Poids du Québec aux Communes: Bob Rae veut trouver un «compromis canadien»

Ottawa — Le chef par intérim du Parti libéral prône un «compromis canadien» dans le dossier du poids politique des provinces aux Communes. Mais avant de parler de l’ajout de sièges au Parlement, Bob Rae avance que les députés devraient songer à une redistribution.

À la suite de leur élection comme gouvernement majoritaire, les conservateurs de Stephen Harper ont annoncé qu’ils iraient de nouveau de l’avant en proposant une réforme de la représentation démographique à la Chambre des communes. Un projet de loi qui, lorsqu’il sera présenté, est assuré d’être adopté compte tenu de la majorité conservatrice.

Questionné sur la question, en point de presse aujourd'hui, M. Rae a fait valoir qu’il faudrait concilier les changements démographiques au pays — où le Québec a perdu du terrain —, et en revanche s’assurer de «garantir que l’intérêt de la population francophone et québécoise dans la distribution des sièges (soit) respectée».

Le leader libéral, qui dirige le parti de façon intérimaire depuis les dernières élections du mois de mai, a argué que ses troupes trouveraient un compromis. Mais il a prévenu que ce serait «un compromis canadien», sans toutefois vouloir expliquer ce qu’il insinuait.

M. Rae a refusé de détailler le nombre de sièges qu’il voudrait garantir au Québec ou aux autres provinces, se contentant de répliquer: «vous devrez voir». Il a cependant soulevé l’exemple des États-Unis, où le nombre de sièges à la Chambre des représentants demeure le mêmes et ceux-ci sont redistribués.

La Belle Province compte présentement une part de 24,3 % des 308 sièges de la Chambre des communes.

Au printemps 2010, le gouvernement de Stephen Harper avait proposé l’ajout de 30 sièges distribués entre la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario. Ne prévoyant pas l’ajout de sièges québécois, le poids de la province serait ainsi passé à 22,1 % (en conservant 75 sièges), alors que sa population représente 21,1 % de celle du pays.

À l’époque du dépôt du projet de loi conservateur, les néo-démocrates s’étaient alliés aux bloquistes pour réclamer le maintien du poids politique du Québec. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) réclame toujours cette garantie, tout en souhaitant un ajustement du nombre de sièges pour que les autres provinces ne soient pas sous-représentées.

Le NPD et le Parti libéral du Canada (PLC) doivent tous deux concilier les intérêts de tous leurs députés. Alors que le NPD compte désormais une députation aux deux-tiers composée de Québécois, les libéraux eux n’ont conservé que la moitié de leurs députés du Québec à l’issue du dernier scrutin fédéral, soit sept députés.

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3 commentaires
  • Gaetan Turcot - Inscrit 30 août 2011 19 h 33

    21,1% de la population canadienne

    mais 25,3% des électeurs. Il va de soit qu'en démocratie ce sont les électeurs qui votent. Pas les résidents.

    Québec: 6 130 307 électeurs
    Canada: 24 257 592 électeurs

    Un siège au Québec: 81 737 électeurs
    Un siège dans le ROC: 77 799 électeurs

    Avec la nouvelle carte:
    Un siège dans le ROC: 68 925 électeurs

    119 votes au Québec vont équivaloir à 100 dans le ROC

    http://www.elections.ca/scripts/ovr2011/defaultf.h

    Pas sur que Christian Paradis et Maxime Bernier peuvent expliquer ça à leur boss?

  • Jean Martinez - Inscrit 30 août 2011 20 h 02

    Un grand ennemi des intérêts du Québec

    Bob Rae est sans aucun doute l'un des plus grands ennemis des intérêts supérieurs de la nation québécoise. C'est un nationaliste canadian qui, malheureusement, réussit parfois à passer pour un modéré.

    Sa vision d'un Québec tranquille et provincialisé dans un Canada fort est tout à fait conforme à l'idéologie libérale traditionnelle. J'espère qu'il ne sera jamais premier ministre du Canada.