Des conservateurs veulent rouvrir le débat sur l'avortement

Ottawa — Le gouvernement conservateur a une fois de plus donné sa parole hier qu'il ne rouvrirait pas le déchirant débat sur l'avortement au pays. Mais cette garantie ne décourage pas au moins deux députés pro-vie de Stephen Harper de poursuivre la bataille pour faire avancer leur point de vue.

La question de l'avortement est revenue sur le tapis la semaine dernière quand l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a finalement admis, après l'avoir nié, qu'elle avait accordé une subvention de 6 millions de dollars au groupe International Planned Parenthood Federation (IPPF). Ce groupe fournit des conseils de planification familiale, des soins en santé reproductive et aussi des avortements à travers le monde, ce qui en fait la bête noire du mouvement pro-vie.

Le gouvernement conservateur interdit le financement des avortements dans le cadre de son aide internationale, mais le projet d'IPPF s'est qualifié parce qu'il se déroulera dans six pays où l'avortement est illégal. Ce qui enrage les conservateurs Brad Trost (Saskatchewan) et Harold Albrecht (Ontario).

«Étant donné que la promotion de l'avortement à l'étranger est au coeur de l'identité d'IPPF, cette façon de couper les cheveux en quatre n'a du sens que dans la bulle d'Ottawa. C'est une position que je rejette totalement», a écrit M. Trost sur son site Internet. «La bataille à propos d'IPPF continue. Les politiciens pro-vie ont appris une leçon: le gouvernement ne répond aux préoccupations des pro-vie et ne s'intéresse à leurs enjeux que lorsque nous sommes agressifs dans notre prise de position. Nous mettrons cette leçon à profit.»

Harold Albrecht se dit lui aussi «déçu». «J'ai toujours été pro-vie. Les gens le savent et c'est pour cela que j'ai été élu», a-t-il dit hier. Il s'engage à «continuer de travailler» pour la cause. Il prétend avoir soulevé la question auprès de ses collègues. «Nous avons eu une bonne discussion et j'ai bon espoir qu'on ira de l'avant.»

Un retour en arrière?

À la Chambre des communes, la députée Françoise Boivin a demandé au premier ministre s'il avait perdu le contrôle de ses députés ou s'il avait l'intention de «retourner en arrière». «Les droits des femmes ne devraient pas être soumis à un débat et, pourtant, certains membres du gouvernement semblent le penser.»

Le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan, a répondu que «plusieurs individus à travers le pays et de tous les côtés de cette Chambre ont des sentiments passionnés à propos de cette question. Toutefois, le gouvernement a été clair. Nous ne rouvrirons pas ce débat.» Mme Boivin n'est pas rassurée parce qu'elle pense encore qu'un député pourrait déposer un projet de loi privé.
4 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 30 septembre 2011 17 h 43

    Harper attend son heure

    Rouvrir le débat sur l'avortement maintenant serait risquer le chaos alors que les forces conservatrices sont à multiplier leurs tentacules dans toutes les sphères moins privées de l'activité canadienne. Mais Harper attend la fin de ce processus d'installation pour rouvrir le débat pour enfin priver les femmes de leur droit strict de disposer de leur capacité de reproduction de l'espèce, en occurrence, l'espèce canadienne.
    Roland Berger

  • Nelson - Inscrit 3 octobre 2011 15 h 56

    Le débat n'est jamais sur l'avortement que les femmes font depuis toujours, INÉVITABLEMENT.

    Le débat est toujours sur rendre légale l'aide médicale aux femmes qu'avortent...ou l'interdire (comme en bien des pays sauvages), et que mort et traumatismes s'en suivent.

    Ce qui tuent et torturent volontairement des femmes sont...des monstres dégoûtants.

    50 millions des femmes avortent inévitablement à travers le monde chaque année, et la moitié sans aide médicale.

    Au bas mot 30 mille meurent et 15 millions sont gravement traumatisés. (voir chiffres OMS).

    Le fanatisme religieux se traduit parfois dans des conduites assassines.

    Que le fassent avec leurs mères ou filles, d'abord.

  • missmarquis - Inscrite 4 octobre 2011 16 h 05

    Pourquoi être pour l’avortement est la meilleure voie?

    Pas difficile à comprendre, le Canada étant un pays démocratique devrait saisir le bon sens sur le sujet. Si l’avortement ne serait pas légal, combien de jeunes filles ne finiraient pas leurs études, dues à une grossesse surprise. Vous savez, ceux qui sont contre l’avortement on totalement le droit de garder l’enfant si la situation leur arrive. Cependant, pourquoi empêcher une femme, jeune ou non de se faire avorter si elle ne désire pas l’enfant. Ici nous faisons face aux droits de la personne. Oui me direz-vous que les droits de la personne pour l’enfant qui ne naîtra pas, n’étant pas appliqués apporte une sorte d’injustice et bien je dis franchement non! Il n’est même pas encore né, donc il ne peut avoir de droit. Par contre, la femme qui l’a dans son ventre, elle a le droit de décidé pour elle. Peu importe la raison de se faire avorter, la décision d’avoir un enfant revient à celle qui le porte et qui le fera naître si elle le désire. Imaginez, une femme dans la cinquantaine qui tombe enceinte, elle veut se faire avorter parce qu’elle sait, qu’elle n’aura pas la force nécessaire pour élever cet enfant… Une jeune fille de 17 ans qui commence le cégep et qui a des buts dans la vie, a une relation sexuelle et le condom fait défaut, celle-ci tombe enceinte; si elle le veut qu’elle le garde, mais sinon elle a entièrement le droit de se faire avorter. Pourquoi? Parce qu’elle veut atteindre des buts avant celui d’avoir un enfant, elle ne le veut pas, pourquoi l’aurait-elle… Pour ne pas gâcher une vie? Excusez-moi, non je ne m’excuse pas; des millions de gens meurs et tout le monde meurs un jour, chacun sa vie ok, mais si tes pas encore là tu ne vis pas, tu te crées. L’enfant n’est pas né, mais la jeune fille, elle, est consciente et si elle sait ce qu’elle veut alors pourquoi pas la laisser choisir ce qu’elle croit le mieux pour elle. En l’obligeant à l’avoir nous gâchons en quelque s

  • missmarquis - Inscrite 4 octobre 2011 16 h 40

    suite

    . En l’obligeant à l’avoir nous gâchons en quelque sorte ça vie à elle. L’être humain existe par l’union de l’homme et la femme. Donc la femme est égale à l’homme et l’homme égal à la femme. Si une femme ne veut pas d’une grossesse surprise, elle a le droit de se faire avorter comme un homme a le droit de se faire castrer. La meilleure des choses, c’est le juste milieu. Avoir l’enfant ou se faire avorter? Laisser la liberté du choix. Fumeur ou non-fumeur? Peu importe lequel des deux vous êtes, vous n’aimeriez pas qu’on vous oblige l’opposer. Pour finir, le droit à l’avortement n’oblige en rien à ne pas choisir d’avoir la grossesse; alors pourquoi obliger les femmes qui tombent enceinte d’avoir le bébé si elles ne le veulent pas?