Visite royale - Le Canada fête Kate et William

Pour l’occasion, la duchesse de Cambridge portait un chapeau rouge décoré de feuilles d’érable.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Pour l’occasion, la duchesse de Cambridge portait un chapeau rouge décoré de feuilles d’érable.

Ottawa — C'est en voie de devenir une habitude. Après la reine l'an dernier, c'était au tour du couple royal formé du petit-fils et de sa duchesse de Cambridge de poser le pied dans la capitale hier pour célébrer la fête du Canada. La foule compacte, toute de rouge parée, avait apporté fleurs et banderoles pour accueillir les nouveaux mariés effectuant leur voyage de noces aux frais des sujets canadiens.

On aurait dit que le Tout-Ottawa s'était donné rendez-vous sur le parterre parlementaire pour accueillir triomphalement le prince William et son épouse Kate Middleton. La police estime que 300 000 personnes étaient présentes, contre 100 000 pour la reine en 2010. Pour l'occasion, la duchesse portait une très simple robe ivoire et un chapeau rouge décoré de feuilles d'érable perché sur son front. Elle et son mari étaient impeccables et ont bien sûr ravi la vedette.

Non pas que l'épouse du premier ministre était en reste. Pour l'occasion, Laureen Harper avait fait le choix de l'élégance monochrome: elle portait un magnifique tailleur gris perle lustré, une jupe de dentelle et un ravissant chapeau à rebord plié. L'épouse du gouverneur général, Sharon Johnston, tranchait avec son veston d'un blanc aveuglant porté sur une robe écrue dissonante et son chapeau de facture cowboy piqué de brins en volutes blanc et rouge.

21 coups de canon

Son Excellence le gouverneur général a inspecté la garde sous les 21 coups de canon ayant tôt fait d'enfumer l'esplanade parlementaire, après quoi le couple royal, les Harper, les Johnston et le ministre du Patrimoine, James Moore, ont pris place dans la loge d'honneur sur scène. Stephen Harper a prononcé un court laïus au cours duquel il a souhaité «bon voyage» au duc et à la duchesse.

À son tour, le prince William a pris la parole. «Je suis tellement heureux d'être de retour au Canada, ce pays magnifique, et d'avoir la chance d'apprendre à mieux vous connaître», a-t-il dit en français. «Ma grand-mère, la reine du Canada, m'a demandé de transmettre ses voeux les plus chaleureux au peuple du Canada», a-t-il dit. Sa phrase a été interrompue, la foule ayant explosé dès qu'il a prononcé «reine du Canada». Pour bien souligner que le Canada ne remettait pas en question ce lien monarchique, le gouverneur général y est allé de son propre message. «Je suis impressionné [...] par votre dévouement à maintenir les solides liens que le Canada a avec la Couronne. [...] Vous êtes la connexion future de notre monarchie constitutionnelle en évolution, qui fait partie de notre identité canadienne.»

Ne faisant pas défaut à la tradition qu'instaurent peu à peu les conservateurs à Ottawa, une place importante a été faite à la chose militaire dans ce spectacle du 1er juillet. La fin de la mission de combat canadienne à Kandahar a été soulignée par une vidéo sur l'Afghanistan ainsi qu'un message du chef d'état-major des Forces canadiennes, Walter Natynczyk.

Grande était par ailleurs la participation québécoise à ce spectacle animé par les deux médaillés olympiques Alexandre Despatie et Jennifer Heil: le groupe de danse percussive folklorique [Zøgma], la troupe Les 7 doigts de la main, le quatuor à cordes Orphée, Florence K., Pierre Lapointe étaient tous présents.

Un autre arrêt à Ottawa est prévu ce matin après quoi le couple se rendra à Montréal, où il visitera l'hôpital Sainte-Justine, puis l'Institut de tourisme et d'hôtellerie, où l'attend un comité d'accueil antimonarchie. Il se rendra ensuite à Québec à bord du navire NCSM Montréal pour visiter la Maison Dauphine et l'hôtel de ville.

Invité à préciser le coût de cette visite, le ministère du Patrimoine a soutenu qu'il faudra attendre la fin du voyage de neuf jours pour le savoir. Le ministre Moore a avancé le chiffre de 1,5 million de dollars, soutenant qu'il serait puisé à même son budget d'accueil de la visite étrangère. La visite royale de 2010 avait coûté 2,79 millions. Ces sommes n'incluent pas les frais de déplacement d'une foule d'employés envoyés en éclaireurs à travers le pays.

Ne voulant rien manquer du premier voyage à l'étranger du couple nouvellement marié, la presse britannique était présente en force: 97 journalistes étaient du voyage, contre 16 l'an dernier. Au total, on attend 1396 journalistes, contre 848 l'an dernier, dont 1122 sont Canadiens. Le prince William est déjà venu au Canada à deux reprises, une fois à l'âge de neuf ans et une autre en 1998 lors d'un voyage de ski avec son père à Whistler.

Selon un sondage Angus Reid effectué pour le compte du Toronto Star cette semaine, 64 % des francophones voudraient purger le Canada de la monarchie et 74 % voudraient se débarrasser du gouverneur général et des lieutenants-gouverneurs provinciaux. Ces taux sont respectivement de 25 % et 31 % chez les anglophones.
24 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 2 juillet 2011 02 h 22

    Katy et Billy...

    Katy et Billy sont si choux tous les deux...
    ...si choux qu'ils pourraient faire gober n'importe quoi aux foules ignorantes.
    La monarchie est le signe le plus évident de l'inégalité factuelle en droits des femmes et des hommes d'un même pays. Ou d'un même dominion.
    Bannir la monarchie exige constitutionnellement la stricte égalité de tous. De tous, sans l'exception de quelqu'un qui, de droit divin héréditaire, se trouve bien au-dessus de tout cela.
    Dire non à la monarchie c'est dire non à toute possibilité de nier les droits des uns ou des autres qui pourraient se trouver en minorité dans un pays. Chose impensable pour des loyalistes hier, chose impensable pour des loyalistes aujourd'hui comme demain.
    La fissure naturelle qui sépare le continent philosophique québécois du continent philosophique canadien, c'est bien là qu'elle se trouve selon moi. Et là aussi que, pour les anglophones, se trouve l'idée même que la langue anglaise est la seule qui puisse représenter la culture canadienne.
    Pas besoin de tirer des roches au passage de ces deux jeunes gens de l'aristocratie britannique pour manifester notre différence et se faire voir à travers le monde. Il suffira de massivement tourner le dos silencieusement à leur passage pour que tous les média du monde parle des Québécois républicains sans pouvoir les présenter comme de violents abrutis.
    Et au plus tôt, la très bienvenue république libre et intelligente du Québec !

  • pascale bourguignon - Inscrite 2 juillet 2011 06 h 39

    Une bonne couche de gelée royale

    Ne trouvez-vous pas cela aberrant cette couverture médiatique obscène et déplacée sur la royauté, cette admiration béate populaire soutenue activement par une presse qui nous tartine épais une bonne couche de gelée royale aux vertus analgésiques alors même que la moitié de la planète souffre de malnutrition et vit dans la misère ?

  • ysengrimus - Inscrit 2 juillet 2011 07 h 44

    Ce charmeur et cette charmeuse ne changent pas mes convictions

    Moi, je ne suis ni fédéraliste, ni nationaliste

    http://ysengrimus.wordpress.com/2011/06/24/une-foi

    Je suis internationaliste.
    Paul Laurendeau

  • jean brunet - Inscrit 2 juillet 2011 08 h 51

    Avis

    J'espère que l'on sera vivre et ne pas mélanger visite et opinions.

  • Maryam - Inscrit 2 juillet 2011 09 h 07

    Visite royale

    Hélène Buzzetti Vous dites: les nouveaux mariés effectuant leur voyage de noces aux frais des sujets canadiens. Je vous ferais
    remarquée qu'ils ont été invités, ils ne se sont pas imposés.