable de se battre et qui est capable de travailler avec eux», a résumé M. Nystrom.

«Un tel choc»


Interrogé à savoir pourquoi il avait tant tardé avant d’annoncer sa décision, M. Mulcair a répété que sa longue réflexion était nécessaire. «C’est un processus. Quand j’ai parlé de consulter mes collègues, quand j’ai parlé de consulter à travers le Canada pour m’assurer qu’on avait un appui pancanadien, c’était du vrai. Le départ de Jack (Layton) était un tel choc que moi, je n’étais pas prêt à démarrer au quart de tour comme ça», a-t-il justifié.

Brian Topp jouit déjà d’importants appuis, comme ceux de l’ancien chef du NPD, Ed Broadbent, de l’ancien premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, et de l’autre chef adjointe du NPD, Libby Davies.

Le futur chef du NPD sera choisi le 24 mars 2012, à Toronto, par les membres du parti. Pour voter, il faudra être membre du parti le 18 février 2012.

M. Mulcair a invité le parti à accélérer les procédures pour émettre des cartes de membre, le processus prenant présentement trop de temps au Québec, selon lui. «En ce moment, il faut plusieurs mois avant de recevoir sa carte de membre au Québec. Le parti a l’obligation de corriger cette situation. Il est vrai que le Québec est la seule province où il n’existe pas de NPD provincial pour émettre les cartes de membre. Ceci est une explication, mais ne peut servir d’excuse. Tous les Québécois qui souhaitent prendre part à cette course à la chefferie doivent pouvoir le faire sans exception et sans délai», a-t-il lancé.

En vertu des règles énoncées le 9 septembre dernier, chaque postulant devra débourser 15 000 $ pour devenir officiellement candidat. Et les dépenses des candidats seront limitées à 500 000 $.
7 commentaires
  • Denis Provencher - Inscrit 13 octobre 2011 12 h 12

    meilleurs voeux

    Je ne suis pas un fan de Thomas Mulcair mais je salue son courage de se lancer dans une lutte dont on dit que son adversaire est largement en avance. C est méritoire. Trop peu de gens veulent faire carrière en politique, une carrière presque impossible. Bravo donc pour ce geste!

  • Jason Holborn - Inscrite 13 octobre 2011 15 h 07

    Orange vs Rouge

    Semble que la cours d'être chef du parti NPD sera plus intéressant que celle du parti Liberal... et j'imagine les médias feront plus d'attention a la cours orange aussi. Ainsi, cette course pourrais augmenter même plus l'estime du NPD aux esprits d'électeurs, d'être "le parti progressif", pas plus les Libéraux. Il sera intéressant a regarder....

  • François Beaulne - Abonné 13 octobre 2011 15 h 16

    Bon succès

    En se lançant dans la course Monsieur Mulcair non seulement fait preuve d'un grand sens de responsabilité citoyenne, mais il contribue à renforcer la crédibilité du NPD au Québec et, du même coup, à l'echelle canadienne.
    Il eût été à mon avis inacceptable, voire même indécent, que suite à l'appui massif donné au NPD par les Québécois, la course à la succession de Jack Layton se déroule sans poid lourds du Québec.
    Malgré les commentaires à l'effet que Brian Topp jouisse d'une avance en raison de la mécanique électorale en place au parti, rien n'est définitivement joué. Les membres du NPD peuvent encore nous surprendre en faisant preuve de vision à long terme. C'est vrai que's'ils veulent former le prochain gouvernement ils devront gagner plus de sièges à l'extérieur du Québec. Par contre, s'ils ne fidélisent pas le Québec dans les quatre prochaines années ils risquent d'y laisser leur crédibilité de s'offrir en alternative aux conservateurs. En se présentant à la chefferie M. Mulcair rend un service inestimable à son parti. Souhaitons qu'une majorité de membres le voient ainsi.

  • Lise Lachance - Inscrit 13 octobre 2011 15 h 16

    Bravo monsieur Mulcair …et merci !

    Forte personnalité – compétence - expérience
    et capacité de continuer l'oeuvre de Jack Layton:
    qu'elle excellente «recette»
    …pour un futur chef du NPD !

    C’est ce que je vous souhaite
    et que je nous souhaite
    du fond du cœur.

    Lise Lachance
    Lévis

  • Notsag - Inscrit 13 octobre 2011 15 h 23

    Province d'origine: Un critère parmis tant d'autres

    J'espère que le prochain chef ne sera pas choisi qu'en fonction de sa province d'origine. il faudrait d'abord considérer le programme proposé par chacun.

    Par exemple:

    - Élection à date fixe (qu'il maintiendra ou renforcera)
    - Élection à la proportionnelle (avec précision sur la forme qu'il favorise)
    - Financement public exclusif des partis politique
    - Abolition du recours aux paradis fiscaux,
    - Réforme de certaine lois du code criminel:
    - Obligation à un citoyen ou corporation de démontrer la légalité de ses sources de revenu (pour combattre la mafia plus efficacement)
    - Suite à un plaidoyer de culpabilité, rendre publique les preuves accumulées.
    - etc...

    Celui qui va s'engager à faire ce genre de chose dans son premier mandat majoritaire aura mon vote, indépendamment de sa province d'origine.