Liste des criminels de guerre - Mésentente sur le passé criminel du Congolais arrêté

Mais le président de la Communauté congolaise de Montréal affirme que cet homme, Abraham Bahaty Bayavuge, n'avait été qu'un simple fonctionnaire dans le gouvernement de Laurent-Desiré Kabila, en République démocratique du Congo.

«[Abraham Bahaty Bayavuge] n'a jamais été impliqué dans des crimes au Congo [...]», a affirmé, hier, Jean-Marie Mousenga au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne.

Le président de la Communauté congolaise de Montréal a expliqué que M. Bayavuge avait indiqué, à son arrivée au Canada, qu'il avait occupé un poste d'informaticien pour le gouvernement de son pays. Mais selon M. Mousenga, les personnes qui ont travaillé dans un gouvernement jugé dictatorial sont automatiquement associées par le Canada aux crimes qui ont été commis.

En 2004, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) a refusé la demande de statut de réfugié de M. Bayavuge, faisant valoir que le requérant avait été un membre des forces de sécurité de Kabila et de celles du régime de Mobuto. Une mesure de renvoi a ensuite été ordonnée contre M. Bayavuge. Ce dernier a interjeté appel, mais a perdu sa cause, en 2006, en Cour fédérale, parce qu'il n'était pas parvenu à prouver les risques auxquels il serait exposé en retournant en République démocratique du Congo.

Les autorités ont ensuite perdu la trace de M. Bayavuge, qui a été retrouvé mercredi, à Ottawa.

Hier, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, et son collègue de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, ont annoncé l'arrestation d'Abraham Bahaty Bayavuge, dont la dernière adresse connue est à Montréal.

Il y a une semaine, le gouvernement fédéral publiait sur Internet une liste de 30 personnes se trouvant illégalement au pays et qui sont soupçonnées d'avoir participé à des crimes de guerre ou à des crimes contre l'humanité dans leur pays d'origine. Depuis cette publication, cinq hommes ont été arrêtés grâce à l'aide des citoyens, des arrestations chaque fois annoncées par les ministres Toews et Kenney eux-mêmes.

Des défenseurs des droits de la personne soutiennent que le gouvernement canadien abdique ses responsabilités en expulsant les suspects plutôt qu'en décidant de les poursuivre ici.

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