Caucus du PLC - Rae craint une rechute économique

Inquiet, Bob Rae estime que «les coupes de 4 milliards devraient être reportées».
Photo: Agence Reuters Blair Gable Inquiet, Bob Rae estime que «les coupes de 4 milliards devraient être reportées».

Ottawa — Les libéraux de Bob Rae craignent que le scénario économique de 2008 ne se répète. Ils estiment que le gouvernement de Stephen Harper vit dans le déni en excluant la possibilité qu'une autre crise économique frappe le Canada et en refusant de s'y préparer. À la différence près que, cette fois-ci, aucune coalition ne pourra faire reculer la majorité conservatrice.

Sénateurs et députés ont conclu hier leur réunion de quatre jours de préparation en vue de la rentrée parlementaire, au cours de laquelle ils ont décidé de n'avoir que deux mots à la bouche: «emplois» et «économie». «Il faut d'abord, [du ministre des Finances, Jim] Flaherty, une reconnaissance qu'il a eu tort. C'est la même chose qu'on a vue en 2008. [...] On n'a pas le luxe d'avoir un gouvernement qui ne reconnaît pas le problème», a expliqué le chef intérimaire Bob Rae en point de presse.

En 2008, quelques jours après la réélection du gouvernement conservateur, et alors que tous les économistes prédisaient une énorme récession, M. Flaherty avait déposé une mise à jour économique ne prévoyant aucune mesure pour parer à la crise, outre l'abolition du financement étatique des partis politiques. Les partis d'opposition avaient formé une coalition pour remplacer le gouvernement et proposer un plan de relance. Stephen Harper avait plutôt fermé le Parlement puis enclenché à son corps défendant des dépenses de 40 milliards de dollars.

Cette fois, le gouvernement est majoritaire et aucune menace de l'opposition ne pourra le forcer à injecter de l'argent s'il n'en a pas envie. Malgré tout, Bob Rae suggère d'abolir les réductions d'impôt déjà accordées aux entreprises et celles à venir. Il propose aussi de suspendre le plan de réduction des dépenses de quatre milliards de dollars, pour stimuler la croissance, et de retarder les mises à pied dans la fonction publique afin de ne pas aggraver le chômage.

«Les coupes de 4 milliards devraient être reportées», a-t-il soutenu. Le chef intérimaire croit quand même que le retour à l'équilibre budgétaire doit être recherché, sans préciser s'il s'en tiendrait lui aussi à l'horizon conservateur de 2014-2015. «On ne peut jamais mettre sur la glace la question de l'équilibre budgétaire.»

Bob Rae se défend d'être vulnérable sur le front économique, lui qui a dû sabrer dans la fonction publique pendant son mandat de premier ministre ontarien. «Cette histoire n'est pas l'histoire de Bob Rae, c'est l'histoire du Canada. J'étais premier ministre pendant la pire récession que l'Ontario a connue depuis les années 1930!» Il a énuméré plusieurs petites municipalités du Nord où les emplois ont été conservés grâce à ses décisions. «Nous avons sauvé des jobs!»

À l'inverse, s'est-il enflammé, Jim Flaherty, Tony Clement et John Baird, tous ministres dans le cabinet de Mike Harris, ont coupé de 22 % l'aide sociale, freiné les projets d'aménagement, arrêté les travaux de construction de trois stations de métro et même déboursé 100 millions de dollars pour remblayer les trous. Malgré tout, «à la fin de leur mandat, on a eu des déficits pendant encore des années. C'est ça, le "miracle" conservateur en Ontario!»

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