Sondage - Les Québécois refusent les étiquettes politiques

Une bonne partie des Québécois refusent les étiquettes et ne semblent pas vouloir s'associer aux mouvements politiques, selon un sondage CROP dévoilé hier par le groupe de recherche L'Idée fédérale, qui fait la promotion du fédéralisme.

Le sondage a été réalisé à la mi-septembre à la demande du groupe de recherche, non affilié à un parti politique, qui dit avoir pris prétexte du 30e anniversaire du rapatriement de la Constitution canadienne de 1982 pour tâter le pouls des Québécois sur leur attrait envers le fédéralisme.

Selon le sondage, 37 % des répondants ont refusé de cocher la case les identifiant comme souverainiste, nationaliste, fédéraliste ou autonomiste lorsqu'on leur a demandé à quel courant ils s'identifient. Ils ont préféré la catégorie «aucun».

L'attrait du NPD

Le résultat de la dernière campagne électorale fédérale au Québec — où les Québécois ont délaissé en masse le Bloc québécois en faveur d'un parti fédéraliste, le Nouveau Parti démocratique (NPD) — est compatible avec les résultats du sondage, croit Martin Coiteux, récemment nommé directeur de la recherche de L'Idée fédérale.

Il ne donne pas pour autant du mérite à Jack Layton pour avoir bien vendu le fédéralisme au Québec lors de la dernière campagne électorale, ne voulant pas prendre parti pour une formation politique.

«On sent bien depuis quelque temps, on l'a constaté encore plus radicalement le 2 mai dernier, que les plaques tectoniques sont en train de bouger au Québec. On ne peut pas considérer que le vote massif en faveur du NPD est un vote en faveur du fédéralisme en soi, mais le décrochage du Bloc québécois s'inscrit dans une réalité qui a été très bien mesurée dans ce sondage», croit M. Coiteux.

Selon le directeur du groupe, Jocelyn Coulon, le refus de l'étiquette par les répondants est un résultat très significatif, qui envoie un message à tous, mais surtout aux politiciens qui devront composer avec le défi d'une société pluraliste, qui a des opinions plus fragmentées.

«Il y a un refus des étiquettes, il y a un refus de l'histoire associée à une étiquette», a ajouté M. Coiteux. «Ces résultats incitent à croire qu'une très grande proportion de Québécois ne se reconnaissent plus dans les termes du débat qui a dominé la politique québécoise depuis 40 ans», estiment les chercheurs de l'Idée fédérale, fondée il y a deux ans.

Selon eux, cette attitude explique possiblement la difficulté des partis politiques actuels à inspirer la population.

Le sondage a aussi mis en lumière que 63 % des Québécois considèrent que le fédéralisme comporte plus d'avantages que de désavantages et 71 % jugent que le débat sur la souveraineté est dépassé. Et seulement 25 % des Québécois opteraient pour l'indépendance du Québec en 2011, des résultats qui concordent avec les opinions du groupe de recherche.

Par contre, seulement la moitié des Québécois estiment avoir des valeurs communes avec les autres Canadiens et la protection de la langue française demeure un point sensible chez les répondants.
 
11 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 13 octobre 2011 04 h 41

    Vite un autre sondage...

    Ce sondage révèle que "...25 % des Québécois opteraient pour l'indépendance du Québec en 2011"

    Il faut maintenant se demander ce que réclameront les chroniqueurs, les politiciens et autres partisans qui affirment, sur toutes les tribunes que l'idée d'indépendance est soutenue par un "bloc solide", immuable et à l'occasion dynamique de 40% des Québécois.

  • France Marcotte - Abonnée 13 octobre 2011 07 h 53

    Se projeter dans ses feuilles de thé

    Dans ce refus des étiquettes, ceux qui ont commandé le sondage sont incités à croire "qu'une très grande proportion de Québécois ne se reconnaissent plus dans les termes du débat qui a dominé la politique québécoise depuis 40 ans", que les politiciens "devront composer avec le défi d'une société pluraliste, qui a des opinions plus fragmentées".

    Cela peut vouloir dire aussi, de façon plus inquiétante, qu'on désire vivoter au jour le jour dans une brume sans couleur sans prendre parti, sans engagement particulier, à la surface fonctionnelle des choses. Car le taux de participation au vote n'est-il pas lui aussi un indice très signification se conjuguant à ces résultats?

    Et pour enrichir ce portrait de l'ambivalence et de la pensée magique au pays où tous les problèmes se résolvent tout seuls, "seulement la moitié des Québécois estiment avoir des valeurs communes avec les autres Canadiens et la protection de la langue française demeure un point sensible chez les répondants", tout en considérant qu'il y a plus d'avantages que d'inconvénients au fédéralisme.
    Oui, des résultats très significatifs, mais qui signifient quoi au juste?
    L'ignorance, l'indifférence ou la lucidité?

  • Gilles Bousquet - Inscrit 13 octobre 2011 08 h 05

    @ M. Paquet

    C'est parce qu'une partie des Québécois, qui répondent être des souverainistes, le sont de la manière de M. Deschamps « un Québec indépendant dans un Canada uni » et du PQ des 2 référendums de 19890 et 1995, qui n'ont pas voté pour la simple souveraineté "la séparation du Canada" mais pour la souveraineté-association et la souveraineté-partenariat. 2 concepts qui conservaient un lien économique canadien. Pour la simple souveraineté sans liens canadiens, il y en a entre 12 et 25 %, selon la sorte de question qui seraient prêts à voter OUI.

    Le Bloc a obtenu 25 % de votes aux élections fédérale du 2 mai dernier, ce qui est directement en ligne avec ce sondage qui semble refléter correctement la réalité, même s'il y a eu plusieurs refus de répondre. La siimple séparation comme solution, nous l’oublions.

  • André Michaud - Inscrit 13 octobre 2011 08 h 10

    la mort du mythe

    Le mythe du référendum magique et du bleu paradis qu'apporterait l'indépendance est moribond. Il ne reste qu'une croyance presque religieuse d'une minorité plus fanatique qui se déchire entre elle..

    Les citoyens veulent des changements mais en restant canadiens, de là leur support à M.Legault depuis qu'il a abandonné ces mythes.

    Les québécois ne croient plus que nos concitoyens canadiens sont des méchants anglos ennemis..et sont bien heureux des milliards apportés par la péréquation..

  • Marie Mance Vallée - Inscrite 13 octobre 2011 08 h 12

    Des zombies...

    Faut-il s'en surprendre ?

    Depuis des décennies le MÉQ et les idiots utiles qui ont toutes les tribunes, particulièrement les gens de la gauche québécoise, s'acharnent à dénationaliser notre jeunesse. N'ont-ils pas appris qu'il fallait être ouverts, tolérants jusqu'à la bêtise ? Ne leur a-t-on pas appris la méthode de résolution de conflit, même au primaire ? Stéphane Venne aux Francs Tireurs ne disait-il pas la semaine dernière que la devise des Québécois était maintenant : « Pas de chicane dans la cabane ».

    Et les médias québécois, le nouveau clergé, ainsi que les banques, entretiennent à qui mieux mieux ces notions, et ce, du matin au soir. Les médias ne se rendent pas compte que les faits divers, pour ne parler que des suicides, qu'ils nous égrennent sont les résultats d'une désintégration sociale et morale assez avancée et dévastatrice.

    Hélas ! Les Québécois ne pourront même plus se comparer aux Acadiens et aux Lousianais, puisqu'ils ont évacué toutes références historiques et morales. Des zombies !