Le financement du NPD soulève des interrogations

Ottawa — Les méthodes de financement des congrès du Nouveau Parti démocratique n'ont trouvé grâce aux yeux d'aucun parti politique fédéral hier à Ottawa. Le Parti conservateur conclut déjà que les publicités achetées par six syndicats sont en réalité des commandites illégales tandis que le Parti libéral et le Bloc québécois demandent à Élections Canada de clarifier les règles.

Le Devoir a révélé hier que le NPD a financé son congrès de juin dernier, à Vancouver, en partie en vendant de la publicité à six syndicats. Trois d'entre eux ont versé un total de 85 000 $. Les trois autres ont refusé de divulguer le montant payé, mais il pourrait totaliser 75 000 $ de plus.

Le Parti conservateur a utilisé la période de questions à la Chambre des communes hier pour s'en prendre au NPD. «Ce genre d'attitude est absolument inacceptable et est en contravention des lois électorales», a déclaré Tim Uppal, le ministre responsable de la Réforme démocratique. «Les partis politiques doivent se financer par des dons de Canadiens ordinaires. Élections Canada a été invité à enquêter sur ces commandites, mais le NPD et ses amis des syndicats ne devraient pas attendre l'enquête pour faire preuve de transparence.» Le ministre demande au NPD de dévoiler la totalité des sommes obtenues des syndicats.

La Loi électorale interdit le versement à un parti politique de tout don ou commandite par une entreprise ou un syndicat. Elle permet toutefois l'achat de publicité auprès d'un parti à sa «juste valeur marchande». La loi n'explique pas la différence entre commandite et publicité.

«Je crois qu'Élections Canada devra clairement faire une enquête pour s'assurer que la loi a été respectée», a indiqué le chef libéral intérimaire, Bob Rae. Il conclut que «les subventions directes aux congrès ne respectent pas l'esprit de la loi».

Le député bloquiste André Bellavance demande à Élections Canada de dissiper le flou entre publicité et commandite. «Il ne faudrait pas qu'on puisse faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement.» Les trois partis affirment ne pas accepter de publicité lors de leurs congrès respectifs.

Le député néodémocrate Alexandre Boulerice estime que le parti a «respecté intégralement la lettre et l'esprit de la loi électorale». «Un congrès, c'est une grande organisation avec beaucoup de commanditaires et beaucoup de monde. On est blindés là-dessus.»

Le Parti conservateur avait fait parvenir à Élections Canada des photos montrant les logos syndicaux au congrès du NPD. Selon M. Boulerice, le PC tente de salir le NPD afin d'être moins vulnérable parce qu'il fait lui-même l'objet d'une enquête pour son financement électoral de 2006.