Prolongation de la mission du Canada en Afghanistan - L'opposition se dit choquée

Des soldats canadiens patrouillent dans le village de Salavat, en Afghanistan. Dès mars 2009, le gouvernement Harper avait considéré la possibilité de poursuivre la mission en Afghanistan au-delà de 2011.
Photo: Agence Reuters Bob Strong Des soldats canadiens patrouillent dans le village de Salavat, en Afghanistan. Dès mars 2009, le gouvernement Harper avait considéré la possibilité de poursuivre la mission en Afghanistan au-delà de 2011.
Un «double discours inacceptable», selon Jack Harris, porte-parole du NPD en matière de défense. «Le gouvernement Harper disait une chose en public et une autre chose en privé aux Américains. Avec de tels agissements, les Canadiens perdent confiance en leurs institutions démocratiques.» Selon lui, Ottawa a «lui-même ouvert la porte aux pressions américaines» qui ont suivi pour maintenir les troupes canadiennes en Afghanistan.

Son de cloche similaire au Bloc québécois. «C'est un manque de transparence flagrant. C'est hypocrite d'avoir fait en cachette le contraire de ce qu'ils disaient aux Canadiens», affirme Jean-François Fortin, porte-parole de son parti en matière de défense et d'affaires étrangères. Une telle attitude «alimente le cynisme des citoyens» envers les politiciens, déplore-t-il.

Interrogé aux Communes par le NPD, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a simplement affirmé que «le premier ministre a toujours dit la vérité» et que le gouvernement «ne commente pas» les notes diplomatiques rendues publiques par WikiLeaks. Son collègue à la Défense, Peter MacKay, a ajouté que le gouvernement «a toujours été transparent avec les Canadiens» sur cet enjeu. Fin des explications.

Or, ce n'est pas ce que les notes diplomatiques de l'ambassade américaine à Ottawa révèlent. On y apprend que, dès mars 2009, le cabinet Harper s'était entendu sur le fait que «toutes les options» étaient «de nouveau sur la table» en ce qui a trait au rôle du Canada dans ce pays en guerre après juillet 2011. Cette ouverture à réévaluer la mission afghane avait été communiquée à l'ambassade américaine à Ottawa, ce qui avait directement mené à la demande officielle de Washington, formulée le 2 avril 2009, de maintenir la présence canadienne dans ce pays en guerre après 2011.

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