La modification du système de vote sera débattue

Un militant conservateur peut s'assurer que le parti discutera de sa résolution en priorité lors d'un congrès s'il recueille au moins 100 signatures de délégués provenant d'autant de circonscriptions différentes. Comme les députés sont délégués d'office, M. Reid a sollicité ses collègues jeudi afin de leur demander de signer une telle requête.

Cette lettre, dont Le Devoir a obtenu copie, est imprimée sur du papier à en-tête de député, preuve que le député utilise les ressources parlementaires pour mener des activités partisanes.

Dans cette lettre, Scott Reid invite les députés à appuyer sa résolution, qu'il présente comme un «compromis» entre deux factions extrêmes. Elle rejette le statu quo actuel, conférant à chaque circonscription un poids égal lorsque vient le temps d'élire un nouveau chef, qu'elle compte 22 ou 10 000 membres, mais rejette aussi la proposition avancée par d'autres d'instaurer la formule d'un membre un vote. M. Reid propose un système de pointage pondéré: les circonscriptions comptant très peu de membres vaudraient 100 points chacune tandis que celles en comptant beaucoup vaudraient jusqu'à un maximum de 400 points.

«La formule conservatrice d'élection d'un chef [statu quo] et la formule allianciste [un membre un vote] étaient, comme vous le savez, diamétralement opposées et les deux posaient un problème, écrit M. Reid. La première instaure l'égalité régionale, mais en privant un très grand nombre de militants de leur droit de représentation s'ils habitent dans des circonscriptions comptant beaucoup de membres. Le second système accorde un poids égal à chaque membre, mais prive de leur droit de représentation les circonscriptions comptant peu de membres.»

Selon M. Reid, «la confrontation entre ces deux positions diamétralement opposées sur le parquet du congrès serait malheureuse et pourrait être présentée par les médias comme la confrontation entre deux cultures politiques irréconciliables ou entre les régions du pays».

Québec et Atlantique

En effet, c'est déjà ce qui est en voie de se produire. Les militants québécois, mais aussi de la région atlantique sous le leadership du ministre Peter MacKay, tentent de bloquer ces résolutions. Ils craignent que leur voix ne soit noyée dans l'océan de militants de l'Ouest lorsque vient le temps de décider des orientations du parti ou de choisir un chef. Ce principe d'égalité avait été imposé par M. Mackay comme condition sine qua non à la fusion de 2003.

Les militants québécois ont donné le mot d'ordre de ne pas privilégier les résolutions litigieuses, dans l'espoir que le manque de temps ne permette pas la tenue du débat. L'initiative de M. Reid contrecarre ce plan. Selon un adjoint de M. Reid, les signatures rentrent en nombre suffisant pour «garantir» la tenue du débat.

Le système actuel accorde 100 points à chaque circonscription. Lors d'une course au leadership, la proportion d'appuis obtenus par les candidats dans chaque circonscription est reportée sur un total de 100 points. Ces points sont additionnés à l'échelle nationale pour déterminer le vainqueur. Dans ses communications avec les militants, M. Reid s'est plaint du fait que ce système a accordé trop de poids à une poignée de militants d'Hochelaga ou de Montebello lors de la course au leadership de 2004. Le congrès du Parti conservateur s'ouvre jeudi à Ottawa.
1 commentaire
  • Vincent H. Turgeon - Inscrit 4 juin 2011 19 h 33

    Le Slogan

    Le Slogan du PCC n'était pas "Notre Région Au Pouvoir"?