Les enfants d'Abdelrazik sont aussi touchés par l'étiquette de terroriste

Abousfian Abdelrazik n’a jamais subi de procès pour terrorisme ou autre. Il vit librement à Montréal, mais son nom est toujours inscrit sur la liste 1267 de l’ONU.<br />
Photo: Agence Reuters Blair Gable Abousfian Abdelrazik n’a jamais subi de procès pour terrorisme ou autre. Il vit librement à Montréal, mais son nom est toujours inscrit sur la liste 1267 de l’ONU.

Ottawa — L'imbroglio diplomatique dans lequel patauge depuis maintenant huit ans le Montréalais Abousfian Abdelrazik aspire maintenant ses deux enfants. La Régie des rentes du Québec refuse de verser à leur père le soutien aux enfants auquel ils ont droit au motif que l'homme n'a pas réussi à faire retirer son nom de la liste terroriste de l'ONU.

Abousfian Abdelrazik a deux enfants âgés de 5 et 17 ans respectivement. En décembre et janvier derniers, il a déposé à la Régie des rentes du Québec (RRQ) une demande pour toucher le soutien aux enfants auquel il a droit en tant que parent. Il lui a été refusé. Non pas que les enfants ne se qualifient pas — M. Abdelrazik habite au Canada depuis 1989 et est citoyen canadien depuis 16 ans. C'est plutôt parce que la communauté internationale le soupçonne encore de terrorisme et interdit le versement de toute forme d'aide financière lui étant destinée.

«La Régie ne peut pas traiter votre demande parce que votre nom apparaît sur la liste consolidée établie et maintenue par le Comité du Conseil de sécurité créée par la résolution 1267 concernant al-Qaïda, Oussama ben Laden, les talibans et les personnes et entités qui leur sont associées», est-il écrit dans la réponse de la RRQ. La lettre ajoute toutefois que si M. Abdelrazik obtient du ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, un certificat l'autorisant à toucher les prestations, Québec procédera à l'analyse de sa demande. L'aide pourrait aller de 1190 $ à 3306 $ par année.

Les États-Unis ont inscrit en 2003 M. Abdelrazik sur la liste antiterroriste internationale alors qu'il visitait sa mère malade dans son Soudan natal. Il y est alors resté coincé six ans, dont une année à vivre dans les couloirs de l'ambassade canadienne à Khartoum, parce qu'Ottawa refusait de lui délivrer un passeport spécial. Ce sont les tribunaux qui ont forcé le Canada à rapatrier son citoyen.

M. Abdelrazik n'a jamais subi de procès pour terrorisme ou autre. Il vit librement à Montréal, mais son inscription sur la liste 1267 de l'ONU le condamne à la mendicité, car il n'a pas le droit de travailler et de toucher un salaire. Son compte bancaire chez Desjardins et les 10 000 $ qu'il contenait a aussi été gelé.

Paradoxalement, la Régie des rentes du Québec lui verse déjà une rente de survivant d'environ 500 $ par mois depuis le décès de son épouse. Ottawa avait accordé son autorisation. C'est son seul revenu officiel. La Régie exige toutefois une autre autorisation fédérale, car le soutien aux enfants, bien qu'administré par la RRQ, provient d'un autre ministère.

L'avocat de M. Abdelrazik, Khalid Elgazzar, indique qu'il n'est «pas certain» que le deuxième certificat sera délivré. «C'est un processus complètement discrétionnaire. On n'a pas de raison de croire que ce sera refusé, mais il n'y a pas de critères d'octroi non plus, dit-il. Il existe une exception de nécessité, mais on ne sait pas comment cela sera interprété par le ministre.» Au moment de mettre sous presse, le ministère des Affaires étrangères n'avait pas répondu à notre demande.

La Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité ont tous deux écrit au gouvernement pour dire qu'ils n'avaient rien contre M. Abdelrazik. L'homme poursuit le gouvernement canadien pour 27 millions de dollars.
1 commentaire
  • Malartic - Inscrit 3 juin 2011 02 h 39

    Un peu de prudence, peut-être?

    Six ans pour un passport? Sur la liste internationale des terroriste? Il semble que le monsieur a une problème à établir un bonne réputation. Je veux bien donner le bénéfice du doute à un pauvre diable mais de nos jours il est devenu évident que des gouvernements peu recommendable se serve de notre aide généreuse pour introduire leurs hommes de mains à l'intérieur de nos frontières. Quand il nous est impossible de faire la part des choses, à mon avis, nous devrions le tenir à l'écart, c.a.d. le retourner d'ou il vient. Désolé, mais notre sécurité, à nous, ça compte aussi.