Pas de bains de foule pour William et Kate à Montréal

Après avoir participé à deux événements en vase clos dans la métropole, William et Kate ont pris en soirée la direction de Québec en bateau. Ils passeront la nuitée sur le Saint-Laurent à bord du HMCS Montréal.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Après avoir participé à deux événements en vase clos dans la métropole, William et Kate ont pris en soirée la direction de Québec en bateau. Ils passeront la nuitée sur le Saint-Laurent à bord du HMCS Montréal.

Montréal - Ils ont été acclamés à chacune de leurs sorties à Ottawa. Mais aujourd’hui, le prince William et son épouse Kate ont été à même de constater que la monarchie britannique continuait de semer une certaine discorde au Québec, à tout le moins à Montréal, deuxième étape de leur première tournée officielle au Canada.

Après avoir multiplié les bains de foule dans la capitale fédérale, le couple princier a participé à deux événements en vase clos dans la métropole. Et dans un cas comme dans l'autre, les manifestants n'étaient pas bien loin.

D'abord, au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le duc et la duchesse de Cambridge ont été accueillis par les chahuts de plusieurs manifestants indépendantistes. «Nous leur disons qu'ils ne sont pas les bienvenus, parce qu'il ont initié une entreprise d'épuration linguistique dans tout le Canada», a tonné le coordonnateur du réseau Cap sur l'indépendance, Gilbert Paquette. «William et Kate, vous n'êtes pas les bienvenus, la couronne britannique n'est pas la bienvenue au Québec», a-t-il poursuivi.

Les manifestants menaient le bal jusqu'à ce que les responsables de la visite n'encouragent les admirateurs du couple princier à se manifester eux aussi. Pendant plusieurs minutes, les deux parties ont donc tenté de s'enterrer mutuellement, les uns chantant «Will and Kate!» alors que les autres scandaient des slogans anti-monarchistes comme «On veut un pays, à bas la monarchie» et «Parasites».

Le couple princier est sorti de sa limousine, sans le moindre incident, et est rapidement entré dans l'établissement. Comme d'habitude, la duchesse de Cambridge a fait tourner bien des têtes. Elle était vêtue d'une robe grise signée Catherine Walker sur laquelle tombaient ses longs cheveux bruns ondulants. Quant à William, il était vêtu d'un costume bleu marine.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, son épouse Michèle, et le ministre de la Santé, Yves Bolduc, les attendaient à l'entrée principale.

Une fois à l'intérieur du centre hospitalier, l'opération charme s'est mise en branle. Tout sourire, William et Kate se sont d'abord entretenus avec un jeune garçon âgé de dix ans, Vincent Grenier, qui était attablé dans le lobby de l'hôpital.

«William m'a dit que j'étais fort. Il l'a dit en français», a lancé Vincent à l'issue de cette brève conversation. Quant à Kate, elle a lancé «C'est super!» dans la langue de Molière elle aussi lorsqu'elle a aperçu le bricolage en pâte à modeler du jeune garçon, toujours selon ce dernier.

Le couple princier a ensuite effectué une visite des départements de néonatalité, d'oncologie et de grossesse à risque élevé afin de rencontrer de jeunes patients et leurs familles. Cette visite se déroulait en l'absence des représentants des médias.

À l'issue de cette tournée, William et Kate ont rencontré quatre jeunes patients dans la salle du centre de cancérologie Charles-Bruneau. Avant l'arrivée des «nouveaux mariés les plus populaires au monde», les enfants travaillaient paisiblement à peaufiner les oeuvres d'art qu'ils montreraient ensuite au duc et à la duchesse. Les membres de leur famille, pour leur part, semblaient beaucoup plus nerveux, faisant les cent pas dans la pièce et sursautant à chaque fois que l'on annonçait, à tort, l'arrivée imminente du couple. «Ça fait au moins cinq fois que vous dites qu'ils sont au bout du couloir», s'est d'ailleurs moquée une des jeunes patientes lorsqu'on lui a conseillé de se préparer.

Puis, enfin, avec une vingtaine de minutes de retard, William et Kate ont fait leur entrée dans la salle. Tour à tour, ils ont discuté avec les enfants. L'un d'entre eux, Jack, a dit au prince William que son instrument favori était la cornemuse.

Pressés par le temps, les célèbres visiteurs ont quitté l'hôpital Sainte-Justine vers 18h15. Une quinzaine de minutes plus tard, ils sont arrivés à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), pour prendre part à un atelier culinaire.

Encore là, les protestataires attendaient le couple dès 18h00, environ 300 à 400 personnes faisaient le pied de grue. Certains d'entre eux étaient déguisés en paysans et en chevaliers afin de dénoncer ce qu'ils appellent le «caractère médiéval» de la monarchie britannique. «Je voulais signifier la non-importance de la monarchie dans notre société, a lancé une adolescente rencontrée sur place. On n'est plus au Moyen-Âge.»

Helen Ricci s'était déplacée, afin de saluer William et Kate, comme elle aurait aimé que l'ensemble des Québécois le fasse. «J'aimerais mieux qu'ils (les manifestants) ne soient pas ici, mais on ne peut pas tous avoir les mêmes convictions», s'est-elle désolée.

À l'intérieur de l'ITHQ, l'atmosphère était très détendue. Comme il l'avait fait à l'hôpital, le prince William a salué ses hôtes en français. «Bonjour, bonjour, ça va bien?», a-t-il lancé à l'intention des chefs.

D'entrée de jeu, la directrice de l'école, Lucille Daoust, y est allée d'un simple conseil: «Ayez du plaisir, c'est le plus important». C'est exactement ce que le couple royal a semblé faire, mettant de côté le protocole.

Avant de s'exécuter, le prince a demandé, l'air rieur, s'il était possible de grignoter au fur et à mesure. «J'ai faim», a-t-il blagué.

William et Kate, qui étaient toujours accompagnés de Jean Charest et de son épouse, ont participé à l'élaboration d'un repas trois services. Le duc de Cambridge s'est même permis de narguer gentiment le premier ministre Jean Charest, dont le soufflé au homard a plus ou moins levé. «Si vous pouviez vous montrer à la hauteur, ce serait génial», a-t-il lancé au premier ministre, qui lui a répondu qu'il devrait peut-être emballer le sien et le prendre pour emporter.

Et un peu plus tard, lorsque la duchesse a présenté son assiette d'agneau - très réussie- , Jean Charest lui a affirmé, moqueur, qu'elle était «vantarde» («show off»).
Les deux couples se sont ensuite attablés au restaurant de l'ITHQ, avec vue sur le Carré Saint-Louis, pour déguster un repas ensemble.

À la fin de l'atelier culinaire, le chef Pasquale Vari s'est montré satisfait du déroulement des événements. «C'était vraiment bien. Ils se sont laissés aller et ils ont eu du plaisir, a-t-il affirmé. Le prince William est très habile, et il n'avait pas peur de se salir les mains.»

Et même di M. Vari avait déclaré, au départ, qu'il n'était pas forcément nerveux de recevoir ces deux invités de marque, lorsque la pression est tombée, il a lancé à ses collègues: «Maintenant, nous méritons bien un verre!»

William et Kate ont pris la direction de Québec en bateau après le repas. Ils passeront la nuitée sur le Saint-Laurent à bord du HMCS Montréal.


30 commentaires
  • Geoffroi - Inscrit 2 juillet 2011 18 h 59

    Le caméléon provincial

    Après s'être déguisé en travailleur de la construction grosses lunettes et en secouriste provincial, voici maintenant le chef cuisinier super blanc propre.

    Sa garde-robe semble bien pourvue. Quel sera le prochain accoutrement de circonstance ? Qui sait ce qu'il nous prépare comme désagréable surprise.

  • Daniel Pontbriand - Inscrit 2 juillet 2011 21 h 47

    Le cirque

    Il faut quand même avoir du front tout le tour de la tête. Des parasites de luxe qui nous coûtent un bras vont se faire voir dans un hôpital pour enfant alors que le système de santé souffre de sous-financement chronique. Pourquoi ne sont-ils pas allés dans un clinique privée où sont les amis de John Charest.

  • Yves Côté - Abonné 2 juillet 2011 23 h 41

    Insignifiances...

    Lorsque l'habile profiteur veut dérouter encore un peu plus sa proie et s'amuser d'elle, il lui fait béatement croire que ce n'est pas la lune qu'il gagne à regarder, mais bien le doigt qui parfois la pointe...
    Si nos futurs monarques sont touchés par le sort des enfants malades et des soins qu'ils leur faut pour guérir, il vaudrait mieux qu'ils encouragent le gérant de leur province française à moins favoriser le domaine médical privé qui gave des financiers de toutes sortes en bénéfices alors que ces sommes devraient plutôt servir à soigner de plus nombreux et encore mieux.
    Qu'ils lui demandent surtout devant journalistes et caméras, combien y a-t-il de familles au Québec qui n'arrivent pas à se trouver un médecin généraliste ?
    Quant à moi, cela vaudrait bien mieux que ce qu'ils nous servent comme insignifiances en "communication".
    Et ensuite pourrais-je peut-être, peut-être, m'émouvoir de la crinière de l'une et du français de l'autre, tout en me félicitant du travail des faiseux d'images d'Épinal qui encouragent les touristes à venir nous rencontrer dans notre Québec toujours bel et bien français ?...
    A bon entendeur salut !

  • Jean-Michel Picard - Inscrit 2 juillet 2011 23 h 53

    Je ne peux pas travailler, car j'ai du sang royal

    D'abord, vos commentaires sont bien ceux de pauvres paysans sans culture que Durham a décrit il a 200 ans. Mais obéissez à cet ordre :

    Je vous ordonne de me verser une subvention de plusieurs millions de dollars par année car je ne peux pas travailler et surtout parce que je veux voyager sur votre bras. Sinon, et bien vous serez accusés de «lèse majesté».

    voici mon numéro de compte pour le dépôt : 666 999

  • Roland Berger - Inscrit 3 juillet 2011 00 h 07

    Tout est là.

    « “William m'a dit que j'étais fort. Il l'a dit en français ”, a lancé Vincent à l'issue de cette brève conversation. » Tout est là. Qui voudrait d'un Québec français souverain quand un prince de la monarchie britannique parle français ? Vive le Québec dépendant ! Vive le Canada dépendant !
    Roland Berger