EACL: SNC-Lavalin offre peu de réponses aux employés

Ottawa — Les employés d'Énergie atomique du Canada (EACL) sont repartis insatisfaits d'une rencontre de trois heures avec leur nouvel acquéreur, SNC-Lavalin. Le groupe québécois a tout au plus confirmé l'abolition de près de 900 emplois, dont 450 de scientifiques de haut niveau, sans expliquer comment il s'acquittera de ses obligations commerciales avec moitié moins d'employés.

«Nous n'avons pas appris grand-chose que nous ne savions déjà», a indiqué hier Michael Ivanco, le vice-président de la Société des ingénieurs professionnels et associés, le syndicat représentant les quelque 1200 scientifiques chez EACL. «Tout au plus ont-ils confirmé que les pertes d'emploi seront d'environ 900, dont 450 ingénieurs et techniciens. Nous sommes encore sceptiques sur la question de savoir si nous pourrons honorer nos contrats.»

Selon M. Ivanco, EACL paye déjà des heures supplémentaires aux ingénieurs et en embauche d'autres à forfaits pour terminer certains projets industriels. Il ne voit pas comment SNC-Lavalin pourra maintenir les activités au même niveau en ramenant la main-d'oeuvre, de 2000-2100 employés aujourd'hui, à 1200. «Cette question a été soulevée et ils nous ont répondu qu'il n'y avait pas assez de travail pour tous ces gens», indique M. Ivanco.

CANDU Energy inc.

Le départ de 450 ingénieurs et scientifiques représente une diminution de 38 % de cette catégorie de travailleurs. Les gestionnaires et le personnel de soutien sont encore plus touchés, avec près de 60 % de postes abolis. Les départs surviendront le 1er octobre prochain, quand la société de la Couronne deviendra officiellement CANDU Energy inc.

M. Ivanco insiste: il est heureux que SNC-Lavalin ait décidé d'investir dans l'aventure nucléaire (un montant pouvant atteindre 15 millions de dollars ainsi qu'une trentaine de millions pour compléter le développement d'une nouvelle génération de réacteurs). «Mais si leur objectif est, comme ils le disent, d'augmenter le chiffre d'affaires, nous avons de la difficulté à concevoir comment ils le feront avec moitié moins d'employés scientifiques et sans l'aide du gouvernement fédéral pour vendre de nouveaux réacteurs.»

L'Ontario désire acquérir de nouveaux réacteurs et a arrêté son choix sur la technologie canadienne CANDU, mais il a mis l'achat entre parenthèses pour un certain temps. La province demande à Ottawa d'accorder des garanties de prêts, un peu comme il l'a fait pour Terre-Neuve pour la construction d'une ligne de transport électrique, afin d'atténuer l'impact d'un possible dépassement de coûts. Ottawa n'a pas répondu à cette requête jusqu'à présent, ce qui rend incertain ce lucratif contrat.

M. Ivanco estime que de 1000 à 1500 employés se sont rendus à la rencontre d'information. Une quinzaine de gestionnaires de SNC-Lavalin étaient présents. C'est Patrick Lamarre qui a fait la présentation. Aucun représentant de SNC-Lavalin n'était disponible hier pour discuter de la rencontre.