Ressources humaines - Ottawa coupe en catimini

Le ministère de Diane Finley n'avait pas répondu à notre requête au moment de mettre sous presse. On ignore la valeur totale des coupes, mais, à lui seul, le financement de base des 35 groupes totalise un peu plus de 17 millions de dollars.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le ministère de Diane Finley n'avait pas répondu à notre requête au moment de mettre sous presse. On ignore la valeur totale des coupes, mais, à lui seul, le financement de base des 35 groupes totalise un peu plus de 17 millions de dollars.

Ottawa — Les coupes budgétaires se poursuivent au ministère des Ressources humaines à Ottawa. Le gouvernement conservateur a retranché en catimini au moins 17 millions de dollars d'un programme destiné à former de la main-d'œuvre qualifiée dans des secteurs d'activité ciblés. Le milieu artistique, les services de garde, les groupes autochtones et les organismes communautaires sont notamment touchés. Plusieurs sont encore sous «le choc» et attendent des explications cette semaine.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, Ottawa a décidé de revoir en profondeur son Programme des conseils sectoriels. Les conseils sectoriels regroupent les employeurs et syndicats d'une industrie donnée ainsi que le milieu de l'éducation, dans le but d'offrir des outils de formation taillés sur mesure pour ce secteur. Le gouvernement fédéral finance 35 de ces conseils à raison d'un demi-million de dollars chacun en financement de base, en plus du financement par projet. Ottawa a annoncé il y a deux semaines que ce financement de base prendrait fin en mars 2013. Pour les plus petits groupes, cela entraînera leur fermeture. C'est le cas du Conseil des ressources humaines du secteur culturel, qui pense déjà à son «héritage». Ce groupe de sept employés apprend aux artistes, souvent des travailleurs autonomes, à développer des talents de gestionnaire. «Nous avons par exemple lancé le document L'art de gérer sa carrière pour aider les artistes de toutes les disciplines à développer leur côté entreprise», explique la directrice générale, Susan Annis. «C'est lorsqu'ils veulent lancer leur propre entreprise que les artistes ont besoin d'une formation.»

Au total, le groupe perdra deux millions de dollars, soit la quasi-totalité de son budget. «Dans certains secteurs de plus grandes industries comme les voitures, ils ont des gros joueurs qui seront peut-être capables de continuer à subventionner ces activités, mais nous, ce n'est pas le cas.» Outre les conseils sectoriels plus «sociaux» en arts ou en services de garde, il y a aussi ceux des secteurs de l'alimentation, du camionnage, du tourisme, du plastique, de l'automobile ou encore du pétrole.

«Nouvelle approche»


Publiquement, l'annonce a été enrobée dans un langage mielleux. Dans le communiqué annonçant «l'adoption d'une nouvelle approche pour pallier les pénuries de main-d'oeuvre qualifiée», nulle part est-il écrit que le programme est aboli. «Une meilleure concordance entre les compétences et les besoins du marché assurera la prospérité future du Canada», est-il plutôt écrit. La «nouvelle approche» n'est pas explicitée.

Les groupes ont compris ce que ce communiqué signifiait parce qu'il était, pour eux, accompagné d'une lettre leur annonçant la fin de leur financement. Le Devoir a communiqué avec six de ces groupes. Tous étaient réticents à commenter la décision, puisqu'ils doivent rencontrer cette semaine des représentants du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences. Jean Rivard, du Conseil des ressources humaines de l'industrie du vêtement, basé à Montréal, se dit en «total état de choc», mais il attend sa rencontre de demain pour en dire davantage.

Le ministère des Ressources humaines n'avait pas répondu à notre requête au moment de mettre sous presse. On ignore la valeur totale des coupes, mais, à lui seul, le financement de base des 35 groupes totalise un peu plus de 17 millions de dollars. Le ministère a été soumis à l'examen stratégique de 2010. Il doit trouver 81 millions de dollars à retrancher de ses dépenses dès cette année, 141 millions l'année prochaine et 274 l'année suivante, ce qui en fait le ministère le plus durement touché en 2010.
43 commentaires
  • camelot - Inscrit 19 juillet 2011 00 h 22

    Mauvais Karma

    Quoi attendre d'autre de ce gouvernement.

    Le Québec est prisonnier du carcan canadien.

    Seule la souveraineté peut afffernir nos droits.

    Vive le Québec libre.

  • yannick.legault@sympatico.ca - Abonné 19 juillet 2011 01 h 18

    Le chant de l'alouette

    Allez, déplumez-nous jusqu'à l'os, on ne fera rien...

  • hugues2 - Inscrit 19 juillet 2011 03 h 44

    Coupe idéologique

    Quand un gouvernement coupe ici 17 millions alors que ça rapporte beaucoup plus que les sommes investies, on est en droit de se demander si ce n'est pas une question plus idéologique que financière? 17 millions c'est des peanuts comparé aux 30 milliards pour l'achat d'avions furtifs inutiles ici au Canada.

    Voilà une autre preuve de la dérive dangeureuse d'un gouvernement idėologue et majoritaire, qui peut, avec à peine 35% des suffrages exprimés lors de la dernière élection, faire comme il l'entend, le Monarque Harper est heureux.

  • Vive le Québec libre - Inscrit 19 juillet 2011 05 h 13

    Dommage que nous soyons un Peuple de ''Pissou''

    Tout à fait d'accord avec camelot, mais une fois encore les Québécois n'ont pas fait preuve d'imagination en votant massivement pour le NPD ils ont automatiquement donné le pouvoir au fils spirituel de W.Bush. Regardez ce qu'il se passe actuellement aux E.U. et vous aurez bientôt la copie conforme au Canada.
    Dommage que nous soyons un Peuple de ''Pissou'' pour ne pas voir cette belle opportunité d'être un Peuple Libre.

    Bertrand Lefebvre

  • Augustine34 - Inscrit 19 juillet 2011 05 h 23

    Coupures nécessaires

    J'applaudis le courage et la démonstration du gouvernement conservateur de faire les coupures nécessaires dans la fonction publique qui est de 285,000 employés. Comme ancienne employée fédérale, je peux vous affirmer que beaucoup trop d'employés sont employés à rien faire, et la plupart des programmes sont inefficaces, et cela depuis très longtemps. Il est plus facile et politiquement payant d'ajouter des programmes inutiles que de les couper. Cela pourrait résulter dans l'attrition de 40,000 emplois fédéraux dans un proche avenir à cause des retraites.