La reine dans toutes les ambassades canadiennes

Selon les informations recueillies par Le Devoir auprès de diverses sources au pays et hors frontières, le gouvernement conservateur a donné la semaine dernière la consigne à toutes ses ambassades, hauts-commissariats, consulats et missions d'afficher bien en vue un portrait royal.
Photo: Agence Reuters Selon les informations recueillies par Le Devoir auprès de diverses sources au pays et hors frontières, le gouvernement conservateur a donné la semaine dernière la consigne à toutes ses ambassades, hauts-commissariats, consulats et missions d'afficher bien en vue un portrait royal.

Ottawa — Ce n'est pas qu'au pays que le gouvernement conservateur veut remettre la royauté britannique au cœur des institutions canadiennes. À l'étranger aussi. Toutes les missions diplomatiques ont reçu la consigne d'afficher un portrait de la reine Elizabeth II bien en vue d'ici la fin de la semaine.

Selon les informations recueillies par Le Devoir auprès de diverses sources au pays et hors frontières, le gouvernement conservateur a donné la semaine dernière la consigne à toutes ses ambassades, hauts-commissariats, consulats et missions d'afficher bien en vue un portrait royal. Auparavant, les antennes canadiennes devaient afficher une photographie du gouverneur général, du premier ministre et du ministre des Affaires étrangères de l'heure. À cette liste s'ajoute désormais la reine britannique.

Selon nos informations, la consigne accorde 10 jours aux diplomates pour s'y plier. Les photos seront envoyées d'Ottawa dans les missions. Notons que certaines ambassades affichaient déjà une telle photo. Ces portraits sont généralement placés de manière à être vus par les visiteurs des missions.

Ni le ministère des Affaires étrangères ni le bureau du ministre John Baird n'ont répondu à nos demandes d'information hier. On ignore donc pourquoi cette consigne a été donnée, par qui elle a été donnée ou encore combien de portraits seront nécessaires.

L'Australie, qui fait partie comme le Canada du Commonwealth et prête de ce fait allégeance à la reine d'Angleterre, n'a pas une politique similaire pour autant. «Il n'y a pas de politique officielle concernant le portrait de la reine», confirme David Martin, porte-parole au Haut-Commissariat de l'Australie. Ironiquement, le Canada a été la première colonie britannique du Commonwealth à devenir un «dominion» autonome en 1867. L'Australie a suivi en 1901 et la Nouvelle-Zélande, en 1907. Pourtant, c'est lui qui tente le plus ardemment de renouer les liens avec la Couronne ces jours-ci.

Cet été, deux énormes tableaux du peintre québécois Alfred Pellan ont été décrochés du hall d'entrée au ministère des Affaires étrangères, à Ottawa, pour être remplacés par une reproduction d'un portrait de la reine. Un porte-parole du ministre John Baird avait expliqué que le mur où se trouvaient les tableaux, donnant sur les portes d'entrée, avait désormais une nouvelle vocation. «Le Mur de la souveraine est un hommage digne de notre chef d'État, la reine Elizabeth II», avait expliqué Chris Day. Il avait ajouté qu'il fallait y voir un signe de reconnaissance pour la visite du duc et la duchesse de Cambridge, le 1er juillet dernier.

Sur le front militaire, la reine a aussi refait son entrée. Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a soutenu corriger une «erreur historique» en rétablissant les désignations traditionnelles de la marine royale canadienne et du corps d'aviation royal canadien. «Le rétablissement des désignations d'origine permet de renouer avec la glorieuse histoire et les fières traditions», avait expliqué M. MacKay.

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