Sursis d'expulsion pour Paola Ortiz

Paola Ortiz, cette mère de famille mexicaine qui devait être expulsée vers son pays d'origine hier matin, a plutôt pris le chemin de l'hôpital Royal Victoria, à Montréal. Au moment d'embarquer dans l'avion, elle a été victime d'un malaise. «Elle a vécu une surdose de stress et ses jambes ont lâché», explique Julie Marcoux, porte-parole de l'organisme Solidarité sans frontières, qui a épaulé Mme Ortiz dans ses démarches pour éviter l'expulsion. Le personnel médical de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau a jugé que la femme ne pouvait pas prendre l'avion dans cet état. Elle a reçu son congé de l'hôpital en après-midi.

Ce n'est que partie remise pour cette résidante de Montréal. Mme Ortiz doit se présenter aujourd'hui à l'Agence des services frontaliers du Canada pour connaître sa nouvelle date d'expulsion. «Il n'y a plus de recours possible», a déclaré Julie Marcoux. À cette étape, seule une intervention du ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, pourrait lui permettre de demeurer au pays.

Mère d'un garçon de deux ans et d'une fillette de quatre ans, tous deux nés au Canada, et mariée à un Québécois, Paola Ortiz a décidé de laisser ses enfants ici et de quitter le pays seule. Son fils est atteint d'autisme et sa fille souffre de problèmes auditifs. La mère ne croit pas que ses enfants bénéficieront d'un suivi médical adéquat au Mexique. Elle a aussi affirmé craindre pour sa vie lorsqu'elle remettra les pieds dans son pays natal.

Le gouvernement du Québec lui a récemment octroyé un certificat de sélection, mais cela n'a pas joué en sa faveur auprès du gouvernement fédéral. Sa demande de résidence permanente était en cours d'étude, mais elle devra tout recommencer à partir du Mexique.

Depuis 2006

Mme Ortiz est arrivée au Québec en 2006 pour demander un statut de réfugié. Elle fuyait les sévices physiques de son ex-mari, un membre de la police fédérale mexicaine. Mais, selon la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, les autorités mexicaines pourront lui fournir la protection nécessaire, ce que réfute l'avocat de Mme Ortiz. Elle souffre aussi de stress post-traumatique et de dépression depuis qu'elle a quitté le Mexique.

À trois reprises, Paola Ortiz a évité l'expulsion à la dernière minute. La première fois, en 2008, en raison d'une otite de sa fille. Quelques mois plus tard, enceinte de son fils, elle s'était rendue à l'urgence pour des douleurs abdominales le jour prévu de son départ. La dernière fois, en 2009, elle disposait encore d'un recours pour tenter de faire annuler la décision.

Lundi, en fin de journée, un juge de la Cour fédérale a rejeté son ultime requête de sursis pour motifs humanitaires et lui a ordonné de se présenter à l'aéroport le lendemain à 7h.

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