Pont Champlain: une annonce d'Ottawa est attendue aujourd'hui

Après s'être fait tirer l'oreille pendant des mois, le gouvernement fédéral doit annoncer aujourd'hui son engagement à remplacer le pont Champlain.

Le nouveau ministre des Transports, Denis Lebel, sera à Montréal pour l'occasion. S'agira-t-il d'enclencher le processus d'appel d'offres ou de lancer l'étude de faisabilité qui permettra de déterminer le type de structure? Des informations contradictoires circulaient hier à Ottawa, sur la colline parlementaire.

Au cabinet du ministre Lebel, on s'est borné hier à dire que «le pont Champlain est sécuritaire, que le gouvernement a agi de façon responsable» en investissant 380 millions pour assurer la sécurité sur le pont.

Grandes préoccupations

Le pont le plus achalandé du Canada est au coeur de grandes préoccupations dans la région montréalaise. Le printemps dernier, le gouvernement du Québec a signifié son empressement à voir se concrétiser cet important projet en amorçant des travaux préparatoires. Ainsi, un bureau de projet a été mis sur pied afin de définir les mesures de contournement avant et pendant la construction d'un nouveau pont, mais également pour coordonner l'action des différents partenaires dans le dossier.

Une analyse effectuée par la firme d'ingénierie Delcan a conclu à un état de délabrement avancé du pont Champlain ,qui risque même l'effondrement. Du coup, les ingénieurs ont recommandé le remplacement pressant de la superstructure qui relie Montréal à la Rive-Sud.

De plus, une étude de préfaisabilité avait déjà fait l'analyse des scénarios de remplacement; l'option d'un tunnel sous le fleuve présentait peu d'intérêt compte tenu du transport de marchandises dangereuses.

De plus, les experts qui signaient cette étude (un consortium formé des firmes de génie-conseil BPR, Cima+, Dessau et Egis) ont examiné les différents modes de réalisation de la future infrastructure. Le partenariat public-privé (PPP) recevait la faveur des experts, qui estimaient qu'il donnerait des assurances sur la conception et la viabilité à long terme du futur pont.

Le consortium notait toutefois que le PPP coûterait plus cher que le mode traditionnel puisque le gouvernement a une capacité d'emprunt que n'ont pas les entreprises privées. Il soulignait également qu'en choisissant le PPP, le gouvernement ne profiterait pas de souplesse pour apporter des changements en cours de réalisation.

«Le critère de l'optimisation de la conception sur l'ensemble du cycle de vie du projet favorise la réalisation du projet en mode PPP par rapport aux deux autres modes de réalisation», écrivaient les experts.

Les partis d'opposition ont réagi brièvement hier, rappelant que le temps n'était plus aux études, mais à l'action.